A défaut d'un succès à l'occasion de son retour à la compétition à l'Antwerp, le RSCA aura quand même enregistré une bonne nouvelle: le retour à la compétition de Nenad Jestrovic.
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A défaut d'un succès à l'occasion de son retour à la compétition à l'Antwerp, le RSCA aura quand même enregistré une bonne nouvelle: le retour à la compétition de Nenad Jestrovic.Monté au jeu en deuxième mi-temps en lieu et place de Joris Van Hout, l'attaquant yougoslave apporta nettement plus de poids à une division offensive formée d'Ivica Mornar et Gilles De Bilde qui, jusqu'alors, s'était allégrement cassé les dents sur l'arrière-garde locale. Auteur d'une belle feinte sur le but égalisateur de Bertrand Crasson, l'ancien puncheur de l'Excelsior Mouscron profita par la suite d'un service en cuillère de Mark Hendrikx pour inscrire le deuxième goal des siens, son premier en championnat depuis son arrivée au Parc Astrid, l'été dernier. Un coup de patte qui aurait dû permettre en toute logique au Sporting de ramener la totalité de l'enjeu de son déplacement au Great Old. C'était toutefois compter sans le vétéran Patrick Goots qui, surgi comme un diable d'une boîte, profita d'un moment d'égarement de la défense des Mauves pour arracher in extremis un point précieux pour ses couleurs.Nenad Jestrovic: Ma joie aurait été complète si mon action décisive avait pu nous rapporter la victoire. Malgré ce nul, je ne vais pas bouder mon plaisir pour autant. C'est qu'il y a longtemps que j'attendais ce jour. Une mi-temps sur le terrain, comme ce fut le cas contre l'Antwerp, c'est un luxe que je n'avais encore jamais connu jusqu'ici avec l'équipe-fanion du Sporting. De surcroît, je me suis régalé avec cette réalisation. C'est ma première mais je me fais fort que d'autres suivront. Je me sens définitivement lancé à présent. Votre revalidation aura finalement été beaucoup plus longue que prévue...A priori, c'est vrai, j'avais espéré être opérationnel au tout début d'octobre 2001. Un mois plus tôt, le 3 septembre, j'étais autorisé à m'entraîner pour la première fois avec mes partenaires. Il y avait tout juste huit semaines, ce jour-là, que j'avais été opéré à la jambe et jusqu'alors, j'avais scrupuleusement respecté le planning établi. Au bout de quelques séances, il m'avait cependant fallu lever le pied en raison d'une excroissance osseuse au niveau de la calcification. Lors de certains mouvements, celle-ci engendrait des frottements sur les tissus et j'en ressentais une certaine gêne. En principe, la douleur aurait dû s'atténuer mais elle s'amplifiait. Avec l'accord de la direction, je me suis alors rendu durant deux semaines au Centre de Revalidation des Sportifs à Capbreton, sur la côte landaise. A mon retour, j'avais l'impression d'être libéré de tous mes tourments et j'ai réellement pu m'employer à fond. Dans la foulée, j'ai livré mes premières bribes de matches pour le Sporting: face au Lokomotiv Moscou et à l'AS Roma en Ligue des Champions et contre le Standard en championnat. Mais ces apparitions sont survenues trop tôt pour moi. Mine de rien, je n'avais plus joué depuis le 14 février 2001, date de ma blessure dans un duel avec Wilfried Delbrouck au Racing Genk. Huit mois s'étaient écoulés depuis et il était logique que je ne retrouve pas toutes mes sensations en un tournemain. A l'époque, j'en voulais à l'entraîneur car je méritais ma chance. Mais, en définitive, je lui sais gré de ne pas avoir brûlé les étapes avec moi.Manque de rythmeIl avait toujours dit qu'il comptait essentiellement sur vous au deuxième tour.En vérité, ce qui m'a cruellement manqué à l'occasion de ces quelques montées au jeu, c'est le rythme. Avant mon accident, je n'avais jamais été blessé. Pour moi, il était clair que je recouvrerais toutes mes facultés au moment d'être médicalement guéri. Mais je m'étais complètement blousé. En fait, je me suis posé pour la première fois des questions à ce sujet en voyant à l'oeuvre Gilles De Bilde. Je ne comprenais pas que ce garçon, qui avait tant envie de revenir à son meilleur niveau après une expérience malheureuse en Angleterre, ne parvienne pas à toucher au but lors de son retour au Parc Astrid, en dépit du fait qu'il avait quand même participé à la préparation. J'ai perçu combien un élément qui n'avait plus joué de façon régulière pendant une certaine période éprouvait des difficultés à revenir dans le parcours. D'autant que le cas posé par Gilles De Bilde était, au fond, le mien aussi. Et c'est la raison pour laquelle je veux m'en inspirer. A la fin du premier tour, ce joueur a en tout cas prouvé qu'il était dans le bon. Je croise les doigts pour suivre le même chemin que lui.A défaut de trouver la bonne cadence, Gilles De Bilde