Davy De Beule (Jeune Pro) vu par Jean-François de Sart

" Ce produit de Lokeren a fortement progressé tout au long de la saison. Il s'est rapidement installé dans une équipe de base où la concurrence n'est pas une mince affaire. Il y a un an, Davy De Beule était encore un peu juste afin de réaliser cette percée. En équipe nationale Espoirs, il faisait partie du groupe élargi mais était barré, en raison d'un physique un peu léger par Gregory Dufer et Thomas Chatelle. De Beule est passé à la vitesse supérieure et a, notamment, progressé sur le plan physique tout en exploitant, de mieux en mieux, ses magnifiques qualités techniques. A Lokeren, De Beule démontre depuis des mois qu'il sait marquer des buts tout en n'oubliant jamais le collectif. Bien installé dans l'équipe, il participe à la construction du jeu. Lors de ses débuts, De Beule a joué sur les flancs, à droite, même à gauche, mais, selon moi, il se sent le plus à l'aise dans l'axe. Quand un jeune joueur débute en D1, il n'a évidemment pas l'embarras du choix.
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" Ce produit de Lokeren a fortement progressé tout au long de la saison. Il s'est rapidement installé dans une équipe de base où la concurrence n'est pas une mince affaire. Il y a un an, Davy De Beule était encore un peu juste afin de réaliser cette percée. En équipe nationale Espoirs, il faisait partie du groupe élargi mais était barré, en raison d'un physique un peu léger par Gregory Dufer et Thomas Chatelle. De Beule est passé à la vitesse supérieure et a, notamment, progressé sur le plan physique tout en exploitant, de mieux en mieux, ses magnifiques qualités techniques. A Lokeren, De Beule démontre depuis des mois qu'il sait marquer des buts tout en n'oubliant jamais le collectif. Bien installé dans l'équipe, il participe à la construction du jeu. Lors de ses débuts, De Beule a joué sur les flancs, à droite, même à gauche, mais, selon moi, il se sent le plus à l'aise dans l'axe. Quand un jeune joueur débute en D1, il n'a évidemment pas l'embarras du choix. Son objectif immédiat est de répondre à l'attente de son coach. C'est ce que De Beule a fait. Il peut militer en tant que deuxième attaquant ou à la place de médian offensif. Quand Runar Kristinsson est absent, Paul Put confie les fonctions de meneur de jeu à Davy De Beule. Cela veut tout dire car on sait que Lokeren, justement, a un groupe très doué sur le plan technique. Malgré ce niveau collectif élevé, il y a fait son trou. Sa confiance grandit au fil des semaines. Il a beaucoup joué tout au long de la saison et cela se ressent dans sa production et au niveau de sa qualité de jeu. On devine tout de suite que ce n'est pas venu par hasard. Paul Put a bien cerné son potentiel et le joueur a saisi la balle au bond en travaillant beaucoup. Or, Lokeren dispose d'un excellent groupe. Les jeunes du cru n'y constituent pas la priorité. Davy a souvent été le seul joueur belge de Lokeren. Pour moi, ce n'est qu'un début. Il accentuera sa progression et s'affirmera encore un peu plus parmi les leaders de sa génération. Des clubs s'intéressent à son potentiel et ça ne m'étonne pas du tout. A mon avis, il peut déjà faire le grand bond vers un des grands clubs belges. Il est difficile de comparer les styles et les époques. Je situe De Beule entre Marc Degryse et Luc Nilis. C'est dire si son potentiel est énorme. Il garde les pieds sur terre, ne s'emballe pas malgré les louanges et fait toujours preuve d'une mentalité exemplaire. De Beule détient tous les atouts nécessaires afin de réaliser une magnifique carrière ". " Les chiffres soulignent à suffisance la qualité du travail accompli par le coach norvégien. En tant que jeune entraîneur débutant en D1, ses succès m'intéressent. A Gand, il avait réussi à fondre des tas de nationalités dans un même moule tactique. Tous les joueurs de cette époque ont souligné la qualité de son travail, surtout au niveau des automatismes. Il a remis le couvert avec la même réussite à Bruges. Là, comme à Gand, il a tout basé sur un système accordant la priorité au 4-3-3, au jeu en triangles. Bruges a réalisé une saison extraordinaire placée sous le signe des