Mukesh Ambani
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On ne parle pas de football, de football américain ou de NBA : Mukesh Ambani (60), le propriétaire de club le plus riche du monde, est un amateur de... cricket. L'Indien qui possède les Mumbai Indians a fait fortune dans les secteurs de la pétrochimie, de l'industrie pétrolière ou gazière, du commerce de détail et des télécommunications. Il est le big boss de Reliance Industries Limited, la plus grande entreprise indienne (chiffre d'affaires de 60 milliards de dollars), fondée en 1966 par son père, Dhirubhai. A la mort de celui-ci, Mukesh et sa jeune soeur Anil se sont partagés les parts. Six ans plus tard, Ambani a puisé dans ses réserves pour acheter un des huit clubs de la nouvelle Indian Premier League. Au départ, les Mumbai Indians ont connu des difficultés mais Ambani, ex-étudiant de la Stanford University, a continué à investir. Avec succès puisque, même si la dernière saison a été décevante, avec une cinquième place, le palmarès du club fait état de trois titres (2013, 2015, 2017). La valeur des Indians, qui évoluent au Wankhede Stadium (d'une capacité de 33.000 fans), est ainsi estimée à plus de 100 millions de dollars, ce qui fait d'eux le premier club d'IPL. Le leitmotiv de ce club de cricket est "Duniya Hila Denge Hum", soit "We will rock the world". C'est plus facile quand on a à sa tête la quatorzième fortune mondiale.Steve Ballmer (62) a été pendant trois ans le propriétaire de club le plus riche du monde. Mais l'an dernier, bien qu'il ait progressé au classement général de Forbes, Mukesh Ambani l'a dépassé. Cela n'empêchera pas Ballmer de dormir car la fortune personnelle de l'ex-CEO de Microsoft (2000 à 2014) est estimée à 41,5 milliards de dollars. En 2014, lorsqu'il a quitté Microsoft, il a consacré deux de ces milliards à l'achat des LA Clippers. Donald Sterling, l'ex-propriétaire, avait été sommé par la NBA de vendre sa franchise après avoir provoqué un scandale raciste. Ballmer avait emporté le marché en offrant bien plus que la valeur marchande des Clippers. Et Sterling avait pu empocher immédiatement le chèque. Jusqu'ici, un seul club de sport américain a coûté plus cher. Ballmer ne regrette rien car, au cours des cinq dernières années, la valeur marchande des Clippers a augmenté de 282 %. Elle est à présent de 2,2 milliards de dollars. Seuls les Golden State Warriors, vainqueurs de la NBA l'an dernier, font mieux. Et l'avenir s'annonce rose : très ambitieux, Ballmer veut construire une nouvelle salle à Inglewood. Cela lui permettrait de quitter le Staples Center, au centre de Los Angeles, qu'il partage avec l'ennemi juré, les Lakers. L'été prochain, après des années de travail préparatoire (au cours desquelles il a notamment vendu les chouchous du public Blake Griffin et Chris Paul), il espère frapper un grand coup sur le marché des transferts en faisant signer des superstars comme Kawhi Leonard, Kevin Durant et Anthony Davis. Ballmer, connu pour ses danses dans les tribunes, serait sans doute encore plus enthousiaste. Et surtout bien plus riche.Jusqu'à l'an dernier, c'est Paul Allen qui occupait cette place mais le co-fondateur de Microsoft est décédé en octobre 2018 à l'âge de 65 ans. Il souffrait de la maladie de Hodgkin. Sans enfant, Allen a laissé à sa soeur Jody un héritage de plus de 20 milliards de dollars. Dans ce portefeuille, on trouve non seulement les nombreuses fondations lancées par le philanthrope en 1982, après son départ de Microsoft - il a notamment offert 500 millions de dollars à l'Institute for Brain Science -, mais aussi trois clubs de sport : les Seattle Seahawks (NFL), les Portland Trail Blazers (NBA) et les Seattle Sounders (Major League Soccer). En 2013, les Seahawks ont remporté le Super Bowl tandis qu'en 2016, les Sounders (dont Allen était actionnaire minoritaire) ont décroché le titre en MLS. Malgré la présence de stars comme CJ McCollum et Damian Lillard, les Trail Blazers ont moins de succès : ils n'ont plus été champions de NBA depuis 1977. Par contre, l'investissement d'Allen s'est avéré