1. Soyez prêts tactiquement

Jouer tactiquement contre la Croatie n'est pas mission aisée. En affrontant les Pays-Bas, on sait comment ils jouent, où vont les joueurs, où arrive la balle. Ce n'est pas le cas de la Croatie. Clement a joué un bon match contre la Hollande en tant que médian défensif, mais Kluivert lui convenait bien. Contre la Croatie, ce sera une autre paire de manches. Premièrement, personne ne joue vraiment à cette position, ensuite il faudra voir lequel des trois médians centraux plongera en profondeur. Leko, par exemple, est très flexible. Prévoyez quels peuvent être les problèmes et quelles solutions vous y apporterez. Où allez-vous faire le pressing et où laisser jouer ? Où prendrez-vous des risques ? Qui aide qui et à quel moment ? Je me rappelle qu'à Zagreb, Van Buyten et Valgaeren n'étaient pas sur la même longueur d'ondes. Il faut vraiment déterminer les choses à l'avance, car si un centre est millimétré la couverture devra être parfaite.
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Jouer tactiquement contre la Croatie n'est pas mission aisée. En affrontant les Pays-Bas, on sait comment ils jouent, où vont les joueurs, où arrive la balle. Ce n'est pas le cas de la Croatie. Clement a joué un bon match contre la Hollande en tant que médian défensif, mais Kluivert lui convenait bien. Contre la Croatie, ce sera une autre paire de manches. Premièrement, personne ne joue vraiment à cette position, ensuite il faudra voir lequel des trois médians centraux plongera en profondeur. Leko, par exemple, est très flexible. Prévoyez quels peuvent être les problèmes et quelles solutions vous y apporterez. Où allez-vous faire le pressing et où laisser jouer ? Où prendrez-vous des risques ? Qui aide qui et à quel moment ? Je me rappelle qu'à Zagreb, Van Buyten et Valgaeren n'étaient pas sur la même longueur d'ondes. Il faut vraiment déterminer les choses à l'avance, car si un centre est millimétré la couverture devra être parfaite. La rencontre se gagnera ou se perdra au milieu du terrain. La Croatie devrait s'aligner dans un 3-5-2 ou un 3-6-1. Reste alors aux Belges à solutionner le surnombre des médians adverses. Si chacun reste dans sa position, il faudra courir beaucoup pour compenser défensivement et la relance vers les attaquants sera plus qu'approximative. Les défenseurs devront prêter main forte aux médians, sinon la bataille du milieu risque de tourner court. Contre des Croates qui dans un bon jour peuvent aligner, comme le Brésil, 15 ou 16 passes consécutives, c'est très ardu de défendre en zone. Cela demande beaucoup d'effort de déplacer chaque fois un bloc dans la largeur du terrain. Si vous laissez les Slaves déterminer le jeu, ils monopolisent le ballon et l'adversaire. La Belgique devra donc mettre de la pression, pour ne pas souffrir. Tout fermer en gardant à l'esprit qu'eux aussi marquent difficilement en contre. Ils passent balle au pied. Déterminez bien qui doit aller aider à quelle place, un arrière latéral ou un défenseur central. Il faut du répondant physique et de l'esprit tactique. Ne suivez jamais le rythme croate, aussi tentant et facile que cela puisse paraître. Si les Croates jouent à leur propre tempo, ils gagnent toujours, parce que personne ne promène aussi bien l'adversaire qu'eux sur un terrain (il rit). Déterminez donc le rythme vous-mêmes. Jouer rapidement est important, jouer précisément le sera encore davantage. Ne leur faites pas cadeau de la balle. Ils trouvent très facilement l'homme libre, donc vous devriez en pure perte courir derrière le ballon. Développez un foot soigné, surtout dans l'axe, où il y aura un paquet de joueurs regroupés. Ils joueront sans doute de manière très fermée, avec huit joueurs derrière le ballon, et les trois défenseurs sont forts dans les petits espaces. Le passing devra être précis. Cela demande de la concentration et un bon jeu de position. Soutenez bien le porteur du ballon, ainsi vous faites bouger l'équipe adverse, ce qui lui coûte des forces. Choisissez le moment pour accélérer, pour que tout s'enchaîne. Un match dure longtemps et il y a tellement de choix à faire qu'une décision hâtive est toujours mauvaise. Ne visez pas directement la profondeur en balançant des ballons de l'arrière, cela brûlerait rapidement vos attaquants de pointe. De plus, nos trois défenseurs centraux assistés d'un médian n'auront aucune difficulté à cueillir ces ballons. N'utilisez