Vandereycken s'amuse de la Fédé

Qui protège VDE ? Sport/Foot Magazine s'intéressait au vide de vrai pouvoir décisionnel dans la commission technique. Ce manque de poids a profité à Vandereycken qui a pu imposer sa personne, son analyse et ses contrats à la Fédé.
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Qui protège VDE ? Sport/Foot Magazine s'intéressait au vide de vrai pouvoir décisionnel dans la commission technique. Ce manque de poids a profité à Vandereycken qui a pu imposer sa personne, son analyse et ses contrats à la Fédé. Marc Delire : Hein Vanhaezebrouck a durement tacklé la fédération la semaine dernière. Pour que les choses bougent à la Fédération, il faudrait qu'il y ait des morts. Et encore, ce serait le fils ou le petit-fils de qui reprendrait le poste, pouvait-on lire en substance. Les mots sont durs, mais ils reflètent parfaitement ce que les gens pensent des décideurs de notre football. Au fil des ans, on en est arrivé à se désintéresser de la situation tant l'amateurisme est roi. Et pourtant, le rôle des membres de la commission technique est hiérarchiquement important. Vandereycken a naturellement profité de la situation pour les mettre dans sa poche. Il les a impressionnés par son discours, son intelligence. C'était couru d'avance et trop facile pour René vu l'absence de contrepoids. Belgique-Espagne donnerait aujourd'hui raison au maintien de Vandereycken ? L'équipe est en place, il se dessine quelque chose d'ambitieux, c'est évident. Et tant mieux. Je regrette quand même qu'il n'ait pas introduit les jeunes, les Olympiens plus tôt. Pour moi, on a perdu un an. Quitte à être dépassé comme on l'a été ces deux dernières années, pourquoi ne pas avoir aguerri la génération actuelle plus tôt ? FC Grandes Gueules : les fortes têtes font la loi. Sont épinglés dans le dossier : Bailly, Deschacht, Fellaini, Frutos, Jovanovic, Nicaise, Onyewu, Sonck, Stijnen, Sterchele. Marc Delire : Notre foot a besoin de ces fortes personnalités. Les Eric Gerets, Vandereycken, Jan Ceulemans qu'on nous ressasse à chaque fois, finissaient par nous vieillir. Aujourd'hui, heureusement, on sent un revirement. Steven Defour peut énerver certains quand il déclare que son club est au-dessus du lot, qu' on est les plus forts, etc. Mais dans quelle mesure n'a-t-il pas besoin de ce type de déclarations pour se booster ? La génération actuelle est faite de gars décomplexés. Qui d'autre que François Sterchele personnifiait davantage cette mentalité de gagnant, de gars qui n'ont pas froid aux yeux ? Face à l'Espagne, nos Diables ont manqué de respect, au sens positif du terme. Peu importe qui on avait en face, il fallait être à la hauteur. Il n'y a pas si longtemps, on entendait des joueurs heureux de prendre des photos d'Old Trafford et espérer ne pas retourner avec une casquette. Les choses changent et en bien... Prenons Anthony Vanden Borre. Il m'a fait rire face à l'Espagne. Quel bonheur de voir celui que j'appelle Playstation se balader contre les champions d'Europe. Il s'est amusé, comme s'il jouait à la console, et a fait plaisir à tout un stade. C'était frais et beau à voir. OK, il passe parfois à côté de ses matches comme aux JO. Mais le joueur a tellement de talent qu'il faut le moduler et ne surtout pas le jeter. Axel Witsel est dans la même veine. Quand je commente un de ses matches, il m'arrive de dire qu'il a choisi la mauvaise solution et de me raviser la seconde qui suit. Sa créativité, son sens du jeu lui permet souvent de s'en sortir. Je suis d'une grande tolérance avec ce type de joueurs. Ce sont eux qui me font aimer un match. Le foot belge n'a plus besoin de robots. Ces coaches qui manipulent : la com' n'est pas le point fort de tous nos entraîneurs. Marc Delire : Dans ce dossier, le cas de Michel Preud'homme m'avait particulièrement soufflé. J'y apprenais que l'ex-entraîneur du Standard demandait aux journalistes de la presse quotidienne de coucher la veille du match leur onze de base et qu'il rendrait le bulletin par après. Ça démontre très bien de façon dissimulée à quel point ce type de journalisme est soumis à des pressions. Tous les jours, les journalistes doivent