La scène est récente et se passe à l'entraînement. Jérémy Perbet récupère après une série de sprints. Un coéquipier lui glisse gentiment : " Ça va Perbite ? " De Perbut à Perbite en quelques mois... Splendeur et déchéance. C'est comme se faire appeler Ronaldor un jour et Gronaldo le lendemain. La remarque du coéquipier en question n'a rien de blessant, ce n'est que de l'humour de footballeurs, il ne faut pas chercher plus loin. Mais elle pourrait résumer la situation du buteur français. Ou plutôt ex-buteur à ce moment-là. Une période difficile pour Perbet, qui sait que son avenir est toujours à Mons car le mercato a fermé ses portes, mais qui n'est toujours pas de retour dans l'équipe de base.
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La scène est récente et se passe à l'entraînement. Jérémy Perbet récupère après une série de sprints. Un coéquipier lui glisse gentiment : " Ça va Perbite ? " De Perbut à Perbite en quelques mois... Splendeur et déchéance. C'est comme se faire appeler Ronaldor un jour et Gronaldo le lendemain. La remarque du coéquipier en question n'a rien de blessant, ce n'est que de l'humour de footballeurs, il ne faut pas chercher plus loin. Mais elle pourrait résumer la situation du buteur français. Ou plutôt ex-buteur à ce moment-là. Une période difficile pour Perbet, qui sait que son avenir est toujours à Mons car le mercato a fermé ses portes, mais qui n'est toujours pas de retour dans l'équipe de base. La malédiction du meilleur buteur de D1 (voir encadré) a encore frappé. Mais aujourd'hui, Jérémy Perbet espère qu'elle est derrière lui. Première titularisation de la saison mercredi passé en Coupe contre Ciney : trois buts. Il n'avait plus scoré en match officiel depuis le 21 avril (à Lokeren en PO2). Deuxième match entamé samedi face au Beerschot : le goal de la victoire dans les arrêts de jeu. Perbet is back in town. Pourquoi ? Comment ? Grâce à qui ? Avec quel état d'esprit ? Analyse. Extraits de l'édito du président Domenico Leone dans le journal du club distribué avant le match contre le Beerschot : " Nous sommes retombés dans nos travers. " " Nous nous sommes fait royalement piéger par Charleroi. En quelques minutes, toute la préparation de la semaine s'est effondrée comme un château de cartes. " " Sans chercher à pointer qui que ce soit, c'est l'ensemble du groupe qui doit relever la tête. " Après avoir été ridicules contre Charleroi, les Montois avaient à nouveau bu la tasse à Malines. Du coup, le bon début de championnat n'était plus qu'un souvenir et l'équipe commençait à regarder derrière. Enzo Scifo devait prendre des mesures fortes. Exit les piliers Olivier Werner, Peter Franquart, Tom Van Imschoot et Matumona Zola. Scifo nous confie, le regard énigmatique : " La défaite contre Charleroi m'a fait très mal parce qu'il y a des choses que je n'ai toujours pas comprises. J'ai ressenti des trucs que je n'avais jamais ressentis depuis que je suis ici. Et après Malines, j'ai dû calmer tout le monde. Dans la tête, c'était comme si mes joueurs venaient de perdre dix matches d'affilée. " La redistribution des cartes a profité à Cédric Berthelin, Maël Lépicier, Flavien Le Postollec (tout juste qualifié) et Jérémy Perbet. Entendu samedi soir chez Berthelin : " Certains se sentaient peut-être un peu trop confortables dans l'équipe. " Scifo : " Le groupe renaît, l'équipe est à nouveau libérée, on prend un nouveau départ. " En juillet, Scifo nous accorde une interview le jour où Perbet, la queue entre les pattes, fait son retour après avoir brossé les deux premières semaines de préparation en exhibant un certificat médical pas convaincant. L'ex-Diable n'est pas habitué à pendre publiquement un joueur, mais là, il se lâche : Perbet peut se préparer à ramer, il va commencer par présenter ses excuses et il peut déjà se mettre en tête que les premiers matches de championnat se joueront sans lui. Finalement, pour deux semaines de travail ratées, il a payé pendant deux mois en devant se contenter de montées au jeu plus ou moins brèves. Pourquoi revient-il maintenant dans l'équipe ? Il n'y a pas que les suites de l'affront carolo. " Jusqu'à la fin août, je voyais qu'il avait encore la tête ailleurs ", dit Scifo. " Il gardait un petit espoir de partir, et au lieu de se rapprocher du niveau physique des autres joueurs, il continuait à accumuler du retard. Il était moins appliqué, moins impliqué, moins précis, moins buteur. Il ne travaille et vit que pour marquer des goals, mais là, il n'était pas bien dans sa tête, il avait perdu presque toutes ses sensations. J'en ai parlé régulièrement avec lui, je l'ai appelé quatre ou cinq fois dans mon bureau, il en était conscient. Puis j'ai vu un déclic spectaculaire il y a environ deux semaines. Tout le staff a été subitement scotché. On s'est dit : - Waouw, on a retrouvé le vrai Perbet. Je lui ai dit : - Si tu continues comme ça, tu vas vite t'imposer tout seul. Il a poursuivi, et donc c'était logique que je le relance. " Autre argument pro-Perbet : le coach voit que Mustapha Jarju et Aloys Nong, très bons lors de la première ligne droite, connaissent actuellement un petit coup de moins bien. Perbet et Nong répètent qu'ils sont capables de former ensemble l'attaque de Mons. " On y arrivera peut-être un jour ", dit Scifo. " Le 4-4-2, c'est ma philosophie du foot. Et il conviendrait mieux à ce groupe que notre 4-3-3 actuel. Parce qu'il faut de vrais ailiers pour pratiquer le 4-3-3, et je n'en ai pas. Zola n'en est pas un. Et Tim Matthys n'a pas tout à fait le profil non plus, il a plus tendance à repiquer vers l'axe. Pour moi, un ailier est un joueur qui déborde puis donne un bon centre. C'est rare chez nous. Je continue donc à plancher sur un passage au 4-4-2, avec Perbet et Nong devant, mais je suis dépendant de leur forme à eux et de celle des autres joueurs que j'ai en tête. " PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO : IMAGEGLOBE