Mons : un promu promis à un bel avenir

7 mai 2006, l'Albert décroche in extremis le titre en D2 sur le terrain de Dessel (1-2) lors de la dernière journée de championnat. Un an après l'avoir quittée, Mons retrouve la D1. Après avoir bataillé ferme avec Overpelt-Lommel (qui avait pourtant bénéficié d'un forfait de Beringen Heusden-Zolder), le club cher à Dominique Leone prouve méritoirement que sa place est parmi l'élite.
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7 mai 2006, l'Albert décroche in extremis le titre en D2 sur le terrain de Dessel (1-2) lors de la dernière journée de championnat. Un an après l'avoir quittée, Mons retrouve la D1. Après avoir bataillé ferme avec Overpelt-Lommel (qui avait pourtant bénéficié d'un forfait de Beringen Heusden-Zolder), le club cher à Dominique Leone prouve méritoirement que sa place est parmi l'élite. José Riga, champion pour sa première saison à Mons déclarait à l'époque : " Ma conception du foot passe par le beau jeu et la possession de ballon. Le football attentiste et défensif n'est pas pour moi ". Douze mois plus tard, Riga aura été fidèle à ses valeurs. Malgré un nombre de points insuffisant au premier tour, WilfriedDalmat et consorts restent fidèles à la philosophie positive de leur coach. Le deuxième tour leur donnera raison. Stéphane Pauwels : Leone s'est assagi : avant, il aurait viré Riga. L'avoir maintenu est une preuve de stabilité du club. La campagne des transferts en été avait été un échec, Mons faisait signer tout ce que l'on leur proposait. Vous y ajoutez les erreurs d'arbitrages et une dose de malchance et vous obtenez les raisons d'un premier tour difficile. Le club s'est bien repris en transférant juste avec Benjamin Nicaise ou AdrianoDuarte et la machine s'est mise à tourner. Petit à petit, l'Albert comprend aussi les rouages de la jungle de l'élite. Avec le vol de Dutrieux, Uvens et bientôt Porco par Charleroi, la direction sait qu'elle devra se montrer vigilante. Quand on pense que Michel Preud'homme tentait de mettre en place une directive pour empêcher les clubs étrangers de venir piquer nos jeunes et qu'un club situé à 20 bornes se le permet... Ce gentlemen's agreement, laissez-moi rire ! En France, vous êtes sanctionné si vous le violez. Mais je suis optimiste quant à l'avenir de cette équipe. Un attaquant efficace pour suppléer le départ de Mohamed Dahmane, qui va renflouer les caisses, trois joueurs supplémentaires dans le but de compléter le noyau et Mons pourrait fort bien continuer sur sa lancée de fin de saison. Les bouchons de champagne éclatent au Parc Astrid en fin de saison 2005-2006 : Anderlecht s'adjuge le championnat pour la 28e fois. Un titre qui aura une saveur mitigée pour Vincent Kompany. Des pépins physiques et une opération délicate à l'épaule l'ont écarté des terrains pendant de longues périodes. De retour dans le groupe des Diables pour un match amical à Sittard face à l'Arabie Saoudite, Kompany retrouve le sourire et parle de son avenir : " L'heure de découvrir un autre cadre de travail a sonné. Il est temps de quitter Anderlecht... Je dois franchir des étapes, me frotter à d'autres difficultés. Je sais que j'ai les capacités nécessaires pour le top ". Quelques semaines plus tard, Komany signe pour Hambourg. Le club change mais les ennuis perdurent : il passe le plus clair de son temps à l'infirmerie. StéphanePauwels : Ces blessures à répétition sont le résultat d'une mauvaise gestion. On l'a mis à toutes les sauces : en équipe nationale, avec les Espoirs, à Anderlecht. En pleine croissance, il n'a jamais eu suffisamment de repos. Au Sporting, on l'a compris bien trop tard. Il a beau être un surdoué, le ressort finit par casser. Concernant son transfert, il a eu raison. J'ai beau être contre ces jeunes qui partent à 17 ans vers l'étranger quand ils n'ont rien prouvé mais pour Kompany ou Anthony Vanden Borre, ça se comprend. Quand vous arrivez en fin de