Olivier Renard pas assez Liégeois...

L'an dernier, Olivier Renard faisait la une de Sport/Foot Magazine avec la question : -Est-il une menace pour le Standard ?
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L'an dernier, Olivier Renard faisait la une de Sport/Foot Magazine avec la question : -Est-il une menace pour le Standard ? Marc Delire : J'ai le sentiment que Renard ne s'est jamais senti dans la peau d'un numéro 1 au Standard. Et pourtant, sportivement, on ne pouvait pas lui reprocher grand-chose. Cela n'a pas empêché les critiques de le poursuivre tout au long de son séjour en bord de Meuse. Son successeur, Aragon Espinoza, ne semble pas non plus taillé pour égaler les Jean Nicolay, Christian Piot, Michel Preud'homme, Gilbert Bodart ou Vedran Runje. On évoque maintenant le nom de Logan Bailly. C'est évident qu'il collerait parfaitement à l'esprit de ce club. S'il gomme ses quelques imperfections qui lui restent, il pourrait faire merveille au Standard. C'est un vrai Liégeois, dans la mentalité, dans son caractère. Comme Nicolay, Piot, Preud'homme, Bodart. Renard, lui, était Carolo... Marouane Fellaini était un roc de chez roc : le milieu défensif spectaculaire du Standard excellait dans la démolition de l'adversaire et la construction de sa carrière. Il impressionnait même René Vandereycken qui lui offrait sa première convocation avec les Diables. Marc Delire : Où va-t-il s'arrêter ? Quand on analyse ses prestations cette saison, je me le demande. Pour moi, on a Vincent Kompany derrière et Marouane Fellaini dans le milieu pour émerger au sommet du foot européen. Il a pris une telle dimension que je le vois réussir n'importe où. De plus, il a gagné en maturité. Il a canalisé une partie de sa fougue même s'il lui arrive encore de laisser traîner quelques semelles. A sa décharge, je trouve que les cartes jaunes qu'il a reçues cette saison sont souvent imméritées. On ne peut quand même pas lui reprocher d'être costaud. Evidemment qu'il envoie valser les 50 kilos de Mbark Boussoufa quand il le percute. Le geste n'est pas pour autant méchant. Chez Jonathan Blondel, l'agressivité est plus marquée. On sent qu'il compense sa petite taille par des excès de virilité... pour rester correct. Reste que Marouane prend encore trop de cartes. Le pire, c'est qu'il m'a dit dernièrement que quand il décide de ne pas en prendre, il n'en prend pas. Il devrait se rendre compte que ses suspensions sont tellement préjudiciables pour le Standard. C'est simple : il est pour moi, le joueur le plus important du noyau, juste devant Steven Defour. Il prend une telle place sur le terrain ; on le voit devant pour mettre ses coups de boule, derrière pour récupérer, ce type de joueur est tellement rare et précieux. Ses coéquipiers le savent très bien : quand il n'est pas là, les efforts dans la récupération du ballon, dans les duels sont bien plus éprouvants. En admettant que le Standard soit champion en fin de saison et que le club joue la Ligue des Champions, ma priorité serait de faire le forcing pour garder cet élément encore une saison. Des joueurs comme Mohammed Sarr ou Oguchi Onyewu sont des valeurs sures également, mais plus faciles à remplacer. Avec Fellaini, c'est l'assurance d'aller au combat en coupe d'Europe. " Qu'est-ce qui se passe avec Anthony Vanden Borre ? " : c'est la question que beaucoup se posaient au Parc Astrid. Toutes compétitions confondues, ses dernières prestations n'étaient nullement à la hauteur de son talent. Du coup, des voix s'élevaient pour qu'il s'en aille. Marc Delire : S'il y a bien un championnat dans lequel les jeunes joueurs ne doivent pas trop vite s'aventurer, c'est bien la Série A. En Italie, le foot est vu de façon tellement scientifique que les jeunes ont beaucoup de difficultés à s'imposer. Preuve avec Anthony. On ne parle plus de jeu mais de métier quand on se rend dans un club italien. Dernièrement, j'en parlais avec Johan Walem. Il m'expliquait que pour s'imposer, il faut maîtriser tellement de paramètres tactiques, physiques, techniques, qu'il vous faut des planches pour vous faire une place au soleil. Anthony ne les avait pas. A Anderlecht, il subissait déjà les critiques pour ses lacunes défensives. D'ailleurs, j'ai toujours trouvé qu'il ne fallait pas lui laisser trop de responsabilités défensives. Il doit pouvoir jouer libéré et laisser toute sa puissance s'exprimer. C'est un joueur que j'apprécie car il dispose de qualités physiques exceptionnelles mais au niveau du talent, ce n'est pas Kompany. La Fiorentina, c'était trop haut pour lui, et même à Gênes, on ne semble guère lui faire plus confiance. Son cas est un peu similaire à celui de Tom De Mul qui est aujourd'hui à Séville. Ils ont tapé trop haut. En même temps, ce sont des professionnels et le contrat devait valoir le coup. Reste qu'ils ont encore tout le temps pour s'enrichir. Auprès de ses potes d'enfance, ça doit peut-être le faire pour Anthony de jouer en Série A. Toutefois, jusqu'à présent, le tableau est plutôt sombre. Espérons qu'il puisse vite rebondir dans un championnat à sa portée et qu'on ne perde pas dans l'aventure un de nos plus grands talents... Février 2007, Charleroi était dans le top 5. C'était LA bonne surprise du championnat. Sport/Foot Magazine détaillait en sept points les clefs de la réussite zébrée.Marc Delire : Le parcours du Standard cette saison masque en partie la mauvaise santé du foot wallon. J'avais pronostiqué Mons comme la surprise de cette saison... Je me suis bien planté. De même avec Mouscron qui faisait aussi partie de mes futures révélations. Mais Charleroi dépasse toutes ces déceptions. C'est pour moi la grosse désillusion de ce championnat. On a tous souri quand Abbas Bayat parlait de titre mais on était beaucoup à les voir poursuivre sur leur lancée et titiller le top 5. Aujourd'hui, le bilan est négatif, tout comme le football proposé. Je ne crois pas que le changement d'entraîneur soit l'unique explication du déclin carolo. Certes, le groupe était assurément plus sensible au discours de Jacky Mathijssen, mais ça n'explique pas tout. Plusieurs joueurs se voyaient quitter le club en fin de saison dernière et d'autres se sont cru trop haut, trop beaux. Ce club doit retrouver ses fondamentaux. Redevenir le giant killer qui donnait un cachet festif à ce club. Aujourd'hui, l'ambiance est triste et beaucoup de supporters se sentent dupés par la marchandise. Relativisons toutefois : il y a quatre ans, le Sporting était proche de la relégation. Et en début de saison, les équipes craignaient les Zèbres : le statut avait changé. Quant à la suite du championnat, je reste optimiste et reprends les paris. Charleroi va arbitrer le titre et est parfaitement capable de créer l'exploit à Bruges. Les Zèbres devront encore accueillir Anderlecht et lors de l'antépénultième journée, le Standard. Avec un tel programme, leur saison n'est pas terminée...l par thomas bricmont-dessins de pad'r