C'est en D2 que nos regards se porteront le dimanche 28 juillet. Ce jour-là, se disputera le derby entre le FC Cologne et le Fortuna Düsseldorf, deux glorieux anciens. Entre les deux villes : 40 kilomètres seulement mais une rivalité ancestrale qui remonte à la guerre de trente ans (1618-1648) lors de laquelle Düsseldorf trahit Cologne. Depuis lors, les deux villes bourgeoises rivalisent à tous les niveaux. Même fleuve qui les traverse (le Rhin), même goût pour l'art et l'architecture, même finesse. Mais chacune défend son territoire. A...

C'est en D2 que nos regards se porteront le dimanche 28 juillet. Ce jour-là, se disputera le derby entre le FC Cologne et le Fortuna Düsseldorf, deux glorieux anciens. Entre les deux villes : 40 kilomètres seulement mais une rivalité ancestrale qui remonte à la guerre de trente ans (1618-1648) lors de laquelle Düsseldorf trahit Cologne. Depuis lors, les deux villes bourgeoises rivalisent à tous les niveaux. Même fleuve qui les traverse (le Rhin), même goût pour l'art et l'architecture, même finesse. Mais chacune défend son territoire. A Cologne, on vante sa bière (la Kölsch, une blonde). A Düsseldorf, on ne jure que par la sienne (la Altbier, une brune amère). A Cologne, on insiste sur l'origine romaine de la ville et sur sa population plus large (1 million pour 600.000 à Düsseldorf). A Düsseldorf, on avance son temple du shopping, la Königsallee, la plus grande artère commerçante du monde. La rivalité est telle que si vous quittez Cologne en voiture, vous ne trouverez aucun panneau indiquant la direction Düsseldorf. Pour y arriver, il vous faut suivre Oberhausen ! Il n'en fallait pas plus pour que cette rivalité gagne le football. Si, sur le plan sportif, le rival le plus dangereux pour le FC Cologne s'est toujours nommé le Borussia Mönchengladbach, les Geissböcke ont toujours pris un malin plaisir à battre le Fortuna. Ce derby vaut autant pour son caractère que pour sa rareté. En 50 ans de Bundesliga, il n'eut lieu que 23 ans. Soit 46 fois (dont une fois en D2). La faute souvent à un Fortuna qui navigua en eaux troubles, goûtant même à l'amertume d'une descente en 4e division. Et lorsque le Fortuna eut le bonheur de rejoindre l'élite du foot allemand en 2012, il croisa son voisin, descendu en D2. Il faut donc remonter à 1999 pour voir trace du dernier derby du Niederrhein. Face au FC Cologne, Düsseldorf a souvent dû s'incliner, comme en témoignent les confrontations directes à l'avantage des Geissböcke (23 victoires à 10), et mêmes les hauts faits d'armes du Fortuna sont ternis par le bruyant voisin. Comme en 1973, lorsque le Fortuna réussit sa meilleure performance en terminant 3e derrière le Bayern... et Cologne. Et en 1978, le Fortuna baissa pavillon en finale de la Coupe, battu par... Cologne (2-0). Cette défaite a particulièrement blessé l'orgueil du F95. " C'est la défaite la plus malheureuse de ma carrière ", expliquait le libero de Düsseldorf, Gerd Zewe. " Tout le monde a reconnu que nous étions la meilleure équipe. Düsseldorf a joué et Cologne a inscrit les buts. " Deux ans plus tard, le F95 prenait enfin sa revanche, s'adjugeant sa deuxième Coupe d'Allemagne d'affilée après celle de 1979 et en battant le rival de Cologne (2-1). PAR STÉPHANE VANDE VELDE