"Dorénavant, ceux qui seront convaincus de dopage seront également punis par la justice", a déclaré Gou Zhongwen, directeur de l'agence chinoise du Sport et président du Comité olympique de la Chine, à la chaîne officielle Xinhua. "À partir de cette année, les athlètes qui ne respectent pas le règlement antidopage s'exposent à des peines de prison."

Ce n'est pas neuf. En Allemagne, depuis 2015, les dopés risquent des poursuites pénales, même si personne n'a encore écopé d'une peine de prison. En fin d'année, la chambre des députés américaine a approuvé le Rodchenkov Act et, depuis, les tricheurs s'exposent également à des peines de prison là-bas.

Zhongwen estime qu'il ne pouvait pas être en reste, d'autant que le screening annuel des candidats aux écoles de sport a révélé dans les échantillons sanguins un recours trop fréquent à des produits interdits. "Apparemment, il ne suffit pas d'imposer des suspensions d'un an ou deux", a poursuivi Zhongwen, qui compte aussi s'attaquer au trafic de substances dopantes.

Si la Chine entame une lutte aussi acharnée contre le dopage, c'est surtout suite aux accusations du médecin chinois Xue Yinxian, qui a affirmé à la télévision allemande que son pays devait ses succès sportifs acquis dans les années '80 et '90 à un programme de dopage organisé par l'état.

"Les médailles chinoises sont le fruit du dopage, qu'elles soient d'or, d'argent ou de bronze. Il faudrait retirer aux Chinois toutes leurs médailles internationales", a déclaré le médecin, qui a notamment assuré le suivi du triple champion olympique de gymnastique Li Ning (Los Angeles, 1984) et a été écarté pour avoir refusé d'injecter un produit interdit à un sportif.

"Durant ces deux décennies, plus de 10.000 sportifs ont eu recours au dopage, y compris des enfants qui n'avaient pas le choix. C'est criminel."

Par Chris Tetaert