Coupe du Monde 2018 : retour vers le futur

Il y a un an, Alain Courtois nous présentait les atouts belges pour la Coupe du Monde 2018 : des nouveaux stades, un pays derrière le foot, l'expérience de l'Euro 2000, une position centrale en Europe, des communications idéales.
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Il y a un an, Alain Courtois nous présentait les atouts belges pour la Coupe du Monde 2018 : des nouveaux stades, un pays derrière le foot, l'expérience de l'Euro 2000, une position centrale en Europe, des communications idéales. Marc Delire : J'ai encore en mémoire les commentaires de confrères durant l'Euro 2000. Ils me disaient adorer l'accueil des Belges mais étaient aussi frappés par la différence de modernité entre nos stades et ceux des Pays-Bas. Et à juste titre. Car passer de l'Arena d'Amsterdam à Sclessin, au Stade Jan Breydel ou au Stade Roi Baudouin, c'était rester dans la même compétition mais changer d'époque. Tout ça pour dire que j'espère que la Belgique ne fera pas les choses à moitié cette fois. Je souhaite qu'on arrive à créer un soutien national et que les pessimistes - empreints de cette " bonne " vieillementalité belge - soient ignorés. On parle de l'individualisme comme de l'un des pires fléaux de notre société... eh bien, qu'on profite du magnifique projet lancé par Alain Courtois pour £uvrer collectivement. Si on me le demande, je suis prêt à apporter ma pierre à l'édifice, cela va de soi... N'oublions pas qu'une Coupe du Monde rapporterait de l'argent à la Belgique et non l'inverse, comme certains grincheux le prédisent. Il suffit de voir l'Euro 2004 pour s'en convaincre. Cette compétition avait permis au Portugal, dont la population est comparable à la nôtre, de dégager des fonds. Et par la même occasion, de dynamiser la Superliga grâce à des stades flambant neufs. Le défi est fabuleux. Qu'on y mette donc tous nos atouts, et on en a. Allons-y avec une mentalité de gagnant. On possède un formidable ambassadeur avec Alain Courtois et son bâton de pèlerin. Il suffit de l'entendre clamer son envie de Coupe du Monde 2018. Comme un juke-box : une pièce et il est parti. Et j'ai le sentiment qu'on le prend de plus en plus au sérieux. Tant mieux. Au coude à coude avec Bruges, Mohamed Sarr taclait le Club il y a 52 semaines. Morceaux choisis : " A quoi joue le Club ? ", " Bruges a de la chance mais ne joue pas au football ", " Quand le Club Bruges est venu chez nous en début de saison, il a fait dans son pantalon. "Marc Delire : Ce type de déclaration ne me dérange nullement. Avant Bruges-Standard, les deux camps n'ont pas hésité à s'allumer avec comme têtes d'affiche l'inévitable Jacky Mathijssen et Laszlo Bölöni. Et c'est bien normal, ça fait partie du jeu. Les deux coaches l'ont parfaitement compris. Ils se sont serré la main avant le match, se sont engueulés pendant, et se sont félicités après. Quand on relit les déclarations de Sarr ci-dessus, il n'y a rien de très polémique. En Belgique, même si certains esprits bien-pensants appellent à la retenue, ça reste quand même très soft par rapport à l'étranger. Les petites piques ou effets d'annonce des différents acteurs d'un sommet permettent simplement de faire mousser le spectacle. Et Bruges-Standard a tenu toutes ses promesses, verbalement comme sur le terrain. Je suis ressorti du stade souriant. J'avais commenté une rencontre avec un Standard survolté, de l'ambiance dans les tribunes, des protagonistes hauts en couleurs à différents échelons. Des matches de ce type, on en redemande. Et on devient élitiste tant la différence avec d'autres rencontres est criante. Que les clubs du bas de tableau se battent pour ne pas voir notre D1 se restreindre, c'est de bonne guerre. Mais je reste convaincu que le progrès du football belge passe par une multiplication des sommets et par une réduction du nombre de clubs ; comme en Ecosse par exemple. Le foot d'il y a 30 à 35 ans, c'est (malheureusement) fini... Ariel Jacobs reprenait le job de Frankie Vercauteren il y a un an avec un bémol : " Si j'avais su que