Polak, seule crapule à bord

Jan Polak sortait enfin de sa boîte il y a un an : " J'étais éreinté à mes débuts au Sporting (...) Le véritable Polak est celui qui ne se pose pas de question (...) Biglia et moi sommes parfaitement complémentaires. "
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Jan Polak sortait enfin de sa boîte il y a un an : " J'étais éreinté à mes débuts au Sporting (...) Le véritable Polak est celui qui ne se pose pas de question (...) Biglia et moi sommes parfaitement complémentaires. "Marc Delire : Polak et Boussoufa sont les éléments clefs du Sporting cette saison. Reste que le Tchèque me laisse quelque peu sur ma faim. Ces dernières semaines, il a eu des moments que l'on qualifiera d'absence, que ce soit face au Germinal Beerschot ou à Malines. Dans les deux cas, il aurait pu prendre la rouge pour deux interventions très limites. A sa décharge, son rôle l'oblige à être footeusement crapule. Et je précise qu'être crapule n'est pas négatif dans ce contexte. Toutes les grandes équipes ont ce type de joueur : je pense à Gennaro Gattuso à Milan, à Lassana Diarra à Madrid, à Javier Mascherano à Liverpool, tous des joueurs qui vont mettre le pied pour vous dire que vous n'êtes pas le bienvenu. En Belgique, on avait la référence suprême avec Georges Leekens. Long couteau, c'était trop gentil comme qualificatif quand on se remémore ses tacles " sécateurs ". A Anderlecht, Polak est le seul à pouvoir assumer ce rôle ; Lucas Biglia ou Guillaume Gillet sont bien trop gentils. La venue d'un gars comme Adèle Guédioura à Charleroi démontre à quel point ce type de joueur est crucial, tant il cadenasse le jeu des autres. Je suis persuadé que si le néo-récupérateur des Zèbres avait rapidement pris une jaune face au Standard, on aurait vu un tout autre match. Dans la crainte d'en prendre une deuxième, Guédioura aurait dû lever le pied et faciliter par conséquent les mouvements liégeois. Au Standard, Benjamin Nicaise joue le rôle de la crapule. Même Steven Defour apprend petit à petit à l'être. Et à raison, puisqu'il sait que le haut niveau passe par là. Encore une fois, je ne veux pas que cela soit perçu comme une critique, je ne dis pas que ces joueurs visent l'intégrité physique de l'adversaire, je dis juste que ce sont des joueurs qui musclent le milieu et vous empêchent d'être tranquille. Pour revenir à Polak, il est évident que ses qualités dépassent celle du pur milieu défensif. Il sait frapper, dribbler dans la verticalité, peut jouer long, en un temps, etc. Voilà pourquoi, j'aimerais le voir jouer plus haut ou dans un autre système. Anderlecht n'a pas besoin en championnat, et certainement pas à domicile, de deux milieux récupérateurs. On pourrait très bien l'imaginer derrière Boussoufa qui lui, soutiendrait deux attaquants. Dans ce cas, le Tchèque se limiterait à un travail plus défensif. Avec la Tchéquie, on remarquera qu'il joue plus simplement, tout en restant très efficace. Lui en a-t-on trop demandé à Anderlecht avec cette histoire de box-to-box, alors qu'il n'en avait jamais été un ? Peut-être. En mars, le Costaricain est devenu une des attractions du championnat et il sera dur de le garder pour la saison 2008-2009... " Je veux jouer en Espagne ", clamait-il. Marc Delire : Ruiz, c'est quasiment ce qui se fait de mieux dans notre championnat. Ce mec a tout : il est élégant, efficace, beau mec, etc. Un confrère du Soir m'a glissé récemment que le Costaricain lui faisait penser à Robby Rensenbrink. La comparaison est de taille, mais je la suis. Ses prises de balle et ses dribbles chaloupés rappellent ceux du Hollandais. Certes, l'époque a changé, comme le niveau ou le rythme mais les similitudes existent. Le fameux plan de trois ans que Michel Preud'homme s'est fixé pour amener Gand au top est, selon moi, indissociable du maintien de Ruiz dans l'effectif. Même si je sais pertinemment qu'il a plusieurs fois exprimé son souhait d'aller voir ailleurs. Et c'est bien normal. Mais je me répète, Gand se doit d'avoir un joueur de ce calibre, capable de faire la différence, s'il veut concurrencer Anderlecht ou le Standard. En cas de départ, il est pratiquement impossible de trouver un remplaçant de valeur équivalente. Au mieux, Gand n'en connaît qu'un tous les cinq ans. Pensez à Mbark Boussoufa, voire à Eric Viscaal bien avant. Il faut donc faire un effort, et ça