records. C'est un bloc difficile à faire bouger. Il est vrai que Trond Sollied reçoit tous les joueurs qu'il demande. C'est dire si la confiance règne entre le coach et la direction. Son noyau est ultra complet avec des éléments qui lui offrent une palette technique très complète : technique, physique et taille. Sollied peut sortir à chaque moment la carte qui lui convient. Il a le loisir de passer d' Alin Stoica à Rune Lange en fonction des problèmes posés. Cette équipe a survolé les événements avec facilité et maestria. Cette aisance brugeoise me fait penser à la supériorité dont Anderlecht fit preuve en 1982. Paul Van Himst avait pris le relais de Tomislav Ivic et notre équipe jouait dans une autre catégorie. Nous survolions tous les problèmes. Anderlecht avait réponse à tout. Bruges domine pour le moment sur la scène belge mais n'a pas été à la hauteur en Coupe d'Europe comme Anderlecht le fut au début des années '80. A l'avenir, il s'agira pour Bruges de combler cette lacune. En fait, malgré une récolte brillante sur le plan belge, je ne suis pas totalement emballé par le jeu brugeois. Supérieurement organisé, il manque de pétillant. J'ai également constaté que le discours de Sollied pouvait varier. Il est susceptible de dire blanc un jour et noir le lendemain. Je le trouve trop froid dans ses relations avec le monde extérieur, même inutilement cassant avec la presse. A chacun son style mais, sur ce plan-là, je me réfère aux entraîneurs plus chaleureux ". " Le choix de Dany Verlinden se justifie dans la mesure où il a indéniablement contribué à la toute bonne saison réalisée par le Club. Peut-être pas en championnat, où l'attention s'est davantage portée sur les joueurs du champ que sur lui, en raison de l'insolente supériorité des Bleu et Noir, mais plutôt en compétition européenne, où il a joué un rôle déterminant. Je songe bien évidemment à sa prestation éblouissante au dernier tour préliminaire de la Ligue des Champions, face aux Ukrainiens du Shaktar Donetsk. A cette occasion, il s'était érigé en héros au stade Jan Breydel lors de l'épreuve des penaltys. S'il n'avait pas été des plus inspirés, à ce moment-là de la rencontre, jamais Bruges ne se serait hissé parmi le parterre des grands. Que Dany se soit mis en valeur dans ces bottés de penalties ne m'étonne pas du tout. Il a, en effet, toujours excellé dans les situations homme contre homme, tant sur sa ligne de but qu'en matière de sortie dans les pieds d'un adversaire. De par son profil, il constitue, à mes yeux, le complément idéal d'une défense brugeoise qui excelle dans le trafic aérien. Un registre où le Brugeois est désavantagé en raison de sa modeste taille, même s'il n'hésite jamais à se lancer dans la mêlée au besoin. A près de 40 ans, son grand mérite est d'avoir vaincu tous les préjugés. Certains coaches ont eu beau le trouver trop petit ou trop enveloppé, il a toujours prouvé qu'il fallait composer avec lui. Cette année, il a peut-être atteint sa plénitude car, à la maîtrise de son art, il a couplé une sérénité de tous les instants. Plus relax que lui, tu meurs, c'est aussi simple que cela. Je pense que cette décontraction est due au fait qu'il n'a plus rien à prouver. Il ne doit plus se battre pour un transfert dans un grand club à l'étranger, par exemple.... " " Je remarque non sans satisfaction que la résultante du vote des joueurs, cette saison, épouse en tous points notre propre classement, à la Commission Centrale des Arbitres, ainsi qu'à l'UEFA, où Frank De Bleeckere, Paul Allaerts et Johan Verbist se retrouvent dans cet ordre aux trois premières places. Pour le lauréat, cette constante se double d'une autre encore, puisqu'il se succède pour la quatrième fois d'affilée. Ce qui n'est pas un mince mérite quand on voit que dans les autres catégories, personne n'a réussi une performance similaire. Exception faite d'un épiphénomène malheureux (lisez le Bruges-Anderlecht de triste mémoire) avec lequel tout directeur de jeu, aussi bon soit-il, peut-être confronté à un moment de sa carrière, Frank a témoigné à la fois d'une grande régularité et maîtrise au plus haut niveau, tant en Belgique que sur la scène européenne. A cet égard, il