Defays, le VDB du football

On se demandait si, à 32 ans, il fallait encore sélectionner le défenseur carolo Frank Defays chez les Diables ? Eric Van Meir, Franky Van der Elst, Régis Genaux et Philippe Albert répondaient à cette question.
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On se demandait si, à 32 ans, il fallait encore sélectionner le défenseur carolo Frank Defays chez les Diables ? Eric Van Meir, Franky Van der Elst, Régis Genaux et Philippe Albert répondaient à cette question.Marc Delire : Pour ce type de joueurs méritants et exemplaires à la Defays, il devrait exister une sélection honorifique. Ces joueurs seraient sélectionnés par un comité et fêteraient leur unique cap en guise de récompense pour leur carrière. En Wallonie, on aurait tendance à répondre que Defays méritait ou mériterait de recevoir sa chance chez les Diables. En Flandre, les réponses seraient bien plus négatives. Ils ont aussi leur Frank Defays comme Bernt Evens ou d'autres... L'an dernier, j'ai été surpris par la déclaration de Defays, qui disait en substance - Quand je vois ce qu'il y a à l'arrière droit, pourquoi pas moi ? Sur le coup, il m'a fait penser au cycliste Frank Vandenbroucke. C'était audacieux, pas faux et honnête. En Wallonie, on est peu coutumier de ce genre de déclarations. Pour ma part, ça ne m'a pas posé de problème ; loin s'en faut. Je note aussi que depuis sa blessure, Charleroi piétine. Le Namurois est un vrai leader, pas au niveau du jeu mais bien pour haranguer ses équipiers. Maintenant, reste à voir s'il parviendra à revenir dans le parcours après une interruption de plus de deux mois. Albert Cartier présentait à la nouvelle année les nouveaux joueurs arrivés durant le mercato d'hiver : Owona, Le Postollec, Bouchouari, Negouai, Neva, Citony. Un an plus tard, c'est le crash. Marc Delire : Quand on voit tous ces noms, aucun n'a réussi à s'imposer. C'est dire la pertinence de ce club en matière de scouting ! Le mois passé, j'avais souligné l'importance de personnages comme Johan Vermeersch au sein de notre football. Je voulais parler du gars qui met de l'argent dans un club, qui fait vivre nos clubs. Pas de celui qui veut être partout à la fois, c'est-à-dire sur les chantiers pour gérer sa société d'immobilier et unique décideur en matière de transferts. On voit ce que ça a donné... Vermeersch a bien trop de poids et personne n'ose s'y opposer : on ne bronche surtout pas, même quand l'erreur est criante. Le boss du Brussels est le prototype de celui qui ne veut pas déléguer. D'après moi, l'arrivée de Jean-Paul Collonval est une bonne chose et montre que Vermeersch est prêt à faire des efforts. On verra sur la durée... Franky Van der Elst est en face d'un énorme défi : beaucoup voient le Brussels en D2 et les joueurs sont descendus. Le premier exploit pour Franky, c'est de leur faire comprendre que rien n'est perdu. Mais ça urge. Le Soulier d'Or est-il maudit ? Sport/Foot Magazine passait en revue en janvier 2007 tous les derniers lauréats en date, de Sergio Conceiçao à Eric Gerets en passant par Vincent Kompany, Aruna Dindane, Wesley Sonck, Branko Strupar, etc. Marc Delire : Cette remarque me fait bien rire. Il ne faut pas oublier que le vainqueur sort d'une année dans le championnat... belge. Star chez lui, il profite en fin de saison de son succès pour décrocher un transfert à l'étranger. Et c'est là que ça se gâte : les joueurs deviennent alors moyens ou invisibles. Quand on prend le palmarès, on note que Timmy Simmons ne s'est pas planté. Il avait le talent et l'âge pour émigrer. Vincent Kompany a connu des blessures mais avait l'envergure pour jouer à Hambourg. D'autres manquaient de planche ou de niveau, tout simplement. Si j'avais un conseil à donner à Steven Defour, c'est de rester encore deux ans chez les Rouches. Qu'il prenne son temps, qu'il développe certaines parties de son jeu ; je pense à sa finition ou à son physique. Aussi, j'entends souvent l'argument financier pour expliquer le départ de jeunes à l'étranger. De ce côté, je ne pense pas qu'il soit à plaindre au Standard. Demandez à Gregory Dufer si aujourd'hui il partirait au Mans, par exemple, après s'être égaré dans le brouillard caennais. Je ne le pense pas. Defour doit aussi se dire qu'il est le pion essentiel d'une génération spontanée, qui devrait d'après moi décrocher le titre cette année et pourquoi pas les enchaîner. Ça laisse rêveur, non ? L'arrière gauche faisait le point il y a un an sur le premier tour de la saison 2006-2007 et réclamait d'urgence un leader derrière. Il s'exprimait aussi sur sa situation en équipe nationale : " Tôt ou tard, René Vandereycken aura besoin de moi ". Marc Delire : Depuis un an, rien n'a changé. Les Mauves peinent toujours dans ce secteur. Je m'interroge, par exemple, sur Max Von Schlebrügge. En arrivant, il était présenté comme international suédois mais à Anderlecht, il n'a jamais reçu de crédit. Lors de ses rares apparitions, on sentait qu'il jouait les fesses serrées. Maintenant, la direction vient d'acheter Guillaume Gillet. Un joueur doué, bourré de qualité, mais arrivé, en toute logique, pour concurrencer Marcin Wasilewski. Comme pour le Suédois, ce n'est pas un génie, il a une image de bourrin qui rentre dans le lard, mais il est aussi international. Avec la Pologne, il sera à l'Euro, lui. Quels joueurs de notre championnat peuvent en dire autant ? Par ailleurs, je rejoins totalement la remarque de Deschacht sur le manque de leader. Dans l'axe, Nicolas Pareja est un joueur de qualité qui dispose toutefois d'une relance très moyenne. Il n'a pas la taille patron. C'est un bon stoppeur pour reprendre une image un peu vieillotte. Pourquoi ne pas avoir pensé à Joao Carlos de Lokeren ? Voilà quelqu'un qui en impose et qui dispose d'une technique à réjouir les supporters mauves. Non, on prend Gillet pour concurrencer quelqu'un qui a rarement démérité... Je rejoins aussi Deschacht quand il s'étonne de ne pas être sélectionné chez les Diables. A partir du moment où un gars comme Carl Hoefkens est titulaire, je trouve inconcevable qu'il ne soit pas au minimum repris dans le noyau. Quand il est arrivé en D1, je n'étais pas convaincu de ses qualités. Depuis lors, on peut difficilement nier qu'il s'est fortement bonifié. Je crois qu'il est aussi victime de son image auprès du public, de la pipolisation qui l'entoure. Vous avez ceux qui souffrent d'un délit de sale gueule, pour Deschacht, c'est le contraire. Ou plutôt d'un délit de gosse de riche. Certains supporters sont jaloux, je crois, non pas de son jeu, mais bien des Miss Belgique, qu'il ramène dans son lit. De plus, j'apprécie généralement ses déclarations dans la presse ; il cherche rarement les faux-fuyants. Par contre avec Ahmed Hassan, il avait dépassé les bornes. Il ne doit pas oublier que des joueurs comme l'Egyptien se trouvent difficilement. Dix Deschacht, c'est beaucoup plus facile...par thomas bricmont-dessins de pad'r