écrire sur un club et si jamais un de leurs papiers dérange, ils courent le risque d'être boycottés et donc de ne plus savoir quoi écrire. C'est une spirale dangereuse. Les entraîneurs, joueurs, dirigeants, usent de ce chantage. Depuis l'avènement des magazines de club et aujourd'hui des télés de club, la critique me semble de moins en moins acceptée, d'autant qu'on possède son propre média pour propager " la bonne parole ". Le journalisme d'entreprise, s'il s'installait comme unique modèle, serait une grave dérive pour la profession et néfaste pour les lecteurs, suiveurs, etc. Le cas du boycott de la RTBF par le Standard témoigne en partie de cette dérive. Je peux très bien comprendre que la direction du Standard ait été offusquée par le reportage consacré à Luciano D'Onofrio qui a suivi le titre. La presse n'a pas tous les droits et doit peser intelligemment ses informations. La RTBF l'a-t-elle fait dans ce cas précis, je ne suis pas en mesure de juger. Reste qu'on ne peut quand même pas taxer le service des sports d'être anti-Standard. Entre personnes sensées, il devient urgent de mettre fin à ce différend. C'est devenu une guéguerre de bac à sable. Anderlecht : ce qui ne va plus. Aucune unité, ni sur le terrain, ni en coulisse. Une communication hésitante, un coach qui détruit des espoirs, un encadrement inadéquat, etc.Marc Delire : Les Mauves ont eu un magnifique sursaut d'orgueil face à Malines. Le but de Stanislav Vlcek est tombé à point nommé. Je n'ose pas imaginer la réaction des supporters si l'égalisation avait trainé. La crise d'identité que vit le club reste palpable. Le spectacle est souvent absent et le jeu trop chancelant. La notion de plaisir n'est pas assez présente au stade Constant Vanden Stock. Tu continues à boire ta chope mais tu la vides difficilement... pour résumer le sentiment des supporters qui se rendent au stade, tant on peut deviner que la soirée sera fade. J'espère que le match face à Malines sera synonyme de détonateur. Trop de joueurs ne collent pas à ce que le supporter mauve attend. Je suis convaincu que les fans anderlechtois préféreraient voir leur club perdre 3-4 avec panache, et du jeu, qu'assister à des victoires 1-0 ou 2-1 comme celles face à Charleroi et Mouscron. Traditionnellement, Anderlecht rime avec spectacle, foot champagne. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas. Si l'on fait le bilan chiffré, les dernières années tiennent toujours la route, mais à quand remonte la dernière saison réellement enthousiasmante pour le club ? Je continue à taper sur le même clou, mais le problème se situe en premier lieu derrière. Roland Juhasz et Olivier Deschacht ne forment pas une paire rassurante. Le Hongrois a besoin d'un leader à ses côtés, quelqu'un qui sache relancer. Et Deschacht n'est pas un joueur d'axe. Quant à Marcin Wasilewski, c'est insuffisant. Et dire qu'on tapait sur Anthony Vanden Borre... Les défenseurs doivent être en mesure d'apporter des solutions offensives ; Anthony en était capable. On ne peut pas non plus passer à côté du début de saison catastrophique de Daniel Zitka, lui qui n'était déjà pas étincelant l'an dernier. Plus haut, ce n'est pas le manque de qualité qui me saute aux yeux mais bien l'absence de confiance. Face à Zulte Waregem, je n'ai vu personne réussir un drible ou même en tenter un. C'était du jamais vu. Hernan Losada (réserve face à Zulte) était l'an dernier le roi du petit pont, aujourd'hui il n'en serait plus capable ? Samedi, on avait l'énorme potentiel du joueur. Jan Polak était un des rares en début de saison à oser, à prendre le jeu à son compte. Quant à Bart Goor, dont je respecte la carrière, je ne vois pas son utilité quand on nous parle de modernité et donc de vitesse. Nabil Dirar, Ronald Vargas, à Bruges, Milan Jovanovic, Wilfried Dalmat au Standard ou Alex Da Silva, Elyaniv Barda à Genk, voilà des joueurs capables d'éliminer et d'apporter le danger. Le début de saison difficile inflige aujourd'hui au club un examen de conscience. Espérons qu'il soit bénéfique et que l'on retrouve ce pourquoi les supporters mauves se rendaient fièrement au stade à l'image de samedi soir.par thomas bricmont