Où sont les petits Leone ?

Mai 2007, fait rare, Dominique Leone accordait à Sport/Foot Magazine une interview. Le président montois répondait à certaines critiques (infrastructure, formation, etc.) sans détours : " Tant que ce stade ne sera pas terminé, nous serons en difficulté " ou " Nous sommes en D1 ! Regardez La Gantoise, Anderlecht, Charleroi : combien de Belges dans ces équipes là ".
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Mai 2007, fait rare, Dominique Leone accordait à Sport/Foot Magazine une interview. Le président montois répondait à certaines critiques (infrastructure, formation, etc.) sans détours : " Tant que ce stade ne sera pas terminé, nous serons en difficulté " ou " Nous sommes en D1 ! Regardez La Gantoise, Anderlecht, Charleroi : combien de Belges dans ces équipes là ".Marc Delire : " J'aime beaucoup Monsieur Leone. C'est quelqu'un de sérieux, d'honnête, c'est vrai parfois naïf, ce qui fait en fin de compte partie de son charme. Il a fait de Mons un club sain, sympathique, mais qui a le gros défaut de n'avoir en équipe première qu'Alessandro Cordaro comme élément du cru. C'est paradoxal pour quelqu'un de tellement attaché à ses racines et qui, au fil du temps, est en train de les perdre. Mons a été ma grande déception de la saison : le mercato a permis de rectifier le tir mais c'est quand même passé tout près. Quitte à se planter, j'aurais préféré voir des jeunes, ce qui est loin d'être le cas actuellement. C'est vrai que l'an dernier, on a stigmatisé côté Montois le vol des trois jeunes (Porco, Ulens et Dutrieux) partis à Charleroi. Au-delà de la situation ridicule entre ces deux clubs distants de 30 bornes, j'aimerais qu'on soit moins frileux avec nos jeunes en Belgique. Me dire qu'ailleurs ce n'est pas beaucoup mieux ne me convainc pas. Etre un mouton de Panurge, ça ne vous grandit pas ". " L'enjeu a tué le jeu " Sport/Foot Magazine détaillait les raisons qui expliquaient pourquoi les Mauves étaient devenus si ennuyeux à regarder : les joueurs de la saison sont défensifs (Daniel Zitka, Olivier Deschacht), un nombre anémique de buts, la meilleure défense de l'élite, seul Nicolas Frutos ne défend pas, etc.Marc Delire : A la différence d'une équipe comme Bruges, plus travailleuse et moins exigeante dans le jeu, Anderlecht devrait toujours avoir comme objectif premier de marquer un but de plus que son adversaire. Sans vouloir minimiser le boulot extraordinaire réalisé par Ariel Jacobs, combien de fois avons-nous pu assister cette saison, que ce soit au Parc ou en déplacement, à un spectacle digne de ce nom ? Au risque de me répéter, la faiblesse, criante par moments, de l'axe défensif n'est pas étrangère à tout cela. Comment voulez-vous attaquer librement si vous ne vous sentez pas totalement rassuré par votre arrière garde ? Au Standard, c'était le cas : avec le duo Mohamed Sarr-Oguchi Onyewu, les éléments plus offensifs pouvaient y aller sans sourciller. On parle évidemment beaucoup des transferts à l'heure actuelle. D'après moi, les Mauves comptent en leur sein deux joyaux. Au niveau offensif, Sacha Yakovenko, qui est l'un des meilleurs dribbleurs en Belgique et qui dispose d'une frappe sèche que l'on a pu notamment apprécier au Bayern. Au demi défensif, j'aimerais revoir Cheik Tioté sur nos terrains. J'ai encore en mémoire sa prestation brillante réalisée au Real en match amical l'an dernier, et sa saison à Roda n'a fait que confirmer ses énormes qualités. Toutes proportions gardées, il me fait penser à Claude Makelele : petit, râblé, très vif et qui récupère pour donner rapidement vers l'avant. Lucas Biglia ne dispose pas de cette profondeur. Si j'étais à la place de la direction, je vendrais l'Argentin. Et pourtant, je l'aime bien : sa technique, son sens de