Charleroi sans le beurre, mais avec son argent...

Septembre 2007, Joseph Akpala inscrit quatre buts en deux matches. Pour ses deux premières apparitions lors de la saison 2007-2008, c'est banco ! Enfin la grande éclosion pour ce joueur arrivé en 2006 et présenté à l'époque comme un futur crack de notre championnat ?
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Septembre 2007, Joseph Akpala inscrit quatre buts en deux matches. Pour ses deux premières apparitions lors de la saison 2007-2008, c'est banco ! Enfin la grande éclosion pour ce joueur arrivé en 2006 et présenté à l'époque comme un futur crack de notre championnat ?Marc Delire : A travers le transfert de Joseph Akpala vers Bruges, c'est toute la politique du Sporting que j'aimerais mettre en lumière. Voilà à nouveau un joli coup financier. En vendant ses meilleurs éléments chaque saison, la direction ne prend pas le risque de plomber le budget et l'équipe n'est pas défigurée puisque les joueurs ne quittent pas le navire en masse. La base reste et la qualité aussi. Sauf que si vous voulez jouer les premières loges, comme on a pu l'entendre l'an dernier... Cela ne marche pas. Les Zèbres évoluent par petits pas, mais n'arriveront jamais avec cette politique " d'équilibre " à rejoindre les sommets. Mais que vaut-il mieux ? Prendre des risques, gagner un titre et se retrouver en D2 comme le Lierse il y a dix ans ou le Malines de John Cordier. Les Bayat, malgré leurs grandes gueules, sont responsables ! Vous me direz qu'il y a l'exemple de Genk : un club stable, sain, qui possède un beau stade et son contingent important de fidèles. A Charleroi, on pourrait tabler sur ce modèle, mais pour cela il faudrait voir arriver d'autres investisseurs que les Bayat. Car malgré les sarcasmes que subit cette région, l'argent existe bel et bien du côté du Pays de Charleroi. Voir arriver des sponsors solides et forts, ce ne serait pas pour déplaire aux Bayat, que du contraire. Mogi a d'ailleurs répété à qui veut l'entendre qu'il ne se voyait pas retraité dans le Pays Noir... Mathijssen retourne avec Bruges à Charleroi : " Mentalement, je ne suis pas prêt. Ce match vient trop tôt. " Et continue dans la provoc après sa défaite au Standard (2-1) : " A Liège, c'est normal tous les journalistes notent aveuglément tout ce que l'entraîneur du Standard leur raconte " ou " Le Standard a marqué deux fois en ayant une seule occasion. "Marc Delire : Autant il m'avait énervé la saison dernière, autant il semble avoir rangé sa mauvaise foi de côté cette année. A Malines, par exemple, il n'a pas hésité à dire clairement que son équipe était passée à côté de son sujet. Chose difficilement envisageable par le passé. Jacky, je dois aussi avouer que je l'aime bien. Même sous ses aspects irascibles. C'est une véritable bombe à retardement qui, pour les journalistes, n'est pas toujours simple à maîtriser. Ses interviews à chaud sont, c'est vrai, souvent épiques mais il faut les prendre comme un challenge. Laszlo Bölöni est un peu dans la même veine. On a toujours l'impression qu'il va s'enfuir lors des interviews. Et mieux vaut éviter les questions du genre -Qu'est-ce que vous avez pensé de votre équipe ? ou après une défaite :- Déçu ? Ce type d'entraîneurs comme Michel Preud'homme ou même Ariel Jacobs (quoique ce dernier est " trop bien éduqué " pour remettre son interlocuteur à sa place), tire la presse sportive vers le haut. Ou, du moins, l'oblige à cesser d'être plate et vide de sens. C'est vrai aussi qu'ils ont souvent un regard dédaigneux et qu'on a le sentiment qu'ils nous prennent pour des ploucs. Mais n'est-ce pas à nous de gagner leur respect, par une intéressante analyse de match ou en étant originaux dans notre intervention ? Si Mathijssen ou Bölöni permettent indirectement de remettre la presse sportive en question, tant mieux. Les interviews ne sont intéressantes