Anderlecht-Standard : l'histoire se répète

L'an dernier, le Standard en tête du classement se déplace au Parc Astrid et repart avec une défaite 2-0 qui lance les Anderlechtois vers le titre. Suite à une disposition attentiste, Dominique D'Onofrio est critiqué. Filip De Wilde, analyste de S/FM pour ce choc allait en ce sens : " Où était donc cette équipe qui maîtrisait si bien son sujet ces derniers temps ? Il n'en restait plus rien. Pourquoi ne pas avoir maintenu Christian Negouai à l'avant, aux côtés de Mémé Tchité, au lieu de le faire coulisser au centre de la ligne médiane ". Cette année même topo : le Standard perd 1-0 et beaucoup se demandent ce que Milan Jovanovic fait sur le banc...
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L'an dernier, le Standard en tête du classement se déplace au Parc Astrid et repart avec une défaite 2-0 qui lance les Anderlechtois vers le titre. Suite à une disposition attentiste, Dominique D'Onofrio est critiqué. Filip De Wilde, analyste de S/FM pour ce choc allait en ce sens : " Où était donc cette équipe qui maîtrisait si bien son sujet ces derniers temps ? Il n'en restait plus rien. Pourquoi ne pas avoir maintenu Christian Negouai à l'avant, aux côtés de Mémé Tchité, au lieu de le faire coulisser au centre de la ligne médiane ". Cette année même topo : le Standard perd 1-0 et beaucoup se demandent ce que Milan Jovanovic fait sur le banc... Stéphane Pauwels : Que ce soit Dominique D'Onofrio ou Michel Preud'homme, ils ont tous deux eu peur. Evidemment concernant la non-titularisation de Jovanovic, on ne sait pas ce qui s'est dit ou passé la semaine précédant la rencontre. Cependant, on ne doit pas enterrer Preud'homme sur un match qui s'est terminé sur un seul but d'écart et, de surcroît, ce goal résulte d'une grossière erreur individuelle. Je suis convaincu que l'ex-gardien des Diables est un futur grand coach. En tout cas, il en a toutes les qualités : il est polyglotte, a une grosse carrière derrière lui et a le souci du travail bien fait. Dernier exemple en date, la colère qu'il a piquée quand, face à Mons, Igor De Camargo tente un coup du foulard dans le rectangle alors que le score n'est seulement que de 1-0. Il faut insister et rappeler surtout son extraordinaire parcours après les résultats chaotiques de Johan Boskamp. En 15 matches, il est parvenu à redresser la barre. De plus, il n'hésite pas à lancer des jeunes comme Axel Witsel dans un groupe composé de forts en gueule. Si le Standard a peut-être loupé le coche à Anderlecht, pour moi, c'est à domicile, face à Gand ou Beveren, qu'ils ont gaspillé leurs chances. Malgré tout, je pensais qu'ils l'emporteraient chez les Mauves. En tout cas, sur papier, ils n'ont rien à leur envier et l'ont prouvé notamment en Coupe lors du match aller. 5 avril 2006 : Mbark Boussoufa éclabousse de toute sa classe la rencontre face au Club Bruges (4-1). Il inscrit trois des quatre buts et cette rencontre entraîne Jan Ceulemans vers la porte de sortie. Boussoufa est au centre de toutes les attentions sportives et médiatiques : " Je suis capable de me débrouiller dans tous les registres offensifs. Derrière le ou les hommes de pointe, ou bien évoluer comme meneur excentré ". Un an plus tard et malgré un titre de Footballeur Pro et un Soulier d'Or, le petit Marocain n'a jamais su rééditer ces prestations dix-huit carats. Stéphane Pauwels : Grâce à mon expérience en Algérie, j'ai constaté que, souvent, les joueurs maghrébins avaient besoin d'énormément d'attention et de dialogue. A Gand, Boussoufa pouvait compter sur Papa Georges Leekens, qui n'a pas son pareil pour couver un joueur. Tous les jours, Boussoufa percevait la confiance de son coach avec des mots sympas. Voilà ce qui lui manque aujourd'hui à Anderlecht. Il est tombé dans un univers différent où il n'est plus le personnage central. Ahmed Hassan lui vole la vedette. Je n'ai d'ailleurs pas compris pourquoi le club avait transféré ces deux joueurs. De plus, mettre près de quatre millions pour l'international marocain, c'est de la folie. Il fallait se poser la question : pourquoi aucun club français n'était