Logan Bailly, âgé de 25 ans, avait des problèmes privés alors que se jouait le destin du Borussia. Son histoire nous apprend ce qui peut arriver quand un joueur-clef d'une équipe déraille.

Il y a deux ans et demi, quand Bailly a été transféré du RC Genk au Borussia Mönchengladbach, il était considéré comme un grand talent, enclin à prendre des risques. "Ce garçon est une force de la nature", écrivait Toni Schumacher, l'ancien gardien de la Mannschaft, dans un éditorial. Même la Juventus s'était intéressée au portier.

Les Gladbacher ont accepté son style de vie tape-à-l'oeil. Bailly a acheté une Bentley à son père, une Audi A5 à son épouse. Lui-même s'est gréé une Lamborghini, une Ferrari et une Audi A5 Cabrio. Mais malgré un salaire annuel net fixe d'un demi-million d'euros, Bailly avait des problèmes financiers. Un confident de la famille dit que Bailly devait constamment payer pour son clan. "Dans des proportions qu'on ne connaît généralement que dans le chef de joueurs africains." Exemple : le frère de Bailly avait démoli l'Audi Q7 attribuée au footballeur. Montant des dégâts : 75.000 euros.

La direction du Borussia a proposé un plan d'assainissement de ses dettes à Bailly. Il s'élevait à quelque 300.000 euros. Le gardien a accepté de rendre ses cartes de crédit et sa carte maestro au club. Il était également d'accord que son employeur ne lui verse plus que 7.000 des 40.000 euros de son salaire fixe mensuel, les 33.000 euros restants permettant d'apurer sa dette. La direction avait aussi un accès complet aux mouvements de compte de Bailly.

Après la trêve hivernale, Bailly est d'abord resté second gardien. Le changement d'entraîneur, à la mi-février, lui a rendu sa chance mais la situation était grotesque. Au moment où Lucien Favre, le nouveau coach, replaçait Bailly dans la cage, celui-ci était en plein procès, à Liège, pour coups et blessures.

Il y a dix jours, contacté par téléphone, le gardien a refusé une rencontre. "Il ne réagira pas non plus" à des questions écrites. "Pour le moment, il ne veut pas parler de ça." Max Eberl, le directeur sportif du Borussia, et le directeur Stephan Schippers ne s'expriment pas non plus en détails concernant Bailly.

Le joueur n'est pas encore entré en action pour son nouveau club suisse. Bailly affirme être blessé. Le nouveau propriétaire de Xamax, un milliardaire tchétchène, possède une option d'achat sur le gardien belge jusqu'en juin prochain. S'il ne la lève pas, Bailly retournera alors au Borussia Mönchengladbach.

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré aux déboires de Logan Bailly dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Rafael Bushmann, Clemens Gerlach et Petra Truckendanner (Der Spiegel)

Logan Bailly, âgé de 25 ans, avait des problèmes privés alors que se jouait le destin du Borussia. Son histoire nous apprend ce qui peut arriver quand un joueur-clef d'une équipe déraille. Il y a deux ans et demi, quand Bailly a été transféré du RC Genk au Borussia Mönchengladbach, il était considéré comme un grand talent, enclin à prendre des risques. "Ce garçon est une force de la nature", écrivait Toni Schumacher, l'ancien gardien de la Mannschaft, dans un éditorial. Même la Juventus s'était intéressée au portier. Les Gladbacher ont accepté son style de vie tape-à-l'oeil. Bailly a acheté une Bentley à son père, une Audi A5 à son épouse. Lui-même s'est gréé une Lamborghini, une Ferrari et une Audi A5 Cabrio. Mais malgré un salaire annuel net fixe d'un demi-million d'euros, Bailly avait des problèmes financiers. Un confident de la famille dit que Bailly devait constamment payer pour son clan. "Dans des proportions qu'on ne connaît généralement que dans le chef de joueurs africains." Exemple : le frère de Bailly avait démoli l'Audi Q7 attribuée au footballeur. Montant des dégâts : 75.000 euros. La direction du Borussia a proposé un plan d'assainissement de ses dettes à Bailly. Il s'élevait à quelque 300.000 euros. Le gardien a accepté de rendre ses cartes de crédit et sa carte maestro au club. Il était également d'accord que son employeur ne lui verse plus que 7.000 des 40.000 euros de son salaire fixe mensuel, les 33.000 euros restants permettant d'apurer sa dette. La direction avait aussi un accès complet aux mouvements de compte de Bailly. Après la trêve hivernale, Bailly est d'abord resté second gardien. Le changement d'entraîneur, à la mi-février, lui a rendu sa chance mais la situation était grotesque. Au moment où Lucien Favre, le nouveau coach, replaçait Bailly dans la cage, celui-ci était en plein procès, à Liège, pour coups et blessures. Il y a dix jours, contacté par téléphone, le gardien a refusé une rencontre. "Il ne réagira pas non plus" à des questions écrites. "Pour le moment, il ne veut pas parler de ça." Max Eberl, le directeur sportif du Borussia, et le directeur Stephan Schippers ne s'expriment pas non plus en détails concernant Bailly. Le joueur n'est pas encore entré en action pour son nouveau club suisse. Bailly affirme être blessé. Le nouveau propriétaire de Xamax, un milliardaire tchétchène, possède une option d'achat sur le gardien belge jusqu'en juin prochain. S'il ne la lève pas, Bailly retournera alors au Borussia Mönchengladbach. Retrouvez l'intégralité de l'article consacré aux déboires de Logan Bailly dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine. Rafael Bushmann, Clemens Gerlach et Petra Truckendanner (Der Spiegel)