Philips se fait hara-kiri pour la bonne cause

Il y a un an, l'ex-président de la Ligue Pro, Jean-Marie Philips, prenait ses fonctions de secrétaire général de l'Union Belge, avant de voir son titre modifié et devenir Chief Executive Officer. Sous le titre La Rupture, il énumérait pour nous ses objectifs : " secouer l'administration, affûter le juridique, plaire aux sponsors, repenser le sportif (je n'aimerais pas qu'on prive certains Espoirs des JO au profit de pseudo-vedettes...), démolir le Stade Roi Baudouin, etc. " Un an après, et si l'on se base sur l'interview provoc qu'il nous a accordée tout récemment, rien ne bouge.
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Il y a un an, l'ex-président de la Ligue Pro, Jean-Marie Philips, prenait ses fonctions de secrétaire général de l'Union Belge, avant de voir son titre modifié et devenir Chief Executive Officer. Sous le titre La Rupture, il énumérait pour nous ses objectifs : " secouer l'administration, affûter le juridique, plaire aux sponsors, repenser le sportif (je n'aimerais pas qu'on prive certains Espoirs des JO au profit de pseudo-vedettes...), démolir le Stade Roi Baudouin, etc. " Un an après, et si l'on se base sur l'interview provoc qu'il nous a accordée tout récemment, rien ne bouge. Marc Delire : Je ne comprends pas qu'on puisse ne pas être d'accord avec ce que Philips a balancé dans Sport/Foot Magazine il y a deux semaines. Je préfère voir quelqu'un qui se fait hara-kiri mais qui met le doigt sur une situation qui devient malsaine. La mise en scène qui a entouré l'interview où l'on voit Philips avec une batte de baseball a peut-être dérangé certains eu égard à sa fonction. De mon côté, j'estime que l'interview a eu le mérite de donner un grand coup dans la fourmilière. Maintenant, j'espère que cela aura servi à quelque chose car ce que l'on vit actuellement à la Fédération est terrifiant. Comment le Président François De Keersmaecker ne se rend-il pas compte qu'il n'est pas fait pour la fonction ? C'est certainement quelqu'un de très compétent, mais pas pour le poste de président d'une fédération de football. D'ailleurs, quand il vous parle de foot, vous ne l'écoutez même pas tant vous percevez directement qu'il n'y connaît rien. J'aurai voulu un président comme Roger Vanden Stock, quelqu'un du sérail, quelqu'un qui a un avis écoutable. C'est évident qu'on a loupé le coche avec le duo Preud'homme-Vanden Stock. Quand j'ai débuté dans le journalisme, il y a bientôt 20 ans, j'entendais déjà que le comité exécutif ne servait à rien. Leurs membres ne se battaient que pour gagner la cravate du plus méritant. Le hic par rapport à aujourd'hui, c'est qu'avant, les résultats suivaient. Avec Michel D'Hooghe, on avait un homme fort. On s'en foutait de ce qui se tramait derrière. Aujourd'hui, la révolution passe par un comité exécutif crédible, et non pas composé de représentants des Provinces, des types totalement en dehors des réalités. Il faut aller chercher des gars du foot comme le président de Westerlo Herman Wijnants, qui possède véritablement une vue d'ensemble, des projets ; et même un type comme Dominique Léone pour diffuser la voix des clubs du milieu de tableau. Notre foot doit passer par une révolution de palais. Quand on a la chance de partir faire des reportages à l'étranger, on est sidéré au retour, de voir combien notre foot manque de rigueur : c'est le règne du laisser-aller. Tout est à l'avenant. Regardez le temps qu'il a fallu pour que sorte de terre le centre de Tubize. En peu de temps, on est descendu d'une vingtaine de crans sur l'échelle du ridicule. Il faudrait y mettre fin... Jan Mulder analysait pour nous le choc Anderlecht-Standard (1-0, but de Mémé Tchité) avec comme titre : Quel Navet ! : L'ancien attaquant du Sporting tirait sur tout ce qui bouge : " Je comprends pourquoi Anderlecht ne fait pas le poids en LC, Defour ? Rendez-moi Van Moer, Olivier Deschacht ? Il est capitaine ça veut tout dire... ou On voit