avait prouvé à diverses reprises, en Réserves, qu'il n'avait nullement perdu le sens du but. Ce constat est également valable pour vous, non?C'est exact. En l'espace de huit matches, j'ai quand même inscrit 13 buts pour le compte de cette équipe, même si quatre d'entre eux furent réalisés dans le cadre d'une seule partie, contre Beveren. C'était deux jours avant le choc contre Bruges, et j'espérais que cette performance ait un prolongement sur le terrain face au rival flandrien. Le coach m'avait d'ailleurs confié qu'il me lancerait dans la bataille au cas où la situation le demanderait. Mais contrairement à ce qui s'était passé lors de mes débuts au stade Constant Vanden Stock face au Lokomotiv Moscou, il ne fallait pas résorber un retard, cette fois, mais tenter vaille que vaille de préserver son avance, puisqu'Aruna Dindane avait fini par trouver l'ouverture en deuxième mi-temps. Dans ces circonstances, il est normal qu'Aimé Anthuenis ait songé à faire monter Junior au jeu plutôt que moi. Ce fut d'ailleurs un choix judicieux.Grâce à ce succès contre le Club, Anderlecht était revenu à deux points des Bleu et Noir après avoir compté à un moment donné onze unités de retard. Pensiez-vous que tout était alors fini?J'enrageais surtout, à ce moment-là, de n'être d'aucune utilité à l'équipe. Plus d'une fois, en ne voyant personne, dans les 16 mètres, à la réception d'un centre calibré d'Ivica Mornar ou d'Aruna Dindane, je pestais de ne pas me trouver à pied d'oeuvre. J'ose espérer que j'aurai l'occasion de me rattraper lors du deuxième tour. L'entraîneur a fait remarquer à l'une ou l'autre reprise que, par rapport à la concurrence, l'équipe anderlechtoise ne possédait pas de véritable buteur. A raison, sans doute, car les meilleurs artificiers du Sporting sont loin de Wesley Sonck. Si je ne suis plus freiné au cours des prochaines semaines et mois, j'escompte bien mettre le feu aux poudres et m'immiscer dans le classement des réalisateurs. Mais ce qui m'intéresse surtout, c'est de ne pas me retrouver les mains vides en mai prochain. Car s'il me plairait d'être décisif pour mes couleurs, à l'image de ce qu'a fait Dindane face au Club Brugeois, le plus important, c'est Anderlecht. Je serais réellement le plus heureux des joueurs si je pouvais contribuer à la conquête de l'un des sésames qui donnent accès à la Ligue des Champions.Pas de pressionBeaucoup voient toujours en vous le Messie du Sporting. Cette pression ne vous incommode-t-elle pas?Je ne la ressens nullement en tout cas. A aucun moment, la direction ou les entraîneurs n'ont voulu hâter les choses avec moi. La situation s'y serait pourtant prêtée à l'époque pas si lointaine où l'équipe concédait encore un retard très appréciable sur le Club Brugeois. Vu la remonte spectaculaire au classement, il n'y a pas lieu, une fois encore, de forcer les événements. Personnellement, je ne vois pas en moi le Messie, même si je suis d'avis que je peux apporter plus de réalisme en zone de vérité. Davantage qu'un homme providentiel, je veux être un super-joker pour le Sporting. Durant la trêve hivernale, bon nombre de clubs se sont assurés les services d'un goal-getter. C'est le cas du Standard, avec Jurgen Cavens, de Mouscron avec Mbo Mpenza ou encore de Westerlo avec Ode Thompson. Mon nom peut aisément être ajouté à cette liste, entendu que je n'ai pas eu l'occasion de démontrer quoi que ce soit au premier tour. Ce serait bien si je pouvais me profiler comme le meilleur de tous ces jokers. De la sorte, je me serais montré d'un concours précieux pour mon club. Et tel est bel et bien mon souhait.On vous sent confiant. Qu'est-ce qui motive cet état d'esprit?J'ai pu mesurer, à travers les matches de la Réserve, que je n'avais rien perdu de mes qualités de buteur. D'autre part, je me dis qu'en Première je serai sans doute mieux servi encore. Ce n'est pas faire fi des qualités de ceux qui évoluent chez les doublures, tant s'en faut. Un gars comme Yasin Karaca m'a servi quelques caviars. Mais, au plus haut niveau, on sent que certains ont envie de frapper un grand coup. Et je songe entre autres à ceux qui devraient être les deux principaux pourvoyeurs du Sporting au cours du deuxième tour: Walter Baseggio et Alin Stoica. Walt a mangé du lion à La Manga et est bien parti pour retrouver son meilleur niveau. Quant au Roumain, c'est sûr qu'il voudra se montrer sous son meilleur jour aussi, dans la mesure où son avenir est en jeu. Avec ces deux-là en soutien d'attaque, je pense que la division offensive éprouvera moins de difficultés à faire la différence. Avec un titre à la clé? C'est mon voeu le plus cher car jusqu'à présent, dans ma jeune carrière, je n'ai encore rien gagné. A près de 26 ans, il est temps de gommer cette lacune. Bruno Govers