Le Jacky show, c'est fini

Quel coup de chaud pour Mathijssen en février 2008... Après la défaite face au Standard (1-2), le coach de Bruges est plus que jamais convaincu que son équipe peut aller au bout du rêve et décrocher le titre !
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Quel coup de chaud pour Mathijssen en février 2008... Après la défaite face au Standard (1-2), le coach de Bruges est plus que jamais convaincu que son équipe peut aller au bout du rêve et décrocher le titre !Marc Delire : Le Jacky 2007-2008, c'était ça : des déclarations rocambolesques, un style hautain et des résultats décevants à l'arrivée. Aujourd'hui, l'homme a changé ; Jacky est bien plus posé face aux événements. Je crois sincèrement qu'il a eu des difficultés à se défaire de l'étiquette d'entraîneur pas fait pour le top que Bayat lui avait collée après son départ de Charleroi. L'an dernier, il a voulu faire le gros dos, prouver qu'il avait une forte personnalité, mais s'est ridiculisé avec une troisième place qui correspondait certes aux qualités du noyau, mais n'était pas en phase avec ses sorties triomphales. Par moments, il n'était pas loin de nous faire du Jean-Claude Van Damme. Sa trajectoire est cependant en train de changer malgré des résultats chancelants. Le succès du Standard et le retour d'Anderlecht ont dû lui faire l'effet d'un électrochoc, car il est beaucoup plus calme. La confiance que lui accordent les dirigeants brugeois n'y est pas étrangère. Et ces derniers ont raison : petit à petit, Bruges construit une très belle équipe. Les chiffres sont trompeurs, car le Club recèle vraiment un potentiel très intéressant. Je pense à des gars comme Nabil Dirar, Ronald Vargas ou Vadis. Ils n'ont pas encore confirmé par manque de planches mais personnifient la mue, certes difficile, que les Blauw en Zwart ont entamée dès la prise de fonction de Marc Degryse. Ça peut paraître excentrique, mais j'aime cette équipe. Si les Brugeois arrivent à muscler l'axe de l'entrejeu, et je pense à l'aide d'un Karel Geraerts ou d'un Jonathan Blondel, la machine de compet' façonnée par Jacky risque de surprendre pas mal de monde. Il y a un an, le Mambourg se demandait si l'attaquant colombien Juan Pablo Pino allait devenir sa coqueluche... ou retourner à Monaco.Marc Delire : Le Colombien symbolise le cas du bon transfert raté. On en attendait beaucoup et il y avait de quoi. Le kid de Medellin était précédé d'une flatteuse réputation. Rappelez-vous, l'AS Monaco avait claqué trois millions d'euros pour celui qui avait été l'une des étoiles du championnat d'AmSud des -20 ans. Au final, tout le monde s'accorde à dire que Pino fut un beau flop. De mémoire zébrée, personne n'avait pourtant vu un joueur aussi doué fouler les terrains d'entraînement de Marcinelle. Alors comment comprendre un tel échec ? Âgé tout juste de 20 ans, le jeune gars quitte la Colombie, sa criminalité et sa pauvreté, pour l'eldorado monégasque. Le choc est brutal et sportivement, ça coince sur le Rocher. Mogi flaire le bon coup et le loue pour six mois. Tout le monde pense alors que débarque la future attraction de notre Jupiler League. A l'analyse, il n'en est rien. Pino n'était tout simplement pas bien dans sa tête. Cette impression m'avait d'ailleurs été confirmée par des proches du club. Sa blessure encourue très tôt ne l'a évidemment pas aidé, même si le mal était d'après moi plus profond. Il vivait une dépression footballistique due à trop de bouleversements en un petit laps de temps. Passer de la Principauté de Monaco à Charleroi, ça rappelle le scénario de Bienvenue chez les Ch'tis. Pour un étranger, ça ne doit pas être évident de quitter la luminosité et le luxe du Rocher pour débarquer dans la