Avant ses retrouvailles avec l'Inter Milan en Ligue des Champions, cette année, la dernière confrontation entre Anderlecht et les Nerazzurri remontait à la saison 1996-97. En quarts de finale de la Coupe de l'UEFA, les Mauves avaient alors été évincés (1-1 au Parc Astrid et 2-1 à San Siro) par une formation articulée déjà autour de stars comme Giuseppe Bergomi, Jocelyn Angloma, Ivan Zamorano, Gianluca Pagliuca et autres Youri Djorkaeff.
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Avant ses retrouvailles avec l'Inter Milan en Ligue des Champions, cette année, la dernière confrontation entre Anderlecht et les Nerazzurri remontait à la saison 1996-97. En quarts de finale de la Coupe de l'UEFA, les Mauves avaient alors été évincés (1-1 au Parc Astrid et 2-1 à San Siro) par une formation articulée déjà autour de stars comme Giuseppe Bergomi, Jocelyn Angloma, Ivan Zamorano, Gianluca Pagliuca et autres Youri Djorkaeff. A l'époque, le jeune Walter Baseggio, âgé tout juste de 18 ans, venait d'être inclus par l'entraîneur Johan Boskamp dans le noyau A du RSCA. Après avoir fêté son baptême européen face au Vitoria Guimaraes, au deuxième tour de l'épreuve, puis être reconduit pour les besoins de la tâche suivante, contre Helsingborg, le Clabecquois avait été snobé par le Bos en vue du choc contre les joueurs lombards. Comme quoi les Milanais et Walt n'ont pas souvent fait bon ménage. Walter Baseggio : Ma déception d'alors ne représentait pas grand-chose en regard de ma frustration ce coup-ci. Il y a huit ans, je pointais à peine le bout du nez en équipe fanion. Dans ces conditions, je pouvais aisément comprendre que pour un match d'une telle importance, le coach fasse l'impasse sur moi. Même si, en mon for intérieur, je rêvais secrètement d'être de la partie, car les Italiens m'ont toujours fait flipper. A présent, le topo était foncièrement différent. Avec plus de 50 rencontres européennes à mon compteur, je n'ai évidemment plus rien d'un novice. Aussi, la perspective de jouer les Interistes chez nous constituait-il, pour moi, le premier grand rendez-vous de cette campagne. Il a été partiellement tronqué, puisque je n'ai pas entamé cette partie. Mais j'aurai eu une belle consolation quand même en sauvant l'honneur. Par rapport à quoi ? Personnellement, je n'avais en tout cas pas le sentiment de devoir me racheter. Depuis le début de la compétition, je m'étais toujours plu à faire consciencieusement mon travail. Toutes mes prestations ne furent peut-être pas aussi autoritaires les unes que les autres. Mais de là à être accablé de tous les péchés, il y avait tout de même une marge. J'observerai simplement que les deux défaites concédées jusqu'à présent en championnat se déroulèrent sans ma présence dans le onze de base. Tant à Mouscron qu'à Charleroi, je ne faisais pas partie des plans de bataille du coach. Il n'empêche que j'aurai été finalement le seul joueur du champ à trinquer, puisque la seule autre éviction avait trait à notre gardien, Daniel Zitka. Je n'ai pas l'impression d'avoir changé. Par contre, le contexte dans lequel je suis appelé à m'exprimer a souvent évolué. A l'image d'Hugo Broos aujourd'hui, Aimé Anthuenis attendait de moi que je sois à la fois un récupérateur, un régisseur et un finisseur. Cette triple casquette n'est envisageable qu'à la condition expresse que tout le monde assume à chaque instant sa part de travail dans l'entrejeu. Il y a quelques années, il y avait eu pas mal de tâtonnements mais, au fil des semaines, nous étions parvenus à un équilibre grâce à la collaboration parfaite entre toutes les composantes de la ligne médiane : Bart Goor, Yves Vanderhaeghe, Alin Stoica ou Patrick Van Diemen et moi-même. A l'exception d'Yves, à l'inclination plus défensive que les autres, chacun avait sa part de mérite, tant à la construction qu'à la conclusion. Nous formions une véritable charnière : quand l'un montait, celui qui le flanquait adoptait une position légèrement en retrait, et ainsi de suite. Dans ces conditions, nous n'étions jamais pris au dépourvu en cas de perte du ballon car il y avait toujours quelqu'un pour assurer la couverture. Aujourd'hui, c'est différent. Sur leur flanc respectif, Christian Wilhelmsson et Mbo Mpenza ne peuvent être comparés à Goor et Van Diemen. Ces deux-là étaient réellement des joueurs all-round, aussi habiles dans la conquête du cuir que dans l'élaboration des actions. Leurs successeurs valent surtout par leur pénétration offensive. Il en résulte que le 4-4-2 se transforme très fréquemment en un 4-2-4 chez nous. Si, dans ce cas de figure, l'entraîneur me demande encore d'appuyer la man£uvre, il me paraît évident que le déséquilibre est garanti. Et c'est précisément pour ne pas courir au suicide que j'évite de surgir aux avant-postes. Je le fais pour le bien de l'équipe. Dès lors, je comprends d'autant moins les griefs qui me sont formulés. Je pourrais effectivement le faire si nous jouions de la même manière. Mais il n'y a pas de