vos attaquants que dans un stade ultérieur du terrain : pas au milieu mais vraiment dans les 16 mètres. Faites en sorte d'appuyer vos attaques via les flancs, pour attirer des adversaires vers l'extérieur du terrain, et puis adressez de bons ballons aux avants. Ne passez pas par des relais avec vos attaquants. Baseggio peut dans ce cas faire exception en créant du mouvement par un jeu court. La solution contre la Croatie, ce sont les flancs puisqu'ils ne sont occupés que par un seul joueur croate alors que la Belgique en 4-4-2 dispose d'une double occupation des flancs. Varier les offensives d'un côté puis de l'autre, tel est le seul moyen de leur faire mal. Ecartez du milieu vers l'extérieur, ainsi vous les forcerez à changer leur organisation. Soyez en surnombre d'un côté puis envoyez le ballon de l'autre, en transitant par exemple via Baseggio. Voyez comment ils réagissent et faites-en usage. Sur le flanc gauche croate se situent sans doute ses plus belles capacités : c'est là que joue Rapaic, plutôt un attaquant. De l'autre côté, Srna est davantage un bosseur. Mpenza et Deflandre ont magnifiquement montré la voie à suivre contre la Hollande, Mpenza aidant à la récupération et Deflandre attaquant parfois à bon escient. Mpenza est plus utile que Sandy Martens car il est plus explosif, il déstabilise davantage par ses actions et ses dribbles, il a un meilleur centre et il peut lui-même créer le danger devant les buts. En écartant le jeu, vous ferez bouger leur défense et leur milieu. Si un côté est bouché, faites transiter vers l'autre par le centre. Jelle Van Damme le fait souvent, il a sans doute appris cela lors de sa formation à l'Ajax. Baseggio devra jouer comme il le fait toujours : être prêt à recevoir le ballon pour ensuite le redistribuer. Veillez à ce qu'il ne soit pas noyé en cas de perte de balle. Voir les points 1 et 2. Pletikosa est typiquement un gardien de ligne. Grand, de bons réflexes. Il ne sort presque jamais de sa cage, ou alors par erreur (il rit). Il a déjà amélioré ses sorties, mais il fait encore des erreurs. Il faut dire que les défenseurs ne lui rendent pas la vie facile, ils ne soignent pas toujours leurs balles en retrait, ne font pas attention à la lui donner sur son bon pied, parce qu'ils estiment qu'il est doué techniquement. Tenez-le à l'£il et il pourrait y avoir l'une ou l'autre situation chaude. La plupart des joueurs croates ont appris la discipline à l'étranger mais chassez le naturel, il revient au galop. La nonchalance est encore en eux. Lorsque tout semble aller pour le mieux, ils se mettent parfois à rêver. Laissez-les alors croire qu'ils sont les meilleurs. Gardez les choses importantes en mémoire, quels joueurs sont dangereux dans quelle portion du terrain, mais laissez-les jouer au football. Laissez leur de l'espace de manière intelligente. Ils pensent alors qu'ils sont de grands joueurs, se laissent aller à des errements tactiques, se retrouvent à des positions qui ne sont pas les leurs et alors, il faut exploiter cette situation. D'autres joueurs risquent par contre de prendre confiance si vous les laissez jouer : ceux dont c'est une des premières sélections ou ceux qui ont connu des problèmes de blessures ou de forme. Mais ce sont des exceptions. La plupart des Croates pensent que c'est arrivé, et quelque part la prestation en Angleterre leur donne raison. Leur foot a été loué, ce qui est une petite chance pour les Belges. Ne soyez vous-mêmes pas nonchalants. Il faut de la discipline, du travail et de la puissance. Gardez la cohésion pendant toute la rencontre. Ne vous endormez pas après une mi-temps, comme contre la Hollande. Après le repos, il manquait de discipline et de communication entre les partenaires. Dans ce cas, vous risquez une mauvaise surprise. N'hésitez pas à dégager le ballon lorsque c'est nécessaire. N'oubliez pas que jouer une bonne première mi-temps, c'est risquer des difficultés dans la deuxième. Cela demande de la discipline et de l'ardeur. Si vous n'appliquez cela qu'à 95 %, vous rendez votre adversaire plus fort. Faites votre boulot, jusqu'au bout. Les Croates ont le sang chaud et s'enflamment vite. Ils apprennent quelque peu à se contrôler à l'étranger, mais le chemin vers le self-control total est encore long (il rit). Dans une rencontre où la nervosité, l'agressivité, l'intimidation et les fautes formeront un cocktail explosif, il conviendra de conserver calme et lucidité.