que le Standard est coaché par un gardien : tous derrière et un pauvre type devant... "Marc Delire : Mulder a au moins le mérite de dire les choses. Dans un style qui lui est propre, certes, mais qui ne passe pas inaperçu. Je suis le premier à souligner ses excès : Deschacht ne sera jamais un joueur de classe, mais il a fait d'énormes progrès les dernières années, Defour ? Combien de matches en D1 avait-il l'an dernier, et Preud'homme est tout sauf un entraîneur défensif. Reste qu'on doit l'écouter. Si Mulder n'aime pas mes commentaires, ça se traduira sûrement par : - Delire fait des commentaires de merde. Je ne serais pas heureux de l'entendre, mais il faut pouvoir l'accepter. Même cas de figure, quand, dans mon billet paru dans Ciné Télé Revue, je stigmatise les excès de Preud'homme dans les matches face à Mouscron et Lokeren. Je relate ce que je vois, je fais mon simple travail de journaliste. Je suis le premier à critiquer les éditos d'une certaine presse, quand celle-ci avance des infos dénuées de sens ou de mauvais goût, mais quand l'info est avérée, que les images sont là, il faut pouvoir l'accepter. Le Standard est champion, c'est fantastique pour tous leurs supporters, mais les journalistes ne s'adressent pas qu'à eux. Et je reste persuadé que parmi ceux-ci, beaucoup pensent que l'on doit être critique quand leurs favoris - que ce soient direction, joueurs ou coaches - dépassent les bornes. Reste que ce que j'ai vécu il y a dix jours, est la plus belle fête sportive de ma carrière. Et j'ai d'ailleurs tenu à féliciter la direction du Standard de Liège pour l'organisation qui a suivi le match. Il nous était difficile dans notre cabine de ne pas être sous le charme. En avril 2007, Sport/Foot Magazine réalisait un dossier sur nos gardiens. Des anciennes gloires jugeaient et se posaient des questions à propos de la génération actuelle ( Silvio Proto, Logan Bailly, Michaël Cordier, Frank Boeckx, Stijn Stijnen...). Marc Delire : Malgré les arrivées cette saison de Kenny Steppe ou d' Yves De Winter, on n'a pas encore déniché le successeur de Michel Preud'homme. Car depuis son retrait des Diables, personne n'a jusqu'ici fait l'unanimité. Filip Dewilde a traîné ses boulettes de l'Euro 2000 et Geert De Vlieger défendait les cages de Willem II, un petit club aux Pays-Bas. De la génération actuelle, le duo Proto-Bailly me semble le plus à même de prendre la relève. Mais pour ça il faudrait que le premier joue et l'autre s'inscrive dans la durée. L'aspect positif des choses, c'est la présence grandissante de jeunes belges dans pas mal de clubs de l'élite. Qu'on en finisse avec ces étrangers qui n'apportent rien à notre D1. Que l'on suive l'exemple du Standard, une bonne fois pour toutes. Ça passe, vu l'état actuel des choses, par des réglementations. L'obligation d'avoir un centre de formation, imposer la présence de jeunes du cru dans le 11 de base, etc. Je ne peux pas croire que la Belgique ne possède pas de Karim Benzéma de 10 ans. Maintenant, le risque au vu des moyens consacrés à la formation, c'est qu'il termine à l'URS Centre et non à Anderlecht. Notre équipe des Espoirs qualifiée pour Pékin nous a redonné le moral, le Standard fait l'unanimité, le processus est en marche chez certains. J'aimerais qu'on ne vienne pas gâcher la fête des JO, que René Vandereycken se taise et laisse Jean-François de Sart s'exprimer. L'épineux cas des JO et des joueurs du Standard ? Je trouve incompréhensible que le CIO et l'UEFA n'arrivent pas à une solution. En 1956, lors des JO de Melbourne, on a bien déplacé dans une autre ville (Stockhom) et à une autre date l'épreuve d'équitation car une loi australienne imposait une quarantaine pour l'entrée des animaux sur le continent. Il faudrait arriver à trouver une solution de cet ordre car les Defour, Fellaini et autre Witsel sont des pros et ne peuvent pas délaisser le Standard pour les éliminatoires de la Ligue des Champions. par thomas bricmont-dessins de pad'r