que quand un vrai débat s'installe, quand on range de côté le rôle de simple messager. Beaucoup critiquent, à juste titre, le niveau du football belge, mais ne doit-on pas se pencher également sur le niveau de notre presse ? Après Kazakhstan-Belgique, Sport/Foot Magazine titre " Cherche coach M/F ". La fédération a un nouveau directeur commercial, mais toujours pas d'entraîneur national valable...Marc Delire : À l'image de Mathijssen, René Vandereycken me donne l'impression d'avoir à son tour changé en bien. Qu'il soit toujours aussi froid et distant avec la presse, à la limite, je m'en fous. Ça peut paraître égoïste, mais quand je regarde les Diables aujourd'hui, je suis supporter et m'attache uniquement aux résultats. Et qu'il aligne d'excellents joueurs à leur mauvaise place, ça vaut mieux que l'inverse. On a beaucoup critiqué le fait que Vincent Kompany ait dû occuper le poste de back droit face à l'Estonie, pour ma part, ça ne m'a pas choqué. Un Kompany qui peut de derrière apporter offensivement face à une formation repliée, pourquoi pas ? Mise à part la question du flanc droit, je crois que René a trouvé son équipe. Malheureusement pour Daniel Van Buyten... Les deux du milieu de terrain, Jan Verthongen-Marouane Fellaini, ont convaincu tout le monde. À gauche, Axel Witsel est indéboulonnable, même si Bölöni prouve au fil des matches que sa meilleure place est dans l'axe. Et le bloc défensif, qui a joué face à la Turquie, tient véritablement la route. Reste donc le cas Steven Defour. René doit composer avec le statut du capitaine du Standard. Dernier Soulier d'Or en date, il est donc, si on en croit le référendum, le meilleur joueur belge. S'en priver, est-ce un crime de lèse-majesté ? Sport/Foot Magazine pose et analyse les pour et contre de Mbark Boussoufa. Au rayon pour, on retrouve : l'artiste, le talent, sa polyvalence, la confiance en lui, sa condition physique, sa disponibilité tactique. Aspects plus négatifs : son côté comédien, son rendement au haut niveau insuffisant, son prix d'achat (3,5 millions d'euros) trop important, son absence d'autocritique. Marc Delire : Mbark Boussoufa me donne de plus en plus l'impression d'être orphelin d'Ahmed Hassan. Et faut bien avouer qu'il ne semble pas en mesure d'assumer le poids de cet héritage. Quant à Hernan Losada, il n'en porte pour le moment pas le moindre gramme alors qu'il est censé être celui qui se rapproche le plus de l'Égyptien. Jacobs m'a pourtant confirmé que l'ex-joueur du Beerschot, avec qui il est en perpétuelle discussion, n'arrêtait pas de se repasser ses (non) matches et par conséquent de s'infliger une pression folle. Pour en revenir au Marocain, je crois qu'il est incapable de remettre sur les rails un groupe en plein doute. Quand tout va bien, il est sublime et son rendement est impressionnant. Mais quand ça coince, comme actuellement, il sombre avec le reste. Polak est, d'après moi, le seul à pouvoir endosser ce rôle de leader, de tribun. Au top de sa forme, le Tchèque est largement au-dessus du lot en Belgique : il sait véritablement tout faire. Mais pour qu'on s'en aperçoive, il ne doit pas évoluer trop bas. Quand on le place médian défensif, et dans le championnat de Belgique de surcroît, il joue trop facile et son rendement en pâtit. Il a besoin d'un champ d'action important pour s'exprimer. C'est tout sauf un fainéant, il aime aller au combat, être dans le rectangle, frapper de loin, etc. Il est pour moi le seul capable de prendre un match à son compte, comme Hassan pouvait le faire épisodiquement. J'ai regardé dernièrement la rencontre amicale Angleterre-Tchéquie (2-2). Polak était brillant ce jour-là. Il avait plané sur le milieu de terrain anglais. La presse britannique ne s'était pas trompée et l'avait élu dans plusieurs canards homme du match. Ça veut quand même dire quelque chose, non ?l par thomas bricmont