l'anticipation, et sa façon d'aérer le jeu manqueraient à notre compétition. " Je suis un aventurier honnête ". C'était le titre d'une longue interview de Luciano D'Onofrio en mai dernier. Moments forts : " On me critique souvent parce que le noyau du Standard est un chantier permanent. Mais ce n'est pas moi qui crée une situation pareille, ce sont les joueurs " ou " Le plus beau compliment que l'on puisse me faire est que le Standard est bien géré. Quand je pense où le club était il y a dix ans... "Marc Delire : Cela va peut-être choquer certaines personnes, mais je n'ai pas de problème avec Luciano. Bien sûr, il y a les soucis judiciaires, mais qui parmi les grands dirigeants européens est blanc comme neige ? Faut pas se leurrer : l'argent noir est partout. Quel lecteur peut me dire qu'il n'en a jamais fait ? Là, l'échelle est importante, je sais. Mais si l'on veut avoir une grande équipe, avoir son mot à dire sur la scène européenne, on ne peut pas en football être plus catholique que le pape. Une ablette ne peut survivre dans un monde de requins. Oui, les sommes sont considérables, oui de l'argent passe dans le football sous la table. Et on a tendance à caricaturer ceux qui en profitent. Ils sont bien plus nombreux : je parle des dirigeants, managers, entraîneurs et joueurs. Je peux dès lors comprendre la parano ambiante du côté de Sclessin. Pas au niveau sportif, mais au niveau judiciaire. Concernant les histoires de malversations de transferts, les persécutions, ils sont souvent les seuls à être visés. Au-delà de son image sulfureuse, D'Onofrio restera celui qui a ramené le titre à Sclessin, qui y a amené Zinédine Zidane. Son nom est connu en Europe, fait office d'autorité. Je m'en fous pas mal qu'il se mette de l'argent dans les poches. Dans ce milieu, il n'y a pas de place pour les philanthropes. Dans le même ordre d'idées - je parle d'un point de vue managerial -Mogi Bayat et Johan Vermeersch me font penser à Luciano, même s'ils ne jouent pas dans la même catégorie. Ils aiment être les seuls boss à bord. Mogi grandit en ne répétant pas les erreurs du passé, contrairement à Vermeersch qui s'est entêté à foncer dans le mur. Pensant qu'il se briserait un jour. On sait ce qu'il est advenu... " Quel cirque ! " " Discréditer puis virer Mathijssen : ils ont osé ! " Le public du stade du Pays de Charleroi râle de l'éviction de Jacky Mathijssen en mai 2007. Abbas Bayat monte sur le terrain et se fait huer par le kop carolo...Marc Delire : J'ai une image, ou plutôt une conversation, qui m'a trottée en tête tout au long de la saison. Lors de l'habituelle présentation du noyau en été, Abbas m'avait dit - Mathijssen n'est pas un entraîneur qui peut jouer le titre, il ne sait pas gérer son stress. Et ce n''est pas loin d'être vrai. J'ai trouvé très étonnant le comportement du coach brugeois. Quand ça allait mal comme au début ou sur la fin, je l'ai trouvé très serein, plutôt calme. A partir du moment où Bruges s'est mis à enchaîner les succès, son visage a changé, s'est durci. Et ses interviews notamment ont donné lieu à des scènes plutôt épiques. Et pourtant, si vous le rencontrez en semaine, c'est une personne des plus charmantes. Je crois, comme on l'a souvent répété, qu'il veut protéger son noyau à l'excès. Abbas Bayat avait raison pour cette saison, mais je crois que sur la durée, Jacky peut parfaitement mener une équipe au titre. Il a les qualités pour. Il suffit de voir ce qu'il a réalisé avec un gars comme Jonathan Blondel, qui symbolise l'archétype de la saison brugeoise : brillant par moments mais qui à l'inverse pouvait aussi péter les plombs. Malheureusement pour Jacky, ils étaient trop peu nombreux dans son noyau à émerger au niveau de l'ex-Mouscronnois.lpar thomas bricmont-dessins de pad'r