grisaille hivernale carolo. D'autant que, ne connaissant pas la langue, je le vois difficilement s'imprégner de la convivialité des gens de la région. Aujourd'hui, Pino s'est relancé et brille sur les pelouses de L1. Dans le même magazine, la venue du Colombien coïncidait avec les débuts d'Enzo Scifo comme coach à Mouscron. Seulement l'attente était différente. Beaucoup espéraient qu'il se plante et le un point sur 18 de ses débuts n'a fait qu'attiser les railleries. Dans la tourmente, la direction de l'Excel a su être patiente, le laisser s'installer, lui faire confiance. Bien lui en a pris puisque, aujourd'hui, son costume lui va à merveille. Sa vision lucide des faits de match rappelle quand il était joueur. La grande classe tout simplement. Benjamin Nicaise tombait le masque avant le carnaval 2008 : " J'ai honte ! " Le roquet français traverse une saison pourrie, mais relativise les rumeurs : " Les Français ont mis le bordel dans le vestiaire ? Les Belges n'auraient pas pu le faire : il n'y en a que trois... "Marc Delire : On avait du Mathijssen pur jus, voici du 100 % Nicaise. Un gars intelligent, excessivement bouillant par moments et qui n'hésite pas à dire sa façon de penser. Sportivement, c'est clair, ce n'est pas Fellaini. Mais qui est Fellaini en Belgique ? Le Français n'a pas beaucoup joué, est passé à côté de son match à Braga, mais peut encore rendre de fiers services au Standard. J'en suis convaincu. Nicaise a l'énorme avantage de ne pas douter de ses possibilités. On sent aussi qu'il ne veut plus rien lâcher. Il sait qu'il est passé tout près de l'anonymat footballistique parce qu'en France sa réputation avait du plomb dans l'aile. Mons l'a relancé, le Standard l'a amené à jouer des rencontres du top. Il a également très vite compris que le désordre montois avait fait place au sérieux liégeois : après l'école buissonnière, il a intégré un collège jésuite réputé. Un cas Jova-Mbokani aurait eu d'autres retombées, bien plus carnavalesques, du côté de l'Albert. On voit en tout cas que ce caractère, dit difficile, ne fait plus de vague. Au même titre que son pote Dalmat, qui est pour moi le transfert du mercato d'été, alors que lui aussi était grillé en France. A la fin de l'hiver 2008, le génial Roumain Alin Stoica va, une énième fois, tenter de relancer sa carrière. Sous la houlette d'Enzo Scifo et avec l'Euro 2008 en point de mire, s'il vous plaît....Marc Delire : J'ai été un des derniers à le défendre. Pour moi, si tu aimes le foot, tu aimes Stoica. Celui d'Anderlecht et de ses débuts à Bruges et à Gand était tout bonnement phénoménal. Mais à force de rejeter la faute sur les autres, il s'est tué sportivement. Et je suis sûr qu'aujourd'hui, il est encore convaincu d'être l'incompris numéro 1. D'ailleurs, où est-il à l'heure actuelle ? En Roumanie ? Je le vois bien terminer sa carrière dans une sombre Ligue de Transylvanie, bedonnant et narguant les autres avec des t'as vu ce que je sais faire avec un ballon. Seuls les dons de coach de Leekens l'avaient séduit. L'autre ex-Mozart du Parc Astrid, Walter Baseggio, doit lui aussi faire gaffe. Sa chute n'est pas aussi sérieuse que celle du Roumain mais il y a quand même danger. Quand il est arrivé à Mouscron en même temps que Stoica, j'avais un bon pressentiment pour Walt. Il débarquait dans un chouette club, avec une belle pelouse et Scifo pour le guider. A l'analyse, on ne peut parler de fiasco mais j'en attendais plus. On voit qu'il peine physiquement et qu'il est toujours très loin d'être filiforme. Reste que son pied gauche me fascine toujours autant. Et j'espère de tout c£ur, car c'est un chouette gars, qu'il ne va pas suivre la même trajectoire que Stoica. par thomas bricmont-dessins de pad'r