" Frutos doit imiter Jestrovic "

En novembre 2007, Nicolas Frutos parlait de son nouveau contrat, son influence sur le jeu, ses cartons jaunes et déclarait entre autres : " Mes blessures, c'est la fatalité ! (...) Je n'ai pris aucun carton pour protestation ".
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En novembre 2007, Nicolas Frutos parlait de son nouveau contrat, son influence sur le jeu, ses cartons jaunes et déclarait entre autres : " Mes blessures, c'est la fatalité ! (...) Je n'ai pris aucun carton pour protestation ". Marc Delire : L'attaquant argentin parle beaucoup et fait beaucoup parler de lui. Peut-être trop. Mais il a raison dans 75 % des cas. Dans son duel avec Jeroen Simaeys, lors du dernier Bruges-Anderlecht, il avait même raison à 100 %. Le Brugeois ne pense qu'à détruire son adversaire. Ça passe par des tirages incessants, des petits coups dans le dos de l'arbitre, etc. A chaque fois, on a droit au même scénario. Quand je commente un match de Bruges avec Bertrand Crasson, on se dit toujours -A quand la faute sifflée de Simaeys dans le rectangle ? A chaque match, vous pourriez lui siffler un péno ; pourtant, ça n'arrive jamais. Le Brugeois me fait un peu penser à Olivier Doll. Tous les deux ont cette bonne tête de jeune premier qui leur sied parfaitement dans le rôle de garde-chiourme. Le Liégeois est quand même moins vicieux, plus visible, que le défenseur brugeois. Mais il ne faut pas non plus se leurrer, il y aura toujours des joueurs de ce type. Frutos doit se faire une raison. On peut comprendre son désarroi face aux Blauw en Zwart, mais il faudrait qu'à l'avenir il devienne moins naïf. Au lieu de venir pleurer près de l'arbitre, c'est à lui de rendre les coups qu'il reçoit. C'est triste à dire, mais face à des joueurs du type Simaeys, c'est l'unique moyen de se faire respecter. Le meilleur exemple : Nenad Jestrovic. L'ex-attaquant anderlechtois était passé maître dans l'art de pourrir la vie de son opposant. Il ne faudrait pas s'étonner que Simaeys subisse un jour le même sort malheureux qu'un Kris Porte. Le coup de poing asséné par Gilles De Bilde, que beaucoup de monde a encore en tête, a marqué les esprits par sa conséquence spectaculaire, par la dose d'hémoglobine que le téléspectateur s'est vu infliger. Et pourtant, on passe à côté d'un cas similaire à chaque match. Combien de fois n'assiste-t-on pas à un duel aérien où le coude vient se loger sur la tempe ou la pommette à la suite d'une tension excessive entre deux joueurs ? Avec des défenseurs comme Mohamed Sarr ou Oguchi Onyewu, c'est moins marquant. Ces gars sont durs, même très durs, mais bien moins vicelards. Je me répète, au risque de choquer, mais si Simaeys venait à connaître la même mésaventure que Porte, il l'aura cherché... Il y a un an, un article sur Michel Preud'homme titrait " Ne me quitte pas ". Une semaine avant l'important voyage à Anderlecht avec le Standard, Michel Preud'homme évoquait la rumeur qui l'avait déjà transformé en futur directeur technique et coach des Diables Rouges. Marc Delire : Je suis convaincu que Michel Preud'homme prendra un jour la tête de notre équipe nationale. Et il aurait pu déjà y être. Grâce à nos Olympiens et aux résultats du Standard sur la scène européenne, René Vandereycken a pu sauver sa peau. Si Jean-François de Sart et sa bande avaient été éliminés au premier tour des JO, René n'aurait, je pense, pas surfé sur la vague de la jeunesse. On en vient même à sélectionner, sur base du talent pur, un gars comme Eden Hazard qui n'a quasi aucune expérience du haut niveau. Tant mieux. Il n'y a pas si longtemps, on nous aurait répété qu'il fallait des gars expérimentés du type Bart Goor ou Carl Hoefkens... Pour en revenir à Preud'homme, je m'interroge sur les suites de son travail à Gand. Il a échelonné son programme sur trois ans, mais à voir les résultats du club actuellement, je ne suis pas sûr qu'il