Guillaume Gillet, pas assez crapule

Numéro dix à Eupen, celui que l'on considérait comme le meilleur joueur de D2 est devenu arrière droit.
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Numéro dix à Eupen, celui que l'on considérait comme le meilleur joueur de D2 est devenu arrière droit. Marc Delire : Au-delà de son talent naturel, Guillaume Gillet est quelqu'un doté d'un potentiel intellectuel intéressant. On sent directement que ce n'est pas une tête brûlée. Malheureusement pour Gand, je ne pense pas qu'il va y rester longtemps. Dans son rôle d'arrière droit, il doit cependant continuer à améliorer son jeu défensif. En un contre un par exemple, où il doit encore développer son côté crapule. Pour qu'on me comprenne bien : ce n'est pas encore Eric Gerets... Il a souvent émis le désir de jouer plus haut dans le jeu, comme à Eupen. Et je peux comprendre sa frustration. Cependant, il doit la transformer en jouissance. Qu'il profite de la chance qu'il a, l'important pour lui, c'est de s'installer en D1. Sa polyvalence accroîtra inévitablement sa notoriété. Sa réussite personnelle est aussi un exemple pour tous ces gars venus des séries inférieures. Par contre, je ne trouve pas trace d'un gars qui aurait connu le chemin inverse du cas Gillet. Autrement dit, un joueur passé de la défense à l'attaque. Le contraire est courant, mais, mis à part Vincent Kompany, qui donne l'impression de pouvoir jouer partout, je ne vois personne. En simplifiant, ça veut peut-être dire qu'il est plus facile de défendre que d'attaquer. En fin de contrat, le médian n'a plus eu de nouvelle proposition de Sclessin depuis août. Et il n'en attend plus. On comprend très vite que la route du Limbourgeois suivra une autre trajectoire que celle du Standard. Marc Delire : Le départ de Geraerts, c'est la dernière boulette en date du Standard. L'an dernier, la non-prolongation de son contrat a coïncidé avec son éviction du onze de base et ça leur a coûté cher. Rappelez-vous la finale de la Coupe face à sa future équipe. Ce jour-là, les Liégeois auraient bien eu besoin de ses qualités. Cette année, à Bruges, je remarque qu'il est le seul avec Stijn Stijnen à disposer de 100 % du temps de jeu. Il n'est pas à proprement parler le type de joueur que j'apprécie mais si l'on regarde sa prestation face à Anderlecht avec un £il de pro et non d'amateur, on observe qu'il a pratiquement joué le match parfait. C'est le joueur obscur qui permet d'allumer le jeu de son équipe. Par rapport à sa période liégeoise, on le retrouve plus reculé dans le jeu, moins présent aux avant-postes. C'est maintenant un pur médian défensif, le type qui joue juste devant sa défense, une sorte de 5,5. Aurait-il sa place dans le onze du Standard ? Non, je ne le pense pas. Mais la saison est encore longue et pleine d'impondérables. Qui nous dit que Marouane Fellaini ne va pas être longtemps blessé ? Cette année, on se doit de souligner la parfaite gestion des arrivées au Standard, avec notamment des joueurs comme Grégory Dufer ou Marco Ingrao dont personne ne voulait. Maintenant, j'espère que le Standard va aussi bien gérer ses départs... "Moi, Je : c'était le titre d'un article où l'on avait suivi le président du Brussels pendant une journée. Au programme : bureau, club... et comparution à l'Union Belge pour sa descente sur le terrain lors de Gand-Brussels. Une comparaison très médiatisée. Il adore ça. Marc Delire : La publicité négative qui a suivi l'affaire Zola lui pendait au nez, comme pareil dérapage pend au nez de Mogi Bayat et des autres despotes du football belge. D'un autre côté, notre foot a besoin de ces personnages qui amènent une dose de folklore dans un paysage trop souvent édulcoré. Mais dans le cas Zola, Vermeersch a indiscutablement dépassé les bornes et n'a eu en retour que ce qu'il méritait. Quand le président qualifie ses joueurs de vaches ou quand Mogi fait son show devant les caméras de la RTBF, là, les garde-fous ne sont pas dépassés. Pour ma part, j'ai toujours préféré travailler, ou même avoir des problèmes, avec ces personnages qui te disent leurs vérités en face plutôt que de bosser avec d'autres, à l'image plus lisse, mais qui vont te planter un couteau dans le dos. D'ailleurs, mon expérience professionnelle la plus marquante, je l'ai vécue chez Luciano D'Onofrio. J'ai passé toute une nuit chez le big boss des Rouches et je peux vous assurer que si les caméras avaient été présentes, cela aurait été un grand moment de télé. Pour revenir à Vermeersch, il faudra surveiller ses ondes sismiques. Ce type est un volcan jamais véritablement éteint même si la dernière affaire en date l'a fortement calmé. Malgré sa carapace, il m'a l'air très touché par la position de son club. C'est tout sauf un imbécile et je suis persuadé qu'enfin, il se rend compte qu'il doit déléguer les pouvoirs. Reste le problème inhérent à l'argent et il ne doit plus en rester beaucoup... Ligue des Champions : Caramba, encore raté ! Le Sporting n'a toujours pas sa place dans la cour des grands (gestion calamiteuse, friabilité défensive, recrutement pas assez ciblé, etc). Un an après...Marc Delire : Ce que je n'arrive pas à comprendre dans la politique de transferts des Mauves, c'est qu'ils donnent l'impression de préférer se louper en achetant des étrangers moyens que de donner la chance à leurs jeunes. Vu le sérieux constat d'échec, Herman Van Holsbeek a déclaré qu'il allait y avoir un revirement dans le choix des joueurs et qu'enfin la chance serait donnée aux jeunes. Le meilleur exemple, c'est évidemment la réussite actuelle du Standard. Peut-être que l'arrivée des Witsel, Fellaini, est en partie due à un manque de moyens mais je crois surtout qu'il y a une véritable philosophie bien ancrée du côté de Sclessin et celle-ci est née avec les multiples exemples de jeunes Liégeois qui ont fait leur trou dans les autres clubs, comme Genk par exemple. Le public mauve serait bien plus clément avec des gars du cru : les gens ont besoin de s'identifier et avec des étrangers qui restent pour un ou deux ans, c'est impossible. Je suis d'avis qu'il faudrait instaurer une réglementation qui impose un quota de jeunes dans le onze de base. Ce n'est qu'en réglementant que l'on arrive à quelque chose en Belgique. A Anderlecht, la prise de conscience a débuté. Les dirigeants ont eu l'honnêteté de reconnaître qu'ils avaient été aveuglés par les titres. Il y a aussi la question de l'entraîneur qui se pose. J'ai beaucoup d'estime pour Ariel Jacobs, mais je crois qu'il n'est seulement qu'un entraîneur de transition. Il faut un Père Fouettard au Parc Astrid, qui réveille cette ambiance mollassonne, un gars de la trempe de Louis van Gaal. Quelqu'un qui leur botte le cul.lpar thomas bricmont-dessins de pad'r