je devrais reprendre les rênes de la Première après quatre mois, j'aurais réfléchi à deux fois. "Marc Delire : J'avais mes doutes quand Jacobs a pris Anderlecht en main. Aujourd'hui, si on se base sur son bilan chiffré, on ne peut que s'incliner. Un deuxième tour l'an dernier où il saute Bruges dans le duel pour la Ligue des Champions (on sait ce qu'il est advenu...) et une Coupe de Belgique. Et cette saison, il vire en tête pour les fêtes. Du très bon question comptabilité... même si le spectacle n'a que très peu été au rendez-vous. Et ça, Ariel est le premier à s'en rendre compte. Jamais, il ne vous dira que vous n'y connaissez rien si vous pointez l'absence de jeu des Mauves ou d'autres manquements. C'est un véritable gentleman dans un milieu où ceux-ci se font de plus en plus rares. Ce discours du gars qui aurait préféré rester dans l'ombre datant de décembre 2007 lors d'une de ses premières interviews à la tête d'Anderlecht n'est, je crois, plus le même aujourd'hui. Je ne l'imaginerais pas heureux si on venait à le débouter. Il va continuer à traîner l'élimination de Bate Borisov (où il a selon moi voulu aligner trop de nouveaux) comme un boulet toute la saison, mais le groupe s'est rapidement repris en championnat. A l'exception du déplacement à Zulte Waregem, Anderlecht n'est jamais passé au travers. Ce mérite en revient à son coach. D'ailleurs, on le respecte de plus en plus et ses choix sont de moins en moins contestés. La lutte pour le titre se jouera uniquement entre le Standard et Anderlecht. Et ce constat, je le fais depuis un petit temps déjà. Concernant Gand, par contre, je me suis bien loupé dans mes pronos. Je les voyais bien plus haut. Pour les avoir vus régulièrement, il faudrait s'amuser à compter le nombre de points gaspillés. C'est consternant. Avant l'an neuf 2008, fuera !, dehors ! Marc Brys a été évincé de Mouscron. Explications : la pression espagnole et un Dufermont qui souhaite que les joueurs ibères réussissent à Mouscron. La logique économique et sportive prime. Marc Delire : Où sont les Espagnols de Mouscron aujourd'hui ? Partis. On peut comprendre les motivations de l'époque de Philippe Dufermont. Mais il faut bien avouer qu'on ne retiendra pas grand-chose des Berna, Coto et consorts. Au travers des récentes déclarations dans la presse, on sent l'(ex-)président mouscronnois esseulé, désemparé, lâché par les sponsors étiquetés Detremmerie. C'est malheureux mais il aurait dû savoir dans quoi il mettait les pieds. Aujourd'hui, on parle beaucoup des problèmes financiers de l'Excel qui finissent par éclipser le bon départ de la bande à Enzo Scifo. En janvier, on va assurément renflouer les caisses grâce à quelques départs. Volders et Van Gijseghem au Standard ? Ça ne m'étonnerait pas... Mouscron se sauvera mais avec quelle équipe ? Le mercato va encore fausser le championnat. Les riches parviendront à gommer leurs erreurs. Les clubs flamands, du type Dender, recevront l'appui du gros entrepreneur du coin, qui viendra payer le salaire d'un nouvel arrivant. Et un club comme Tubize, qui a fait un admirable premier tour mais qui n'a pas une balle, va se prendre une nouvelle gifle en voyant la concurrence se renforcer. Dans le bas de classement, Mons personnifie ces clubs qui se sauvent à coups de liasses. Dominique Leone doit à chaque fois casser sa tirelire pour garder son club en D1. Et j'imagine que cette année, ça sera à nouveau le cas. Rappelons-nous Mouscron qui, l'an dernier, avait ramené quelques grands noms (Baseggio, Stoica, Walasiak, Vandooren, etc.) à l'intersaison. Aves des succès sportifs divers et un poids salarial fortement alourdi. Mouscron et Mons me rappellent en partie le Malines de feu John Cordier. Un club qui s'est effondré quand son boss a mis la clé sous le paillasson. Aujourd'hui, Malines ou Courtrai est l'exemple à suivre sur le plan financier et sportif. Au KV, on ne fait jamais de folie, on n'attire pas de grands noms, mais l'équipe se bat durant 90 minutes et l'ambiance est toujours au rendez-vous. Qu'on se le dise... par thomas bricmont