Mais que cache ce rapprochement ? Anderlecht ne risque-t-il pas de perdre son âme et de s'engager dans des luttes intestines ? Sollicité aussi par l'étranger, D'Onofrio a-t-il vraiment l'intention de rejoindre les Mauves et dans quel rôle ? Son réseau, loin d'être infaillible lorsqu'il était mis au service du Standard, est-il encore si important et peut-il être d'une quelconque utilité pour Anderlecht ? Et comment le football belge a-t-il reçu la nouvelle ? a tenté de répondre à toutes ces questions.

1. La réussite des transferts de D'Onofrio est surévaluée Sans nier l'existence du fameux carnet d'adresses de Lucien D'Onofrio, on ne peut pas dire qu'il a particulièrement servi le Standard ou qu'il fut utilisé à bon escient.

Si on cumule les réussites de LDO, à savoir les transferts de niveau international et les bonnes pioches comme Ivica Dragutinovic, Vedran Runje, Manuel Dimas, les retours d'Eric Deflandre ou Michaël Goossens ou l'éclosion de Karel Geraerts, devenu Diable Rouge sous la vareuse du Standard, on obtient le chiffre de 36 réussites (sur 156 transferts effectués par LDO). Soit un pourcentage famélique de 23 %. Même pas un transfert sur quatre !

2. Une volonté commune anti-Standard
Certains n'en démordent pas et constatent "que la haine du nouveau Standard pour l'un (Lucien) et celle du Standard en général pour l'autre (Roger Vanden Stock) sont plus importantes que les dissensions existantes entre les deux hommes." Bref, que cette nouvelle collaboration est davantage mue par un désir de faire la nique au Standard que par une politique mûrement réfléchie. "Les Mauves ne se sont jamais remis des deux titres glanés par le Standard", explique même un proche de la famille rouche.

3. Ce que Lucien va apporter à Anderlecht
"A part Jorge Mendes (agent de Cristiano Ronaldo et de José Mourinho), je ne vois pas beaucoup de personnes possédant un tel réseau. Reste que ce n'est pas tant dans les transferts entrants que D'Onofrio va pouvoir être utile mais plutôt dans les transferts sortants", explique l'agent de joueurs Nenad Petrovic. "Le but de Roger Vanden Stock est de maximiser son budget et il se rend bien compte que ce n'est pas la Ligue des Champions ou le stade qui vont le lui permettre. Par contre, D'Onofrio est capable de valoriser des joueurs comme Matias Suarez ou Fernando Canesin, amenés un jour à quitter le club, et les vendre à un très bon prix.

4. Ce qui va changer à Anderlecht
En étant au centre des négociations avec Lucien D'Onofrio, Philippe Collin, qui aurait perdu de son influence au Parc Astrid en allant à l'Union Belge, se replacerait et mettrait surtout un sérieux concurrent dans les pattes de son rival Herman Van Holsbeeck. Mais le manager général ne l'entend pas de cette manière. "Je ne ressens pas du tout cette tentative de rapprochement comme un désaveu de mon travail", affirme-t-il. "Lucien D'Onofrio se trouve actuellement sur le marché et ç'aurait été une erreur professionnelle de ne le pas le contacter pour voir ce qu'il pourrait nous apporter."

5. Le foot belge n'est pas choqué
Alain Lommers, directeur général de Mons : "En dix ans, il a transformé un Standard moribond en un club présent sur la scène de la Ligue des Champions. Ses problèmes avec la justice ne doivent pas revenir sur le tapis. Il a autrefois eu des soucis en France mais il a payé. De toute façon, ça n'intervient pas directement dans l'esprit des gens qui doivent recruter une grande pointure. Bernard Tapie a aussi eu de gros problèmes, il a été critiqué, mais aujourd'hui, tout le monde se l'arrache pour qu'il investisse."

