Par John BAETE

Si l'Histoire anderlechtoise récente n'avait pas été marquée par le renvoi de Frankie Vercauteren comme coach il y a trois ans, l'ex-Petit Prince du Parc Astrid serait devenu directeur technique. C'était officiellement dans l'air chez les Mauves alors que ça roulait pour Frankie, double champion en 2006 et 2007. Il serait alors devenu le DT de son ex-adjoint, Ariel Jacobs, promu comme coach.

Aujourd'hui, les deux hommes se détestent officiellement et excessivement. Quelle tristesse que cette fracture entre Vercauteren et Anderlecht, deux monuments du foot belge. Le gars qui parviendrait à les réconcilier ça mériterait un Prix Nobel... Et ce ne viendra pas du président Roger Vanden Stock, qui a définitivement répudié Vercauteren. Avait-il besoin, pour défendre Jacobs, d'être aussi émotionnel?

Anderlecht reste un club sans DT, fonction partagée principalement par le secrétaire-général Philippe Collin et le manager Herman Van Holsbeeck (le premier possède la même casquette à l'Union belge et ne risque pas le coup de froid). Historiquement, Constant Vanden Stock s'est très souvent fait conseiller par Raymond Goethals, en free-lance, quand ce dernier était libre de coaching.

Au Standard, pas de DT officiel non plus: c'est Lucien D'Onofrio qui commande tout, tout seul, et qui est donc le premier à réaliser que l'héritage de l'équipe championne de Michel Preud'homme a progressivement fondu.

Au Club Bruges, par contre, c'est Luc Devroe qui s'y colle et il était placé sous le même type de pression que son coach, Adrie Koster, avant le redressement de dimanche. Chez les Blauw en Zwart, les duos DT/coach valsent pratiquement ensemble. Remember Marc Degryse, parti après Caje Ceulemans.

DT est donc devenu une vraie fonction à risques: quand les résultats ne suivent pas, il vole de plus en plus souvent dehors après le coach. Exemple récent au Sporting de Charleroi où Mogi Bayat (manager général et DT) a dû faire ses valises quelques semaines après Jacky Mathijssen.

Mais que se passe-t-il quand c'est le boss qui choisit les joueurs et que le coach a l'air de bien travailler mais que les résultats sont nuls? Il ne va jamais se virer mais vivre en enfer, car le public a toujours les noms des responsables!

Cas rare en Serie A, la semaine passée. L'homme d'affaires et président de Palerme, Maurizio Zamparini, a viré son DT Walter Sabatini mais gardé son entraîneur Delio Rossi (pourtant historiquement et humainement proche de Sabatini). C'est la première fois que le businessman de Vénétie, qui a la main lourde, agit de la sorte. Depuis 2002, quand il a repris le club palermitain, il a déjà viré 12 coaches. La version officielle est que Sabatini (qui avait déjà eu un gros clash avec son boss en août) a démissionné pour raisons personnelles. Mais qui le croit? C'est comme à Eupen où, sous Antonio Imborgia, les coaches Danny Ost puis Ezio Capuano ont soi-disant démissionné. Et avec tout leur staff par-dessus le marché!

L'exemple palermitain présente deux lectures: soit le président veut protéger son entraîneur en estimant qu'il ne possède pas un noyau suffisamment bon (Zamparini veut engager en janvier), soit il veut jouer lui-même au DT. Mais de toute façon, il n'est pas heureux avec son DT!

Une chose a donc changé: le DT est de plus en plus médiatisé et en première ligne des critiques. Les Anglais, qui ne font jamais rien comme tout le monde, intègrent depuis longtemps les fonctions de coach et DT dans celle de manager. Chez eux, pas d'agent double: l'entraîneur choisit lui-même ses joueurs. Evidemment, s'il part juste après avoir transféré des nouveaux joueurs, il risque de créer de gros malentendus. Comme Rafa Benitez, parti à l'Inter, qui croyait visiblement bien plus dans Milan Jovanovic que Roy Hodgson.

Depuis cette saison, le Real Madrid possède un cadre technique plus sophistiqué que jamais. Jorge Valdano y est DT chaque fois que Florentino Perez y est président, soit de 2000 à 2006 puis à nouveau depuis l'an passé. Et depuis 2009, Perez a aussi un conseiller personnel: Zinédine Zidane. Zizou donne des avis sur les talents à engager (la rumeur rapporte que Mehdi Carcela lui aurait tapé dans l'oeil mais rien n'est confirmé) et encadrerait depuis peu l'équipe A dans la gestion des grands matches. Avec l'aval d'un José Mourinho, qui n'a vraiment peur de rien ni de personne. Même pas des agents triples.

