ANALYSE: KRISTOF IMSCHOOT

Non. Le fait d'avoir tenu aussi longtemps malgré les problèmes financiers et les matches truqués est un petit miracle. Il ne reste que Stef Wils et moi de l'équipe de la saison précédente. Neuf joueurs et un entraîneur ont été limogés ou mis à l'écart au cours du second tour. Nous ne savions jamais sur qui nous pourrions compter le week-end suivant.
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Non. Le fait d'avoir tenu aussi longtemps malgré les problèmes financiers et les matches truqués est un petit miracle. Il ne reste que Stef Wils et moi de l'équipe de la saison précédente. Neuf joueurs et un entraîneur ont été limogés ou mis à l'écart au cours du second tour. Nous ne savions jamais sur qui nous pourrions compter le week-end suivant. Après une bonne préparation, tout le monde a commencé à râler. Quelle était la motivation de l'entraîneur à ce moment ? Très rapidement, nous avons constaté qu'il n'était pas sûr de lui, même quand les résultats étaient encore bons. Il a pris un point sur 18 au début mais il a hérité d'un groupe trop étoffé. Il n'a pas pu faire de choix immédiatement. Il l'a fait après le Nouvel An. Je ne sais pas ce qu'il réaliserait dans un club où tout fonctionne. Dans notre situation, c'était moins la tactique qui comptait que la création d'une bonne ambiance et il est très fort de ce point de vue. Je me sens floué. Ma première réaction a été de penser : quelle bande d'idiots. Mais bon, je ne sais pas exactement ce qui s'est passé. Si je pars, c'est aussi parce que je veux travailler dans un club tranquille. Il n'y a pas que l'affaire. Depuis deux ans et demi, nous attendons constamment notre salaire, nous ne sommes jamais sûrs qu'il sera versé. A la longue, ça pèse.Quelqu'un saurait-il où se trouve Tanghe, rapatrié d'un voyage scolaire en Italie pour défendre le but lierrois après le limogeage de Mardulier ? Ensuite, le titulaire, Van der Straeten, a été écarté et remplacé par Van der Jeugt. Dans l'axe, Nnaji et Dreesen, deux joueurs que Put ne souhaitait pas, sont des piliers. A gauche, il n'y avait pas d'alternative à Kacic, de l'autre côté, Andic s'est révélé être un bon joueur de D2. En ces temps de disette, le Lierse a découvert un jeune talent, De Corte. Wils et Imschoot sont les seuls rescapés de la saison passée. Snoeckx est arrivé à la fin, comme Vandenbrouck. Yakovenko (à gauche) et Mujanovic (à droite) ont remercié Trost de sa confiance mais ont encore une marge de progression. Le talon d'Achille. Cruz et Vairelles ont sombré. Trost a donc aligné le seul Mrdja en pointe, avec le mobile Nunes en soutien. Raeymaekers n'est pas parvenu à gagner ses galons de titulaire et le jeune Develer devra saisir sa chance l'année prochaine. Après une cinglante défaite 0-4 à domicile contre le Cercle, le Lierse est en position de relégable. PaulPut est remplacé par un inconnu, René Trost. 2-0 contre Beveren : le Lierse renoue avec la victoire. Il n'avait plus gagné depuis la deuxième journée. Le scandale des paris truqués éclate. Le Lierse s'impose à Charleroi (0-1) avec une équipe rafistolée. Le Lierse retombe à la 17e place suite à son revers à domicile contre le Germinal Beerschot. Après avoir limogé Paul Put, lors de la douzième journée, le Lierse a fait appel à un parfait inconnu, René Trost. Celui-ci a rapidement constaté l'état lamentable de l'équipe dont il avait hérité mais alors que tout le monde se flanquait la tête contre le mur, le Hollandais a gardé le sourire. Son énergie positive a rejailli sur son entourage. Il n'a donc jamais été remis en cause, même pas avant la trêve, alors qu'il n'avait pris qu'un point sur 18. Il a mis la pause hivernale à profit pour faire le ménage dans un noyau trop étoffé et pour adopter une nouvelle tactique, le 4-5-1. Il n'a pas pipé mot alors que son noyau se réduisait de semaine en semaine suite à l'affaire des paris. Il a fait confiance à des jeunes qui ont compensé leur inexpérience par l'enthousiasme. Avant l'entame de la saison, Paul Put avait demandé un défenseur central chevronné, estimant Dreesen insuffisant. Moins d'un an plus tard, celui-ci est une valeur sûre en D1. Il relance calmement, a une bonne vision du jeu, qu'il évolue au médian défensif ou dans la dernière ligne. Il est capitaine mais sportivement, il n'est pas à la hauteur. Comme d'autres joueurs du Lierse, il n'a pas rempli son rôle de modèle. Il a commis plusieurs bourdes et a entraîné son équipe vers le bas du classement. L'assistance est passée de 6.950 à 6.600 personnes en moyenne. Compte tenu des problèmes sportifs et extra sportifs, les supporters méritent un coup de chapeau. L'entraîneur limogé, l'adjoint inculpé, l'entraîneur des gardiens parti : seul Eric Van Meir est resté. René Trost est un renfort grâce à son enthousiasme. La direction a fondu aussi. Le président LeoTheyskens et le manager de crise DannyAras ont tenté de corriger leurs erreurs de débutants. Beaucoup de matches faussés, peu de spectacle, d'occasions et encore moins de buts. A souligner, les exploits d'une très jeune équipe à Charleroi et à Zulte Waregem. Le Lierse n'a pas bouclé son budget de six millions. En six mois, la masse salariale a été diminuée de moitié. Sept des douze nouveaux étaient partis avant que les supporters n'aient retenu leur nom. Les piliers, Cruz et Vairelles, ont échoué. Des six transferts de l'hiver, trois sont devenus titulaires. Les meilleurs transferts du Lierse sont ses jeunes. GEERT FOUTRÉ