Le championnat 2001-2002, qui vient de se terminer, ne laissera pas un souvenir impérissable dans l'esprit des acteurs, des spectateurs et des dirigeants. Suite à la disparition pour raisons financières d'Alost, Gand et Ypres, la D1 avait été réduite à 11 clubs. Afin de garantir à chacun un nombre acceptable de matches, une formule à rallonges avait été imaginée: une première phase "normale", au cours de laquelle chacun se rencontra par aller-retour (20 matches); puis une deuxième phase, où les équipes furent scindées en deux groupes (les six premiers d'un côté, les cinq derniers de l'autre côté); et enfin, des playoffs à huit.
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Le championnat 2001-2002, qui vient de se terminer, ne laissera pas un souvenir impérissable dans l'esprit des acteurs, des spectateurs et des dirigeants. Suite à la disparition pour raisons financières d'Alost, Gand et Ypres, la D1 avait été réduite à 11 clubs. Afin de garantir à chacun un nombre acceptable de matches, une formule à rallonges avait été imaginée: une première phase "normale", au cours de laquelle chacun se rencontra par aller-retour (20 matches); puis une deuxième phase, où les équipes furent scindées en deux groupes (les six premiers d'un côté, les cinq derniers de l'autre côté); et enfin, des playoffs à huit.Relativement séduisante sur papier, la formule se révéla un fiasco en pratique. Les joueurs se plaignirent de la répétition des matches, dont l'enjeu était parfois devenu fort relatif, et l'intérêt du public se dissipa. "En principe, un derby Mons-Charleroi fait toujours le plein. Mais lors du deuxième tour, il y avait des vides dans les gradins", regrette Guy Lheureux, le président du club borain. La désaffection fut ressentie partout. Personne n'avait envie de revivre une telle expérience. Théoriquement, il n'y avait pas de quoi s'inquiéter: puisqu'il y avait un montant de D2 (Vilvorde) et pas de descendant de D1, on passerait automatiquement de 11 à 12 clubs. Une formule simple avait déjà été imaginée. Championnat par aller-retour (22 matches) + playoffs. C'était compter sans la cessation d'activités de Hasselt. Toutes les démarches pour trouver un 12e club qui accepterait de prendre la place laissée vacante ont échoué. Un premier appel du pied fut lancé en direction des clubs les mieux classés de D2 (Wilsele et Damme) qui avaient demandé la licence. Ils déclinèrent l'invitation, faute de budget suffisant. Gilly, club-satellite de Charleroi et quatrième participant aux playoffs de l'antichambre, n'a pour unique vocation que la formation des jeunes et n'était dès le départ pas candidat à l'accession à l'élite. "Un autre club de D2 était prêt à effectuer le grand saut, mais exigeait qu'il n'y ait pas de descendant pendant trois ans afin de pouvoir offrir cette garantie à ses sponsors", poursuit Guy Lheureux qui parle cette fois en tant que président adinterim de la ligue des clubs de D1. "C'était évidemment inacceptable". Luxembourg désisté, Bruxelles refuséLe Racing Luxembourg était prêt à participer au championnat de Belgique. "A l'origine, le club voulait s'inscrire dans le championnat d'Allemagne", explique Guy Lheureux. "Jusqu'au jour où son vice-président Alphonse Bernds a rencontré le président de Liège, Jean Joly, qui lui a fait part de cette possibilité d'éventuellement rejoindre la compétition belge. Quelques jours avant la date prévue par la commission des licences pour délibérer, le Racing s'est cependant désisté. Le club ne s'estimait pas encore prêt pour le professionnalisme. Au Grand-Duché, on ne joue qu'avec un Américain et les joueurs Bosman ne sont pas autorisés. Il aurait donc fallu créer une toute nouvelle équipe professionnelle en maintenant une équipe amateur dans le championnat luxembourgeois (c'était une condition émise par la fédération grand-ducale). On a jugé que le délai était trop court". L'autre candidat était Bruxelles, un nouveau club qui allait être créé. L'idée émanait de Gilbert Chantrain, un professeur d'université (et ancien coach du BCB) qui avait été chargé par l'échevin des Sports de réaliser une enquête sur la santé du basket bruxellois et qui, conclusions à l'appui, aurait voulu profiter de cette occasion unique de réinstaller un club de haut niveau dans la capitale. La Ville était prête à investir 500.000 euros et une salle aurait été aménagée sur le plateau du Heysel. Mais le dossier, qui semblait pourtant bien ficelé, fut refusé par les clubs de D1. "Il y a eu de fortes réticences concernant l'éthique sportive d'une telle démarche", poursuit Guy Lheureux. "Des clubs qui se sont battus bec et ongles pour devenir champion de D2 auraient vu d'un mauvais oeil l'arrivée d'un club artificiel qui n'aurait eu qu'à se présenter pour atteindre la D1. A l'inverse, des clubs de D1 aux moyens limités, comme Louvain, menaçaient déjà d'intenter une action en justice si, d'aventure, ils étaient descendants à l'issue du prochain championnat alors que Bruxelles se serait maintenu. Un préjugé défavorable a également nui au projet: dans le passé, plusieurs promesses faites par des Bruxellois n'ont pas été tenues. Les Atomics, de leur côté, se sont dits soulagés de la non-acceptation de ce nouveau club: ils continueront ainsi à recevoir les subsides de la ville...."L'avenir BeneluxLa Belgique n'est pas encore prête pour un système de franchise à l'Américaine, où un club conçu de toutes pièces peut s'inscrire dans une ligue en apportant de l'argent et des garanties. "Même s'ils avaient été acceptés par la ligue, Luxembourg et Bruxelles auraient encore dû passer l'examen de la commission des licences", précise KoenUmans, le secrétaire-général de la fédération. "Et je doute qu'ils l'auraient réussi. D'après les échos qui me sont parvenus, la commission aurait en effet estimé qu'elle n'avait pas les moyens d'évaluer un club qui n'avait pas encore exercé d'activités dans le cadre de notre championnat et qui, dans le cas de Bruxelles, n'existait même pas encore. C'eut été discriminatoire à l'égard d'autres clubs, déjà actifs, qui ont dû faire des concessions pour répondre aux exigences fixées pour l'octroi d'une licence. Il faut se souvenir que quatre clubs ont dû repasser en deuxième session. L'un de ces clubs, que la confidentialité m'interdit de citer, a été obligé de réduire son budget d'un tiers et de se séparer de certains joueurs pour se mettre en ordre. Bruxelles, forcément, n'avait pas de passif. Il aurait pratiquement pu recruter des joueurs sans conditions: une concurrence déloyale pour les autres clubs". Il y avait aussi la question statutaire. "Mais le conseil d'administration avait admis le principe d'une adaptation des statuts, si un accord en ce sens avait été trouvé avec la ligue et la commission des licences", poursuit Koen Umans. "Révolutionnaire, car actuellement, la structure des championnats est pyramidale: un nouveau club doit obligatoirement s'inscrire en 4e Provinciale et essayer de gravir, année après année, tous les échelons. Une autre possibilité prévue par les statuts est de racheter le matricule d'un club de la même province afin de débuter dans la division où évoluait ce club (NDLA: c'est le cas de la nouvelle équipe d'Alost, qui a racheté le matricule de Renaix pour commencer en D2). Mais, commencer directement en D1 sur des bases inexistantes, non". Daniel Devos