Par John BAETESi l'Histoire anderlechtoise récente n'avait pas été marquée par le renvoi de Frankie Vercauteren comme coach il y a trois ans, l'ex-Petit Prince du Parc Astrid serait devenu directeur technique. C'était officiellement dans l'air chez les Mauves alors que ça roulait pour Frankie, double champion en 2006 et 2007. Il serait alors devenu le DT de son ex-adjoint, Ariel Jacobs, promu comme coach. Aujourd'hui, les deux hommes se détestent officiellement et excessivement. Quelle tristesse que cette fracture entre Vercauteren et Anderlecht, deux monuments du foot belge. Le gars qui parviendrait à les réconcilier ça mériterait un Prix Nobel... Et ce ne viendra pas du président Roger Vanden Stock, qui a définitivement répudié Vercauteren. Avait-il besoin, pour défendre Jacobs, d'être aussi émotionnel? Anderlecht reste un club sans DT, fonction partagée principalement par le secrétaire-général Philippe Collin et le manager Herman Van Holsbeeck (le premier possède la même casquette à l'Union belge et ne risque pas le coup de froid). Historiquement, Constant Vanden Stock s'est très souvent fait conseiller par Raymond Goethals, en free-lance, quand ce dernier était libre de coaching. Au Standard, pas de DT officiel non plus: c'est Lucien D'Onofrio qui commande tout, tout seul, et qui est donc le premier à réaliser que l'héritage de l'équipe championne de Michel Preud'homme a progressivement fondu. Au Club Bruges, par contre, c'est Luc Devroe qui s'y colle et il était placé sous le même type de pression que son coach, Adrie Koster, avant le redressement de dimanche. Chez les Blauw en Zwart, les duos DT/coach valsent pratiquement ensemble. Remember Marc Degryse, parti après Caje Ceulemans. DT est donc devenu une vraie fonction à risques: quand les résultats ne suivent pas, il vole de plus en plus souvent dehors après le coach. Exemple récent au Sporting de Charleroi où Mogi Bayat (manager général et DT) a dû faire ses valises quelques semaines après Jacky Mathijssen. Mais que se passe-t-il quand c'est le boss qui choisit les joueurs et que le coach a l'air de bien travailler mais que les résultats sont nuls? Il ne va jamais se virer mais vivre en enfer, car le public a toujours les noms des responsables!Cas rare en Serie A, la semaine passée. L'homme d'affaires et président de Palerme, Maurizio Zamparini, a viré son DT Walter Sabatini mais gardé son entraîneur Delio Rossi (pourtant historiquement et humainement proche de Sabatini). C'est la première fois que le businessman de Vénétie, qui a la main lourde, agit de la sorte. Depuis 2002, quand il a repris le club palermitain, il a déjà viré 12 coaches. La version officielle est que Sabatini (qui avait déjà eu un gros clash avec son boss en août) a démissionné pour raisons personnelles. Mais qui le croit? C'est comme à Eupen où, sous Antonio Imborgia, les coaches Danny Ost puis Ezio Capuano ont soi-disant démissionné. Et avec tout leur staff par-dessus le marché! L'exemple palermitain présente deux lectures: soit le président veut protéger son entraîneur en estimant qu'il ne possède pas un noyau suffisamment bon (Zamparini veut engager en janvier), soit il veut jouer lui-même au DT. Mais de toute façon, il n'est pas heureux avec son DT! Une chose a donc changé: le DT est de plus en plus médiatisé et en première ligne des critiques. Les Anglais, qui ne font jamais rien comme tout le monde, intègrent depuis longtemps les fonctions de coach et DT dans celle de manager. Chez eux, pas d'agent double: l'entraîneur choisit lui-même ses joueurs. Evidemment, s'il part juste après avoir transféré des nouveaux joueurs, il risque de créer de gros malentendus. Comme Rafa Benitez, parti à l'Inter, qui croyait visiblement bien plus dans Milan Jovanovic que Roy Hodgson. Depuis cette saison, le Real Madrid possède un cadre technique plus sophistiqué que jamais. Jorge Valdano y est DT chaque fois que Florentino Perez y est président, soit de 2000 à 2006 puis à nouveau depuis l'an passé. Et depuis 2009, Perez a aussi un conseiller personnel: Zinédine Zidane. Zizou donne des avis sur les talents à engager (la rumeur rapporte que Mehdi Carcela lui aurait tapé dans l'oeil mais rien n'est confirmé) et encadrerait depuis peu l'équipe A dans la gestion des grands matches. Avec l'aval d'un José Mourinho, qui n'a vraiment peur de rien ni de personne. Même pas des agents triples.