Retrouvez l'intégralité du dossier spécial D'Onofrio - Anderlecht dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Stéphane Vande Velde, Thomas Bricmont, Daniel Devos et Pierre Danvoye, Sport/Foot Magazine

Mais que cache ce rapprochement ? Anderlecht ne risque-t-il pas de perdre son âme et de s'engager dans des luttes intestines ? Sollicité aussi par l'étranger, D'Onofrio a-t-il vraiment l'intention de rejoindre les Mauves et dans quel rôle ? Son réseau, loin d'être infaillible lorsqu'il était mis au service du Standard, est-il encore si important et peut-il être d'une quelconque utilité pour Anderlecht ? Et comment le football belge a-t-il reçu la nouvelle ? a tenté de répondre à toutes ces questions. 1. La réussite des transferts de D'Onofrio est surévaluée Sans nier l'existence du fameux carnet d'adresses de Lucien D'Onofrio, on ne peut pas dire qu'il a particulièrement servi le Standard ou qu'il fut utilisé à bon escient. Si on cumule les réussites de LDO, à savoir les transferts de niveau international et les bonnes pioches comme Ivica Dragutinovic, Vedran Runje, Manuel Dimas, les retours d'Eric Deflandre ou Michaël Goossens ou l'éclosion de Karel Geraerts, devenu Diable Rouge sous la vareuse du Standard, on obtient le chiffre de 36 réussites (sur 156 transferts effectués par LDO). Soit un pourcentage famélique de 23 %. Même pas un transfert sur quatre ! 2. Une volonté commune anti-Standard Certains n'en démordent pas et constatent "que la haine du nouveau Standard pour l'un (Lucien) et celle du Standard en général pour l'autre (Roger Vanden Stock) sont plus importantes que les dissensions existantes entre les deux hommes." Bref, que cette nouvelle collaboration est davantage mue par un désir de faire la nique au Standard que par une politique mûrement réfléchie. "Les Mauves ne se sont jamais remis des deux titres glanés par le Standard", explique même un proche de la famille rouche. 3. Ce que Lucien va apporter à Anderlecht "A part Jorge Mendes (agent de Cristiano Ronaldo et de José Mourinho), je ne vois pas beaucoup de personnes possédant un tel réseau. Reste que ce n'est pas tant dans les transferts entrants que D'Onofrio va pouvoir être utile mais plutôt dans les transferts sortants", explique l'agent de joueurs Nenad Petrovic. "Le but de Roger Vanden Stock est de maximiser son budget et il se rend bien compte que ce n'est pas la Ligue des Champions ou le stade qui vont le lui permettre. Par contre, D'Onofrio est capable de valoriser des joueurs comme Matias Suarez ou Fernando Canesin, amenés un jour à quitter le club, et les vendre à un très bon prix. 4. Ce qui va changer à Anderlecht En étant au centre des négociations avec Lucien D'Onofrio, Philippe Collin, qui aurait perdu de son influence au Parc Astrid en allant à l'Union Belge, se replacerait et mettrait surtout un sérieux concurrent dans les pattes de son rival Herman Van Holsbeeck. Mais le manager général ne l'entend pas de cette manière. "Je ne ressens pas du tout cette tentative de rapprochement comme un désaveu de mon travail", affirme-t-il. "Lucien D'Onofrio se trouve actuellement sur le marché et ç'aurait été une erreur professionnelle de ne le pas le contacter pour voir ce qu'il pourrait nous apporter." 5. Le foot belge n'est pas choqué Alain Lommers, directeur général de Mons : "En dix ans, il a transformé un Standard moribond en un club présent sur la scène de la Ligue des Champions. Ses problèmes avec la justice ne doivent pas revenir sur le tapis. Il a autrefois eu des soucis en France mais il a payé. De toute façon, ça n'intervient pas directement dans l'esprit des gens qui doivent recruter une grande pointure. Bernard Tapie a aussi eu de gros problèmes, il a été critiqué, mais aujourd'hui, tout le monde se l'arrache pour qu'il investisse." Retrouvez l'intégralité du dossier spécial D'Onofrio - Anderlecht dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine. Stéphane Vande Velde, Thomas Bricmont, Daniel Devos et Pierre Danvoye, Sport/Foot Magazine