Il y a un peu plus de 20 ans, Paul Courant, qui se produisait pour le Cercle mais était blessé au poignet, philosophait avec le journaliste, Rik Van Cauwelaert (ex Sport/Foot Magazine et aujourd'hui rédacteur en chef de Knack). Tous deux se demandaient si les footballeurs professionnels de Belgique ne pourraient pas élire un lauréat, comme en Angleterre.
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Il y a un peu plus de 20 ans, Paul Courant, qui se produisait pour le Cercle mais était blessé au poignet, philosophait avec le journaliste, Rik Van Cauwelaert (ex Sport/Foot Magazine et aujourd'hui rédacteur en chef de Knack). Tous deux se demandaient si les footballeurs professionnels de Belgique ne pourraient pas élire un lauréat, comme en Angleterre. "Pour être franc, je n'imaginais pas que le projet se concrétiserait ou du moins qu'il durerait si longtemps", avoue maintenant Courant. "Nous voilà à la 20e édition et j'espère que le trophée va continuer à prendre de l'allure. Le palmarès comporte de fameux noms. Le Soulier d'Or, dont je déplore l'évolution médiatique, a également sa tradition mais ici, ce sont les joueurs qui élisent le meilleur d'entre eux. C'est un beau couronnement. Un footballeur sait estimer les qualités des autres. En plus, il attache de l'importance à leur personnalité".Jan Ceulemans (1984, 85 et 86) " Jan est un des plus grands footballeurs que j'ai connus et un des meilleurs de Belgique. Ceux qui émargent à une certaine génération en font leur référence, comme ceux de la précédente se rappellent Van Himst ou Coppens. Physiquement, je comparerais Jan à Vieri, que les connaisseurs du football italien estiment énormément. Jan aurait pu jouer à Milan. Croyez-moi bien: il regrette amèrement de n'y être pas allé". Juan Lozano (1987)"Intrinsèquement le meilleur footballeur que j'ai connu. J'ai vu Coppens à l'oeuvre à l'automne de sa carrière mais ça ne compte pas. Je pense que Juan a gagné le prix pour l'ensemble de sa carrière". Marc Degryse (1988, 1990, 1995 et 2000)" Marc n'a pas été assez loin sur le plan international. Il était très bon à Bruges et à Anderlecht, mais n'a pas apporté ce qu'on attendait de lui au PSV. Ensuite, il a choisi le mauvais club en Angleterre. Sheffield Wednesday n'est pas un grand cercle. Je le comparerais un peu à Zola. Placez Marc à Chelsea, entouré des mêmes joueurs, et il est aussi bon que l'Italien. Mais les Belges accusent un certain retard. Nous ne forçons pas assez les choses et nous manquons de soutien. Un Hollandais ou un Italien bénéficient de cet appui. Le talent de Marc a vraiment été reconnu en fin de carrière. Aujourd'hui, il a été engagé à Bruges comme DT. Je sais que cela fâche certains supporters brugeois parce que Franky Van der Elst ou Ceulemans, toujours restés fidèles à leurs couleurs, n'y sont pas été réengagés mais ce ne sont que des émotions. Si Marc peut apporter un plus au club, il ne faut pas prendre le reste en considération. Marc est un Flandrien et un supporter du Club. Il faut replacer son transfert à Anderlecht dans son contexte. John Cordier, alors président de Malines et moi, avions discuté avec lui, mais Anderlecht était le plus grand club de Belgique et reconnu à l'étranger... Il est très positif que d'anciens joueurs soient dans le management". Marc Emmers (1989) "Je sursaute car Marc est très différent des autres. Malines a remporté le titre cette saison-là. Il a sans doute été récompensé du succès de l'équipe. Marc était un pilier sportif important mais manquait de personnalité. Il était polyvalent, offensivement et défensivement, parfois à son grand dam. On l'alignait sans cesse à des places différentes. Il était plutôt offensif à Malines, défensif à Anderlecht". Enzo Scifo (1991)"Pour les mêmes raisons que Lozano, pour ses brillantes qualités footballistiques. Il a joué dans de grands clubs étrangers avant de revenir à Anderlecht, comme tant d'autres, et ce n'est jamais bon. Peu de joueurs parviennent à répondre aux attentes. Rijkaard, Cruijff et maintenant Litmanen sont des exceptions". Philippe Albert (1992)"Je l'ai connu quand il jouait à Malines. Cordier et moi avons pris notre décision en cinq minutes. Charleroi demandait 