cycle et que vous avez la bougeotte, il faut sauter le pas. Si Kompany a eu des difficultés en Allemagne, ça prouve une nouvelle fois le fossé qui existe entre notre compétition et le top. Regardez Anderlecht qui éprouve les pires difficultés en Ligue des Champions à battre Lille, une modeste formation en France. Ça veut tout dire. L'an dernier les Blauw en Zwart ne brillent guère mais décrochent une troisième place synonyme de l'UEFA. La fin de saison est marquée par le redressement sportif de Bruges avec l'apparition aux commandes d' EmilioFerrera et la sortie définitive de Gert Verheyen. Véritable monument, ce dernier sera fêté comme il se doit par des supporters lui reconnaissant des valeurs collant aux leurs. Dans un style pas toujours académique, Verheyen aura marqué 15 années brugeoises après des débuts au Lierse et un passage malheureux à Anderlecht. En mai 2006, il revenait sur les grandes étapes de sa carrière : " Je n'ai pas dû réfléchir longtemps pour rassembler mes moments forts. Je n'ai même pas cherché. " Au passage : le titre avec EricGerets (1998), Barcelone-Club 1-1 (2000) et les barrages face à la Tchéquie pour la Coupe du Monde 2002 dans lesquels il se montre décisif avec un but et un penalty provoqué. Stéphane Pauwels : C'était le Wilmots de Bruges. Capable de tirer un groupe. Au niveau sportif mais aussi dans les vestiaires où il a été la pièce maîtresse des années durant. Il était le lien entre l'entraîneur et les joueurs. Depuis son départ, le groupe a volé en éclats. L'apparition de nouveaux a été vécue comme un choc. C'est une bonne chose qu'il soit resté en tant que coach des Réserves, mais j'aurais préféré le voir dans un rôle plus similaire à celui de Pär Zetterberg à Anderlecht. Quelqu'un qui reste proche du noyau en venant saluer l'effectif quotidiennement. Maintenant, Bruges a tiré une croix sur son désir de changer de style à tout prix et devenir plus technique. L'arrivée de LucDevroe et celle, imminente, de Jacky Mathijssen vont permettre de ramener le style brugeois et dégager ceux qui n'apportent rien. Mathijssen est par exemple capable de ramener un garçon comme Koen Daerden à son meilleur niveau en peu de temps. Bruges sera là l'an prochain, j'en suis convaincu. Fin mai, l'annonce de Johan Boskamp pour succéder à Dominique D'Onofrio fait grand bruit. Beaucoup saluent sa venue et le Hollandais est bourré d'ambition. Les Rouches passent maladroitement à côté du sacre et ne veulent pas que l'histoire se répète. " Le Standard veut le titre. Je connais ma mission, claironne Boskamp. S'il doit choisir entre une victoire en Ligue des Champions et le titre, je pense qu'il optera pour ce dernier ". Boskamp n'aura pas ce choix : éliminé douloureusement par le Steaua en Ligue des Champions, il restera à peine l'espace de quatre journées de championnat en bord de Meuse.... StéphanePauwels : Je n'ai pas compris sa venue, sans toutefois remettre en cause ses qualités. Son gros problème, c'était la communication. Comment voulez-vous diriger un groupe quand vous n'arrivez pas à vous entretenir avec son leader, Sergio Conceiçao ? Avec l'arrivée de Preud'homme, ça n'a pas posé de problème. Après, il s'est mis la presse à dos, toujours pour ces mêmes soucis de communication. Il s'est aussi plaint de ne pas avoir son mot à dire dans les transferts. Foutaises ! Quand tu débarques au Standard, tu sais que tu as affaire à un système selon lequel quand on te propose beaucoup d'argent pour un élément, tu prends. Et c'est comme ça dans de nombreux clubs. De toute façon, quel coach a le droit d'emmener avec lui dix joueurs ? Quand il se casse, que fais-tu de ces éléments ? Pourquoi ne pas avoir poursuivi avec Dominique D'Onofrio ? Il termine deuxième l'an dernier. Aujourd'hui, le club descend d'une marche. Malheureusement nul n'est prophète dans son pays et être le frère de l'autre, ça l'a finalement desservi... par thomas bricmont-dessins de pad'r