comparaison possible entre la façon de procéder de cette formation et la nôtre. Par son souci d'attaquer et de défendre en bloc, Valence me fait quelque peu songer au grand Manchester United que nous avions rencontré au cours de la saison 2000-2001. Dans cette équipe-là aussi, David Beckham, Roy Keane, Paul Scholes et Ryan Giggs avançaient ou reculaient ensemble en fonction des événements, entraînant les autres lignes dans un même élan. Chez nous, il n'en va pas du tout ainsi. Nos deux hommes de couloir ne ratissent pas comme les Anglais ou les Espagnols. A Mestalla, tout le monde a pu voir que Guillem Vicente et Francisco Rufete ne se limitent pas à leur rôle offensif. Au terme du récent match contre l'Inter Milan, Broos m'a dit : -Tu vois comment jouent les vedettes de cette équipe ? Bien sûr que je l'ai vu : la charnière centrale composée de Juan Sebastian Veron et d'Esteban Cambiasso était épaulée à tout moment par Belo Emre et Dejan Stankovic. Dans ces conditions-là aussi, quand chacun y met du sien, je suis susceptible de tirer mon épingle du jeu comme les milieux centraux interistes l'ont fait. A quatre contre quatre, je suis taillé pour faire la différence. Mais à deux contre quatre, on oublie. Surtout, en Ligue des Champions. Et si, de surcroît, je devais m'aventurer devant, bonjour les dégâts. Il n'y a peut-être pas eu beaucoup de mouvements au niveau de l'effectif mais en ce qui concerne le onze de base, les modifications sont quand même sensibles. Sur le flanc gauche, Martin Kolar et, surtout Ki-Hyeon Seol, mettaient régulièrement la main à la pâte en reconversion défensive et, sur l'autre flanc, Goran Lovre ne ménageait jamais sa peine non plus, comme il l'a encore montré face au Cercle. Avec l'appui de Besnik Hasi en plus, il m'était loisible d'être beaucoup plus entreprenant. Idem en équipe nationale : avec des travailleurs comme Bart Goor à gauche, Gert Verheyen à droite et Philippe Clement à mes côtés, je pense avoir toujours répondu à l'attente. Mais si les joueurs de couloir se limitent uniquement à un pur rôle d'infiltreur, sans trop se soucier d'appuyer leurs partenaires dans la récupération du cuir, il me paraît logique que j'éprouve des problèmes. Et pas seulement moi, d'ailleurs. Dans la conception actuelle, ce n'est pas possible, effectivement, compte tenu du profil des joueurs. Ou bien, il faudrait changer de système et opter pour un élément de plus au sein de l'entrejeu. Dans ce cas, Pär pourrait continuer à jouer son rôle de régisseur tandis que Besnik Hasi et moi pourrions occuper la base défensive du triangle : moi à gauche et lui à droite. Ou bien, nous pourrions former une même figure avec Pär à la pointe supérieure, Besnik à l'angle inférieur et moi entre les deux. C'est dans ce genre de configuration-là que j'estime, personnellement, avoir livré mes meilleurs matches pour le compte du club. C'était à l'époque où Jean Dockx dirigeait la man£uvre et que je formais un trio avec Pär et Enzo Scifo dans l'entrejeu. Positionné en retrait de ce duo, je pouvais alors distiller les longs services à suivre que j'affectionne particulièrement. Ils ont toujours constitué mon point fort. Mais être à l'origine d'une transversale, remonter le terrain et être à la réception du centre, comme certains le voudraient, ce n'est pas possible. J'en suis à ma neuvième saison ici. Si je n'avais pas certaines aptitudes, je présume que je n'aurais pas tenu la distance. Il faut me prendre comme je suis : avec mes qualités et mes défauts. Une chose est sûre : à 26 ans, on ne me changera plus. Ou bien on m'accepte comme je suis, et on essaie d'exploiter mes qualités. Ou bien, on continue à taper sur mes défauts et on passe peut-être à côté de l'essentiel. Je ne me repose nullement sur mes lauriers. Et je continue à apprendre tous les jours. Ici, il y a toujours des défis à relever. Chaque fois que je monte sur le terrain, je donne le meilleur de moi-même. Quoi que certains en disent ou en pensent. Si je l'avais réellement voulu, j'aurais déjà pu aboutir dans le Calcio. Mais après avoir goûté au football de haut niveau à Anderlecht, je ne tiens pas à me retrouver dans un club de troisième garniture. Si j'y vais, c'est pour jouer au sommet. Il suffit que je sois sur le banc pour qu'automatiquement les premiers noms fusent. Inutile de parer au plus pressé : j'ai encore un rôle à jouer à Anderlecht. Je ne vais pas tout remettre en question sous prétexte que je me suis retrouvé à l'une ou l'autre reprises dans le dug-out. Il faut rester calme. Tranquillo. Très bien, merci. Par rapport à l'année dernière, quand tout allait bien, je pèse même 100 grammes de moins. Par rapport à mes premières années ici, mon poids s'est stabilisé. Je surveille de près mon alimentation et je mange aussi nettement moins qu'avant. J'avais un appétit d'ogre autrefois. A présent, je suis un moineau (il rit). Bruno Govers" ON JOUE PLUS en 4-2-4 qu'en 4-4-2 " " Mes meilleurs matches, c'était AVEC ZETTERBERG ET SCIFO "