venu aux nouvelles ? Cela reste un talent pur, un joueur de classe, mais il est en train de perdre son football. Je me répète, mais avec Leekens à la barre d'Anderlecht, cela aurait été différent. Il aurait installé Hassan en meneur de jeu en lui disant : C'est toi le patron et Boussoufa, dans un rôle libre, plus près du deuxième attaquant. Le Sporting terminerait avec 15 points d'avance. Il est quand même frappant de voir que quand il reçoit son Soulier d'Or, Boussoufa remercie en premier lieu son ex-coach. Leekens est en train de rééditer le même coup avec Alin Stoica. Suite à l'humiliation subie à Gand, Ceulemans saute. Marc Degryse, directeur sportif, va chercher Emilio Ferrera. Il ne reste que cinq matches et Bruges n'a pas les faveurs des pronostics pour décrocher la troisième place. Ferreira réussit un joli 13 sur 15, synonyme de Coupe de l'UEFA. On se dit qu'après des expériences au Lierse ou au Brussels, il avait besoin d'un club du top pour s'exprimer pleinement tactiquement. " Tout l'art consiste à placer le plus vite possible l'adversaire sous pression... On gagne en pensant tout le temps au positionnement tactique ", expliquait-il. La campagne 2006/2007 est toute autre : après un nul arraché in extremis par Roulers, Bruges est définitivement largué par le trio de tête. Le président Michel D'Hooghe entreprend une grande lessive au sein du club. Stéphane Pauwels : Le mal était bien évidemment plus profond. Il suffit de regarder les récents résultats. Emilio Ferrera avait une vision du foot moderne où il prônait l'offensive. La presse n'a pourtant pas cessé de le détruire à cause de certaines étiquettes. Depuis trois mois à Bruges, on ne cesse de chercher des excuses, mais on ne trouve pas le n£ud du problème. Il faut quand même s'attarder sur la campagne de transfert désastreuse où c'était du grand n'importe quoi. On y utilise toujours les mêmes méthodes qu'il y a 15 ans, payantes en ce temps-là. Se baser uniquement sur les avis d'agents en tout genre : c'est du recrutement de salon. Quand ils ont entendu qu'Anderlecht était intéressé par Elrio Van Heerden, ils se sont jetés dessus. Il n'y a personne qui se consacre à temps plein sur sa mission de scout du côté brugeois. Quand Luc Devroe est parti à l'étranger pour suivre certains joueurs, toute la presse en a parlé. Comme si cela faisait figure d'exploit ! A Anderlecht, ils sont quatre à temps plein pour ce domaine, au Standard, ils ont Luciano D'Onofrio,... et donc des contacts partout en Europe. A Bruges, c'est le néant. Auparavant, ils pouvaient compter sur Antoine Van Hove qui connaissait parfaitement le football et avait l'£il pour dénicher des joueurs. Maintenant, on dirait que pour tomber sur le bon numéro, ils jouent au lotto. Un promu et une équipe instable (démission de Roland Louf, limogeage de Geert Broeckaert puis de Paul Put) atteignent la finale de la Coupe de Belgique en éliminant en demi-finales le Standard pour le premier, Charleroi pour le second. Jean-Pierre Detremmerie analysait en ces termes l'équipe qui privera Mouscron de la victoire en Coupe : " L'aventure de Zulte Waregem me fait penser à la première saison de l'Excel en D1. Chez nos voisins, les problèmes vont seulement apparaître. En fin de championnat, ça ira déjà moins bien car certains vont voir ce qu'ils peuvent gagner ailleurs ". Stéphane Pauwels : Tout a peut-être été trop vite pour Francky Dury, élu Coach de l'année. C'est un bon entraîneur, mais j'ai l'impression que cette saison, en tant que bon (ex-)policier, il a fait très attention à son image. Mais il n'a pas le charisme et la personnalité d'un Jacky Mathijssen, par exemple. Au vu des résultats de Zulte cette saison, c'est l'Europe qui l'a sauvé. Pour Mouscron, rien n'a changé ! C'était un club familial qui a voulu jouer aux nouveaux riches. Philippe Dufermont est un mec bien, très sociable, qui colle à l'esprit de la ville. Cependant, il devra faire un gros nettoyage : c'est fou le nombre de types dans ce club qui sont sortis par la fenêtre et qui sont revenus quelques semaines après par la porte ! par thomas bricmont-dessins de pad'r