Le robinet fuit. Chaque jour, chaque semaine, chaque mois, on révèle le nom de sportifs dont les échantillons sanguins pris durant les Jeux de Londres 2012 s'avèrent positifs. Rien que pendant la Noël, cinq haltérophiles ont été suspendus à titre provisoire suite à des " résultats douteux ". 19 spécialistes des haltères ont déjà été contrôlés positifs auparavant.

Parmi les cinq derniers, on recense deux champions olympiques. L'Ouzbèke Ruslan Nurudinov a gagné la médaille d'or en - 105 kilos à Rio (2016) et son prédécesseur ukrainien, Oleksiy Torokhtiy, devra sans doute rendre sa médaille. À Londres, quand cet entraîneur de fitness a gagné son épreuve, à la surprise générale, il a déclaré : " Il n'y a pas de certitudes en sport. Seuls les résultats des contrôles antidopage en sont... "

On réécrit les livres d'histoire et on met les palmarès à jour. Des lauréats sont rayés, des médaillés d'argent sont promus champions. D'autres subissent le même sort que la sauteuse en longueur lettonne Ineta Radevica : passée de la troisième à la deuxième place suite au contrôle positif d' Olga Kucherenko, elle a finalement été déclassée pour la même raison et a dû démissionner de la présidence de la fédération lettonne d'athlétisme. Les Jeux Olympiques de Londres devaient théoriquement être les plus propres de l'histoire mais avec 116 cas positifs, ils ont pulvérisé tous les records et sont en fait les Jeux les plus sales de l'histoire. Sebastian Coe, le président de l'IAAF, la fédération internationale d'athlétisme, estime que c'est relatif. " Le nombre élevé de contrôles positifs est surtout dû à l'augmentation du nombre et de la qualité des contrôles. " Ce n'est pas tout à fait exact. Une enquête anonyme menée pendant le Mondial d'athlétisme de Daegu, en 2011, un an avant les JO, a révélé que 43,6% des athlètes interrogés avaient consommé des produits améliorant leurs performances l'année précédente...