Si le monde du football est à ce point réfractaire aux play-offs, c'est parce qu'il s'agit d'un milieu très traditionnaliste. Joueurs et entraîneurs n'ont jamais rien connu d'autre, dans leur vie, qu'un championnat classique avec aller-retour. Il leur faut "tourner le bouton" : se dire qu'au départ d'une saison, l'objectif n'est pas de terminer 1er après 30 matches, mais simplement de se qualifier (en s'assurant éventuellement un petit bonus) en programmant l'équipe pour qu'elle atteigne son pic de forme en avril-mai, et pas en novembre-décembre. Tout un art.

Dans tous les sports américains, il y a des play-offs et il ne viendrait jamais à l'idée d'un descendant de l'oncle Sam de mettre la formule en cause.

Ce serait injuste de voir le Standard champion alors qu'il comptait encore 21 points de retard il y a trois mois ? Pas du tout. Quelqu'un s'est-il offusqué de voir l'Italie championne du monde en 1982 alors qu'elle n'avait réussi que trois petits partages dans sa poule ? A-t-on oublié que, lors de la formidable Coupe du Monde 1986, les Diables Rouges auraient dû être éliminés au terme du premier tour, puisqu'ils n'avaient terminé que... troisièmes de leur poule ?

Anderlecht en crise ? Aujourd'hui, oui. Mais demain, s'il bat Genk, le Sporting repasse tout simplement en tête !

Idem pour les PO3. Ridicules, ces cinq matches ? Au contraire, c'est ce qui rend la formule passionnante ! Les coaches de basket l'ont bien compris, aux entraîneurs de football de le comprendre à leur tour : c'est tout un art, de trouver la solution tactique aux problèmes posés par l'adversaire lors du match précédent ; de requinquer ses joueurs mentalement après une défaite. A chaque match, c'est quasiment vaincre ou mourir : une victoire, et l'on reprend espoir ; une défaite, et tout est remis en question.

Même les PO2 peuvent être passionnants, à condition que l'on veuille bien se donner la peine de les apprécier. Au bout du chemin, il y a peut-être tout simplement une qualification européenne à la clef. Genk l'a démontré l'an passé.

Daniel Devos, Sport/Foot Magazine

Si le monde du football est à ce point réfractaire aux play-offs, c'est parce qu'il s'agit d'un milieu très traditionnaliste. Joueurs et entraîneurs n'ont jamais rien connu d'autre, dans leur vie, qu'un championnat classique avec aller-retour. Il leur faut "tourner le bouton" : se dire qu'au départ d'une saison, l'objectif n'est pas de terminer 1er après 30 matches, mais simplement de se qualifier (en s'assurant éventuellement un petit bonus) en programmant l'équipe pour qu'elle atteigne son pic de forme en avril-mai, et pas en novembre-décembre. Tout un art. Dans tous les sports américains, il y a des play-offs et il ne viendrait jamais à l'idée d'un descendant de l'oncle Sam de mettre la formule en cause. Ce serait injuste de voir le Standard champion alors qu'il comptait encore 21 points de retard il y a trois mois ? Pas du tout. Quelqu'un s'est-il offusqué de voir l'Italie championne du monde en 1982 alors qu'elle n'avait réussi que trois petits partages dans sa poule ? A-t-on oublié que, lors de la formidable Coupe du Monde 1986, les Diables Rouges auraient dû être éliminés au terme du premier tour, puisqu'ils n'avaient terminé que... troisièmes de leur poule ? Anderlecht en crise ? Aujourd'hui, oui. Mais demain, s'il bat Genk, le Sporting repasse tout simplement en tête ! Idem pour les PO3. Ridicules, ces cinq matches ? Au contraire, c'est ce qui rend la formule passionnante ! Les coaches de basket l'ont bien compris, aux entraîneurs de football de le comprendre à leur tour : c'est tout un art, de trouver la solution tactique aux problèmes posés par l'adversaire lors du match précédent ; de requinquer ses joueurs mentalement après une défaite. A chaque match, c'est quasiment vaincre ou mourir : une victoire, et l'on reprend espoir ; une défaite, et tout est remis en question. Même les PO2 peuvent être passionnants, à condition que l'on veuille bien se donner la peine de les apprécier. Au bout du chemin, il y a peut-être tout simplement une qualification européenne à la clef. Genk l'a démontré l'an passé. Daniel Devos, Sport/Foot Magazine