45 millions, ce qui était énorme pour un défenseur. J'ai insisté car je voulais un tel homme, doté d'une large marge de progression. Il a d'abord fait banquette car nous avions Rutjes et Clijsters. Philippe pouvait aussi jouer à l'arrière gauche mais il n'aimait pas. En novembre, la Juventus nous a proposé quatre millions d'euros. Le transfert ne s'est pas fait, car Philippe ne voulait pas, à la grande déception de Cordier. Je regrette qu'Albert ait été confronté à de grands entraîneurs trop tard, des hommes qui l'auraient amélioré tactiquement. Je le compare un peu à Van Buyten, qui a l'avantage d'avoir rejoint plus vite un grand club. Si Philippe avait fait pareil, il aurait eu une plus belle carrière encore". Pär Zetterberg (1993, 1997 et 1998)" Pär jouait à Anderlecht quand j'y étais dirigeant. Il est Suédois mais je ne dirais pas qu'il est étranger. Il a grandi ici. Il a sa place dans le palmarès. Il déterminait tout, avait souvent le ballon. Il revient à Anderlecht mais c'est difficile de faire un commentaire maintenant. J'ignore dans quelle mesure l'entraîneur a eu son mot à dire, mais Anderlecht a de brillants jeunes joueurs et il doit les utiliser. Beaucoup de clubs le font à l'étranger. Pär va être confronté à l'éternel problème des joueurs qui reviennent: s'adaptera-t-il à un autre contexte et aux jeunes joueurs? Il y parviendra si, intelligent comme il est, il ne se pose pas à tout prix comme leur père, car les jeunes de maintenant n'acceptent plus ça". Lorenzo Staelens (1994) "Il a été élu à juste titre, mais Franky Van Der Elst n'y figure pas et je le regrette. Ce ne sont pas les mêmes joueurs, mais quand Timmy Simons a gagné le Soulier d'Or, j'ai spontanément pensé à Franky. Le Club a l'art de trouver de tels joueurs: Timmy à Lommel, Franky au RWDM. Quand on voit ce qu'il a représenté pour le Cub, il aurait mérité cette distinction. Peut-être à cause de son comportement? -NDLA: Il était sciant à l'égard des arbitres. Mais la popularité n'a rien à voir avec les qualités. A sa position, il faut avant tout penser à l'équipe et être intimidant. En Argentine, cette position est très importante, c'est là que se trouve le stratège, pas au numéro dix". Luc Nilis (1996)"Luc a reçu son trophée alors qu'il jouait aux Pays-Bas, six mois après avoir reçu le même titre là-bas. J'ai vu une vidéo de Luc: si elle avait été celle d'un Sud-Américain et que cette cassette avait atterri dans un grand club, celui-ci aurait diligenté des gens par le premier avion pour le visionner. Luc était phénoménal mais malheureusement pour lui, il était Belge". Souleymane Oulare (1999)"Il fait tache dans la galerie, je trouve. Un footballeur sait estimer la valeur d'un autre, mais Genk avait livré une super saison et Strupar avait eu le Soulier d'Or. Tout cela a peut-être joué en sa faveur". Walter Baseggio (2001) "Je connais Walter depuis qu'il est gamin. Il a toujours été bon. Un moment donné, d'attaquant, il est devenu numéro dix puis a encore reculé dans l'entrejeu. Je ne le considère pas comme le successeur d' Yves Vanderhaeghe car il a besoin d'un homme à côté de lui. De mon temps, il était trop bon vivant et avait des problèmes de poids. Il jouait trop confortablement mais à Anderlecht, un numéro dix est entouré des meilleurs et ne doit pas penser selon les normes modernes. éa n'arriverait pas à l'Ajax. C'est étrange car si leurs jeunes des deux clubs s'affrontaient, Anderlecht gagnerait trois fois sur cinq. Pourtant, des Ajacides ne cessent d'émerger. Walter a un bon jeu de tête, une bonne frappe, une bonne vista, mais s'il était transféré en Italie, il aurait besoin d'une fameuse force de caractère. Il serait considéré comme un intrus, même s'il parle italien. En fait, la plupart des joueurs belges recherchent trop leur confort". Wesley Sonck (2002) "Je peux comprendre qu'il rêve de l'étranger mais c'est difficile. Il n'y arrive pas... Il lui aurait été plus profitable d'acquérir son palmarès dans un club comme Anderlecht. Tout le monde se souvient de ce qui s'est passé après sa bonne campagne en Ligue des Champions. Wesley devrait pouvoir sauter le pas aussi".Peter T'Kint"Sonck rêve de l'étranger, mais il n'a pas encore de palmarès"