passe par une rehausse salariale, quitte à amputer une partie du noyau. Le rêve de Ruiz est évidemment d'évoluer en Liga et on le comprend. Cela dit, en le prenant par les sentiments, en lui passant les commandes, et en affichant son ambition, Gand doit pouvoir le persuader de faire encore un petit bout de chemin ensemble. Aujourd'hui, le talent détermine beaucoup, bien plus qu'avant. Fini de croire que l'on peut gagner un match en transpirant plus que l'autre. Tu dois avoir le système de jeu, le physique, mais aussi le ou les gars qui vont t'apporter l'étincelle. Le fait qu'Anderlecht ait offert un contrat gargantuesque à Boussoufa l'an dernier s'inscrit dans cette lignée. Où seraient les Mauves sans leur Marocain ? Le directeur général, Alain Lommers, et Geo Van Pyperzeele, le directeur sportif, se défendaient des critiques sur la gestion de l'Albert... Marc Delire : Le président Dominique Leone a semble-t-il jeté l'éponge. Ses récents dérapages verbaux en sont la preuve. A Noël déjà, on pouvait percevoir le désarroi du boss de Mons qui avait laissé filer Mohamed Dahmane et n'avait rien transféré en retour. Ces dernières années, c'était pourtant la grande spécialité du club qui se sauvait grâce aux renforts du mercato hivernal. Quand on voit l'équipe aujourd'hui, on se dit qu'elle s'est construite au vogelpik. Prenez l'arrière Ivica Dzidic, auteur d'un tacle assassin et stupide face à Lokeren, que voulez-vous faire avec des joueurs de ce niveau ? Quand on compare l'Albert avec Malines, on se dit que ces deux équipes sont aux antipodes alors que les budgets sont sensiblement les mêmes. D'un côté, vous n'avez aucune équipe sur le terrain, de l'autre des guerriers sur la pelouse. D'un côté, vous comptez les spectateurs, de l'autre vous avez une ambiance extraordinaire. D'un côté vous vous demandez d'où débarquent les joueurs, de l'autre vous transférez juste avec des Olivier Renard ou des Julien Gorius... Hormis Mons, c'est tout le foot wallon qui a pris cette saison un sérieux coup sur la tête. " Notre " foot manque de maquignons qui s'y connaissent et ne font pas de folie. A l'image d'un Herman Wijnants qui ne lâche jamais un sou comme l'a rappelé Jefke Delen dans Sport/Foot Magazine. Qu'un club comme Tubize coince c'est tout à fait normal. Il n'était pas monté en D1 mais y avait été catapulté. Malgré la bonne volonté des Brabançons, la sueur n'est pas suffisante sur le long terme. A Mons, le scénario était moins couru d'avance. Et l'échec d'autant plus cuisant. Il y a un an, Stijn Stijnen se sentait incompris. " Je ne trouve pas important d'avoir du respect dans un milieu d'hypocrites comme celui du football (...) La comédie fait partie du foot (...) Pourquoi, on ne m'aime pas en Wallonie ? Car il y a un Bailly. "Marc Delire : L'opinion publique francophone ne porte pas Stijnen dans son c£ur. Moi bien. C'est quelqu'un que j'apprécie pour son franc-parler. Quand on le connaît un peu, on se rend compte que c'est un gentil. Mais je comprends que son attitude, plusieurs de ses déclarations, ce côté hautain, dérangent certaines personnes. Defour lui ressemble quelque peu. Quand ce dernier déclare :- Je vaux plus qu'Everton, il déclenche aussi des - Mais pour qui se prend-il ! ? J'ai tendance à croire qu'être ambitieux, avoir confiance en ses possibilités, c'est plutôt sain. Pendant des années, on a stigmatisé le manque de fortes têtes de notre football. Maintenant qu'on les a, on les coupe. C'est typiquement belge comme réaction. Tout le ramdam autour de Gillet et son penalty symbolise aussi cette bêtise ambiante. Il s'en est pris plein la gueule alors qu'il avait simplement fait preuve d'honnêteté, une qualité plutôt rare dans ce contexte. Les coups de gueule et les envolées lyriques, font partie du folklore du football. Et pourvu qu'on ne les supprime pas. Malheureusement, j'ai bien peur que le discours des footeux va de plus en plus se formater... Sportivement, je suis plus critique envers Stijnen. Dans ses face à face avec l'attaquant, il est impressionnant mais dans ses sorties aériennes, il est souvent trop juste. Or, ce critère est pourtant prépondérant quand on analyse le pourcentage grandissant des buts sur phases arrêtées. S'il évoluait à Mouscron et Mark Volders à Bruges, je ne suis pas convaincu qu'il serait sélectionné chez les Diables. lpar thomas bricmont-dessins de pad'r