Théréau : débarqué pour être enterré

Cyril Théréau débarque à Anderlecht. Raymond Mommens, Werner Deraeve, Tudorel Stoica et Mircea Petescu jugent le nouvel attaquant mauve. On peut lire notamment " Il tient un peu de Mémé Tchité par sa puissance et son sens du but aiguisé " (Deraeve) ou " Le Français n'est pas un réalisateur pur-sang. Sans quoi, il est fort probable que l'élite française l'aurait repéré ". (Mathijssen)
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Cyril Théréau débarque à Anderlecht. Raymond Mommens, Werner Deraeve, Tudorel Stoica et Mircea Petescu jugent le nouvel attaquant mauve. On peut lire notamment " Il tient un peu de Mémé Tchité par sa puissance et son sens du but aiguisé " (Deraeve) ou " Le Français n'est pas un réalisateur pur-sang. Sans quoi, il est fort probable que l'élite française l'aurait repéré ". (Mathijssen) Marc Delire : Dans le cadre du transfert de Théréau, je me demande dans quelle mesure ce n'est pas l'arrangement financier qui a primé. A peine quinze jours après son arrivée à Anderlecht, il me confiait déjà son désarroi. On lui demandait d'être un mélange de Nicolas Frutos et de Tchité alors qu'il m'affirmait clairement qu'il n'en était pas capable. On voulait qu'il évolue contre-nature. Frankie Vercauteren lui a très vite fait comprendre que son avenir était bouché. En matière de gestion psychologique, on a connu mieux... Et pour revenir à ce transfert de 2,5 millions d'euros (!), j'imagine que celui-ci a dû faire plaisir au portefeuille de x ou de y. Le foot pro brasse beaucoup d'argent, il n'est pas toujours très net, c'est la règle. Mais alors, il ne faut pas venir se plaindre par après. Théréau a été un flop complet. Il n'était pas armé pour évoluer chez les Mauves et devait en plus faire face à un climat particulier. Reste que ce joueur est un bon élément. Je suis convaincu qu'il va réaliser une grosse saison avec Charleroi. François Sterchele signe à Bruges. C'est la fin du feuilleton de l'été. " A Anderlecht, j'aurais été mis à contribution sur les flancs... " ou " J'ai des offres supérieures chaque année, je n'y peux rien ". Marc Delire : J'avais vu François avant Charleroi-Bruges et il m'avait parlé des circonstances de son transfert à Bruges. Contrairement à Théréau, il avait parfaitement compris qu'à Anderlecht, on ne lui faisait pas pleinement confiance. On a eu beau le faire passer pour un zozo qui snobait le grand Anderlecht et pour un sorteur invétéré, moi je constate qu'il menait parfaitement sa barque. Chaque année, sa carrière gravissait un échelon. Il savait parfaitement gérer les événements sportifs. Une semaine après la Coppa Sterchele, je tenais aussi à féliciter la mère de François, qui a remis certaines contrevérités à leur place. J'ai entendu tellement de méchancetés après sa mort. Faire le deuil de son fils dans un tel climat a dû être particulièrement douloureux. C'est vrai qu'il aimait boire un verre, profiter des joies de la vie. C'était un épicurien, il ne s'en est jamais caché. François était un effronté, sur le terrain comme en dehors. C'était un personnage, un bon client télé. Mais aussi quelqu'un qui traduisait ses déclarations en actes. Je le trouvais très équilibré finalement. Il n'était pas imprégné de la mentalité belge. Quand il a signé à Bruges, il déclarait tout de go qu'il y allait pour réussir, pour gagner le titre. Certains prenaient ce type de déclarations pour des galéjades, je crois surtout qu'il était ambitieux. C'est bien d'avoir du respect, mais trop de déférence vous fragilise. Quand je vois l'équipe Espoirs, j'ai l'impression qu'ils sont dans la lignée de François sur ce point, vous aurez du mal à les impressionner. Milan Jovanovic parlait déjà de départ. Sport/Foot Magazine expliquait " pourquoi l'avant serbe pèse désormais entre trois et quatre millions d'euros sur le marché des transferts ". Marc Delire : J'ai trouvé le message de Jova relaté dans l'interview de Sport/Foot Magazine parfaitement cohérent. On est en présence d'un joueur qui a fait la différence dans bon nombre de matches, qui pourrait même la faire en Ligue des Champions, mais qui ne reçoit pas une totale confiance en retour. C'est clair que le Standard ne donne pas l'impression de vouloir le garder à tout prix. Pourtant, son maintien passera inévitablement par une augmentation de salaire. Quand Mbark Boussoufa a feint de vouloir partir, Anderlecht a fait un effort financier considérable en lui proposant le pactole pour les normes belges. Il est normal que Jova, de la même trempe que le petit Marocain, réclame sont dû lui aussi. Mais je comprends aussi que c'est une décision difficile. Et je crois surtout que Luciano D'Onofrio connaît parfaitement ses dossiers. Tout réside dans la marge que le Serbe peut apporter dans sa vente ou avec son apport dans une éventuelle qualification. C'est du Monopoly. Jova défend ses intérêts et je comprendrais parfaitement qu'il s'en aille faute d'augmentation considérable. Habitué des déclarations chocs, on dit de lui qu'il a une grande gueule. C'est vrai, mais qui parmi les grands joueurs n'en a pas ? Zidane peut-être, mais lui, c'était les coups de boule ( il rit). D'un autre côté, je ne donne pas tort non plus au Standard de vouloir le vendre, mais il sera évidemment très difficile de trouver un remplaçant de ce gabarit. Et Jova va-t-il nettement progresser dans un club comme le PSV ? A Porto ou Marseille peut-être, mais aura-t-il sa place dans la formation d'Eric Gerets ? Pas sûr. Il faut qu'il pèse le pour et le contre. L'expérience d'Oguchi Onyewu en Angleterre démontre qu'il ne faut pas taper trop haut. C'est bien beau de prendre plusieurs ballons de la tête, sauf qu'en PremierLeague, on demande aussi aux défenseurs de savoir relancer. Dans ses premières déclarations, Laszlo Bölöni a insisté sur ce point. " Je veux des relances propres ", a-t-il martelé. Onyewu en est capable mais montre encore trop de déchets à ce niveau. D'ailleurs, qui en Belgique peut se targuer de distiller de l'arrière des passes à 30-40 mètres ? Je vois Joao Carlos dans notre championnat, pour le reste... A Anderlecht, c'est le néant, en attendant de voir le nouvel Hollandais, Arnold Kruiswijk. A Bruges c'est la cata avec le duo Clément-Simaeys... Et pourtant la différence avec le top européen, ou du moins le subtop, est en grande partie due à cette faculté de reconversion offensive. En ratant les passes faciles, les contrôles, comment voulez-vous jouer vite, être à niveau ? Cependant deux matches me font dire qu'on n'est pas si petit que ça. Zenit Saint-Pétersbourg-Standard et Fenerbahçe-Anderlecht. Deux défaites, mais deux rencontres où nos clubs faisaient jeu égal. Maintenant, il faut réitérer ce type de match plusieurs fois sur une saison. D'après moi, la date capitale pour le football belge coïncide avec la venue de l'Espagne en match éliminatoire de la Coupe du Monde 2010, le 15 octobre. Si on venait à réaliser un résultat, je suis convaincu qu'on relancerait une mécanique aujourd'hui bien rouillée... par thomas bricmont