fait office de locomotive pour notre arbitrage. Dans un passé récent, la presse s'était émue que nous n'avions plus de referees en phase finale des grandes compétitions, ou même à l'échelon des épreuves européennes de prestige, comme la fameuse Ligue des Champions. Cette réalité-là n'est plus de mise puisque Frank fait partie du top européen, fort de 30 arbitres, et que Paul Allaerts émarge à la première classe qui, elle, comporte 20 représentants. Ce panel-là est habilité à diriger des confrontations continentales de clubs ou inter pays. Johan Verbist, de son côté, a accédé dans le groupe 2, composé de 20 autres membres et plus loin encore figurent d'ores et déjà d'autres coming-men comme Serge Gumienny et Peter Vervecken. Il y a donc lieu de parler d'un renouveau avec Frank De Bleeckere comme référence. Il a, pour sûr, hérité de la technique arbitrale déjà perceptible chez son père et son grand-père, qui ont tous deux officié eux aussi parmi l'élite de notre football. Frank y joint une condition physique irréprochable, due non seulement au travail qu'il effectue sous la coupe du préparateur des Diables, Werner Helsen, mais aussi à son initiative personnelle. C'est un garçon extrêmement motivé, travailleur et ambitieux qui se double d'un bon communicateur. Il passe manifestement bien, tant au niveau de ses relations avec les joueurs sur la pelouse, qu'en matière de contacts en dehors des stades. Il est aussi le prototype de l'arbitre de demain, en ce sens qu'il a pour ainsi dire un statut de semi-pro. Or, sans cette disponibilité, il n'y aura bientôt plus moyen, pour un arbitre, de s'éveiller aux plus hautes ambitions ". " Il y a longtemps que le talent de Timmy Simons m'intéresse. Mon beau-père, ancien président de St-Trond, m'en avait parlé alors qu'il jouait encore à Lommel. Je l'avais d'ailleurs déjà renseigné à Schalke avant qu'il ne prenne la direction de Bruges. Cette saison, Schalke s'est à nouveau tourné vers lui. Timmy a fait le choix de rester à Bruges et je crois que c'est une erreur. Il était temps pour lui de franchir un palier supplémentaire. On ne reçoit pas souvent une telle offre au cours de sa carrière et j'espère qu'il ne regrettera pas son choix. A mon avis, Timmy est taillé sur mesure pour un championnat aussi éprouvant que la Bundesliga. On ne peut que progresser quand on joue toutes les semaines devant 60.000 spectateurs. Cela change par rapport aux quelques stades belges où il y a parfois plus de 20.000 personnes. J'aurais aimé le voir à l'£uvre dans cet autre univers et j'avais beaucoup parlé de lui à Rudi Assauer. Schalke l'a souvent scouté et l'analyse de ses espions cadrait totalement avec la mienne. Le Brugeois fait la fortune des entraîneurs. Il peut tout aussi bien jouer au médian défensif que dans un rôle plus offensif ou au centre de la défense. Partout, il mérite un 7 sur 10. Timmy est grand, rapide et lit parfaitement le jeu, ce qui raccourcit son temps de réaction par rapport à ses adversaires. C'est en tout cas un homme discret qui ne fait pas passer ses intérêts personnels avant ceux des autres. Le groupe est son credo et c'est tellement rare qu'il faut le mettre en exergue. Mais si l'homme ne veut pas nécessairement occuper le haut de l'affiche et est gentil de nature, il ne lâche rien sur le terrain. Timmy sait mettre le pied quand il le faut. Il se fait respecter mais de façon sportive : le Brugeois n'a jamais blessé volontairement un adversaire. Au Japon, il a réalisé une magnifique Coupe du Monde. Impeccable dans le rôle de pare-chocs avec Yves Vanderhaeghe, il recula ensuite au centre de la défense avec, à la clef, de chouettes trucs face à la Russie et au Brésil. Robert Waseige ne s'était pas trompé en lui confiant ces responsabilités. Simons commanda la défense belge comme s'il n'avait fait que cela depuis le début de sa carrière. Tout le monde a été impressionné. Il était déjà clair comme de l'eau de roche que sa place idéale se situait au c£ur d'une défense à quatre en ligne. Et si Schalke s'intéressait à sa polyvalence, c'était surtout pour renforcer son bastion défensif. A mon avis, Bruges ne tardera pas à lui confier les clés de sa ligne arrière ".