Le championnat MLS a repris ses droits. Alors que tous les autres championnats nationaux entament la dernière ligne droite, les Américains, qui ne font jamais rien comme les autres, commencent à peine à s'ébrouer. Les douze équipes de la Major League Soccer ont repris le collier le 7 avril pour une compétition amputée de quelques matches (28 au lieu de 32) aux fins d'éliminer les rencontres de milieu de semaine qui n'attirent pas grand monde.
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Le championnat MLS a repris ses droits. Alors que tous les autres championnats nationaux entament la dernière ligne droite, les Américains, qui ne font jamais rien comme les autres, commencent à peine à s'ébrouer. Les douze équipes de la Major League Soccer ont repris le collier le 7 avril pour une compétition amputée de quelques matches (28 au lieu de 32) aux fins d'éliminer les rencontres de milieu de semaine qui n'attirent pas grand monde. Parlons-en de ce public, précisément. C'est de lui -qu'il soit assis sur les gradins ou vautré devant son téléviseur- que doit venir le salut. Après une fréquentation en déclin au cours des quatre dernières années, il est grand temps d'arrêter l'hémorragie. "Ce sera cette année où jamais", promet Don Garber, le commissaire de la Ligue. "Six années sans croissance, ça suffit. Nous devons grandir". Et vite, serait-on tenté d'ajouter car même aux States, paradis du capital à risque, le financement inconditionnel a des limites. Heureusement, les premiers signes sont encourageants puisque les ventes d'abonnements ont battu tous les records. Bénéfice direct d'un niveau de jeu qui s'améliore lentement mais sûrement grâce à une promiscuité idéale entre jeunes et moins jeunes. Du blé qui lève protégé des éléments par des plants mûrs. Cette saison encore, les jeunes pousses auront droit au soleil. On attend beaucoup de Landon Donovan, le jeune (19 ans) attaquant de l'équipe nationale revenu au bercail après deux années passées à attendre vainement sa chance au Bayer Leverkusen. Donovan aura à coeur de prouver son talent dans une équipe qui en a bien besoin. Les San José Earthquakes en effet n'ont gagné que 7 petits matches la saison dernière. Trois autres jeunes loups aux dents longues, Bobby Convey et Santiono Quaranta (D.C. United) ainsi que DaMarcus Beasley (Chicago Fire) égayeront le championnat. Ils auraient pu aller tenter leur chance en Europe mais ont sagement choisi de rester au pays. "Nous leur sommes reconnaissants de croire en notre championnat", avoue Garber. Nos jeunes ont besoin de modèles de leur trempe et de leur âge". Leurs parents, eux, ne seront pas oubliés non plus. Ils pourront laisser recours à leur nostalgie en admirant les beaux restes d'une constellation d'étoiles. On en pointera deux dans notre rapide balayage au télescope : Stoichkov et Lalas. Le Bulgare a rempilé pour deux ans à Chicago. "J'ai beaucoup aimé ma saison avec les Fire", explique-t-il. "Elle aurait été parfaite si on avait gagné le championnat mais je pense que nous y arriverons cette année. C'est dans ce but que j'ai décidé de rester un peu plus longtemps". L'irascible Hristo n'est peut-être pas loin de la tasse de thé. Après avoir dû baisser pavillon devant Kansas City en septembre dernier, Chicago est de fait le grand favori de la compétition. Après une année sabbatique à gratter sa guitare, à commenter les prouesses de ses petits copains pour une chaîne de télévision, Alexi, qui pour ne pas faire comme tout le monde a rasé son bouc, reprend du service chez les Los Angeles Galaxy, une équipe que les Européens auront l'occasion de découvrir cet été (du 29 juillet au 12 août) en Espagne à l'occasion du championnat du monde des clubs. Los Angeles a gagné son passe-droit après avoir remporté la coupe CONCACAF en janvier. Il sera enfin donné de juger le vrai niveau du championnat U.S.Bernard Geenen