tienne le coup. Preud'homme garde toutefois ce feeling, cette maîtrise des évènements qui lui permettent d'effectuer les bons changements aux bons moments. Sa défense reste son gros point faible : Marko Suler, dont on vantait les mérites l'an dernier, a coûté son lot de points. L'ex-Montois Duarte ne répond pas à l'attente. Et à gauche, on se tâte toujours entre Massimo Moia et Kenny Thompson. Plus haut dans le jeu, par contre, l'effectif est de taille. A placer juste derrière Anderlecht et le Standard qui sont hors catégorie en Belgique. La troisième place devrait se jouer, sur papier du moins, entre Bruges et Gand, qui disposent de noyaux au potentiel assez similaire. Des deux côtés, vous n'avez qu'un seul joueur capable de faire la différence : Bryan Ruiz à Gand et Nabil Dirar à Bruges. Preud'homme peut compter sur deux milieux de terrain modernes, costauds et efficaces avec Milos Maric et Bernd Thijs. En Belgique, on fait difficilement mieux. Je vois Genk légèrement décrocher dans la lutte pour la troisième place. Le groupe a été chamboulé et manque d'expérience pour être régulier tout au long d'un championnat. Pour Oguchi Onyewu, c'était " Le déclin américain " en novembre 2007. Le grand arrière central des Rouches donnait l'impression de ne plus progresser. Marc Delire : Onyewu est aujourd'hui incontestable. J'ai l'impression que son passage à Newcastle de janvier 2007 à juin 2007 l'a finalement servi. En Angleterre, il a touché le fond et son envie de remettre les choses au point à son retour n'en était que plus grande. Actuellement, il donne l'impression d'être plus sûr de lui : il ne perd plus de ballon, il occupe mieux le terrain, vit mieux les matches et ne commet plus de boulettes. Qui pourrait me rappeler la dernière en date ? Même ses relances sont mieux assurées. Il est loin le temps où l'Américain pouvait envoyer ses relances dans la tribune. Il peut aussi compter sur le soutien de Steven Defour ou d'Axel Witsel qui démarrent les offensives parfois de très bas. Il y a peu, on avait tendance au Standard à atteindre le plus rapidement possible les attaquants. Naturellement, le physique extrêmement imposant et unique en Belgique reste sa plus belle arme. Mais Onyewu, c'est bien plus que ça. Je suis persuadé qu'aux entraînements, il est capable de gestes surprenants. C'est le Philipe Albert des années 2000, dont on retenait également le physique imposant, mais dont on oubliait trop souvent la grande maîtrise technique. Sur les premiers mètres, Gooch est encore " prenable ", mais dès qu'il arrive à placer rien que sa fesse devant l'attaquant, c'est terminé. Sa vitesse ne saute pas aux yeux, mais une fois lancé, peu d'attaquants en Belgique sont en mesure de lui faire la nique. Onyewu s'est dégrossi depuis son arrivée chez nous : tactiquement, techniquement et mentalement. En novembre 2007, on comptait six Zèbres restés après l'été (Laquait, Kere, Camus, Leiva, Oulmers, Orlando). Mais pour combien de temps étaient-ils encore là ?Marc Delire : Mis à part Cristian Leiva, tous les Zèbres ci-dessus sont toujours en place. C'est dire si cette équipe recèle des qualités. Ajoutez-y Geoffrey Mujangi Bia ou Tim Smolders et on se rend compte que peu d'équipes disposent d'un tel potentiel en Belgique. Malheureusement, on ne décèle pas sur la durée de véritable système de jeu. Il n'y a pas de fil conducteur : Charleroi peut être très bon, comme face au Standard ou Bruges, et s'écrouler la semaine qui suit comme cela fut le cas face à Mouscron. Charleroi ne doit pas devenir une équipe de fonctionnaires. Au Cannonier, on a dû attendre la montée au jeu de Fabien Camus pour entamer la révolte. En deuxième mi-temps, tous les ballons sont passés par le Marseillais et le jeu s'est enflammé. L'absence de Camus pendant de longs mois pourrait-elle expliquer les perpétuels soubresauts carolos ? J'aurais tendance à le croire. par thomas bricmont