rentable. Il les a achetés en 1988 pour 70 millions de dollars et ils valent aujourd'hui 1,6 milliard de dollars. De nombreux fans de Portland craignent que Jody, qui n'y connaît rien en sport, vende la franchise de NBA à une autre ville américaine.En 2018, Red Bull a vendu 6,8 milliards de canettes, un record dû, en bonne partie, à la politique de marketing agressive menée par l'Autrichien Dietrich Mateschitz (74), fondateur de Red Bull GmbH en 1984. Une formule publicitaire basée sur le sponsoring d'athlètes de sports extrêmes (du parachutiste autrichien Felix Baumgartner à la skieuse Lindsey Vonn) mais aussi sur l'achat de clubs dont les couleurs, le logo et stade entrent dans le moule Red Bull. C'est ainsi qu'en 2005, l'Austria Salzbourg devenait le FC Red Bull Salzbourg. Quatre ans plus tard, Mateschitz fondait aussi le RB Leipzig, ajoutant ainsi un club à un empire footballistique comprenant déjà le Red Bull Salzbourg, les New York Red Bulls et Red Bull Brasil. Dans le cas de Leipzig, RB signifie RasenBallsport, littéralement "sport de ballon sur gazon", et pas Red Bull. La fédération allemande interdit en effet toute publicité dans le nom d'un club. Grâce aux centaines de millions investis par Mateschitz, le RB Leipzig est très rapidement devenu un outsider en Bundesliga mais aussi le club le plus détesté d'Allemagne. Le joyau de l'empire Mateschitz est toutefois l'écurie de Formule 1 Red Bull Racing, dont il est devenu propriétaire en 2005. Cinq ans plus tard, il fêtait le premier des quatre titres mondiaux de Sebastian Vettel (2010/2013). Depuis, Red Bull court en vain derrière Lewis Hamilton et Mercedes mais l'excentrique Max Verstappen génère beaucoup de publicité. Et c'est ce que recherche avant tout Mateschitz.Hasso Plattner (75) est co-fondateur, actionnaire majoritaire et président de SAP, le leader du marché mondial du software. En 2013, l'Allemand a également pris le contrôle de San Jose Sports & Entertainment Enterprises, l'entreprise qui possède le club de hockey sur glace des San Jose Sharks, qui évoluent au SAP Center. Trois ans plus tard, ceux-ci ont atteint la finale de la NHL, perdue face aux Pittsburgh Penguins. Plattner n'aime pas qu'on s'intéresse à lui mais il est très ambitieux. En fin d'année dernière, le milliardaire a acheté la star suédoise Erik Karlsson dans l'espoir de remporter la très convoitée Stanley Cup en juin prochain.Faut-il encore présenter Roman Abramovich ? Grand ami de Vladimir Poutine, le baron russe du pétrole et de l'acier a acheté Chelsea en 2003, modifiant ainsi la hiérarchie du football. Egalement titulaire d'un passeport israélien, il possède un des plus grands yachts du monde, l'Eclipse, acheté 400 millions de dollars en 2010. A l'époque, il était encore l'homme le plus riche de Russie - en 2008, sa fortune était évaluée à 23,5 milliards d'euros - mais depuis, il perd de l'argent. Le royaume de Chelski perd de sa valeur également. Grâce à l'apport de joueurs transférés pour plus d'un milliard d'euros, les Blues d'Abramovich ont certes conquis cinq titres nationaux (2005, 2006, 2010, 2015 en 2017), une Ligue des Champions (2012) et l'Europa League (2013) mais cela fait près de deux ans qu'ils n'ont plus rien gagné. Abramovich ne veut pas entrer dans la spirale des milliardaires du Moyen-Orient et Chelsea est donc moins puissant sur le marché des transferts. De plus, le club n'a pas de plan d'action à long terme et change régulièrement d'entraîneur, la patience n'étant pas le point fort du Russe. Il n'est dès lors pas étonnant que son meilleur joueur, Eden Hazard, envisage de plus en plus de rejoindre Thibaut Courtois à Madrid. Les rumeurs selon lesquelles Abramovich voudrait vendre Chelsea sont de plus en plus fortes également. On ne le voit pratiquement plus à Londres car, en raison des tensions entre la Russie et le Royaume-Uni suite à l'empoisonnement de l'espion Serguei Skripal, la procédure pour le renouvellement de son permis de travail a duré trop longtemps. Officiellement, Abramovich ne peut même plus travailler en Angleterre. Philip Anschutz (79) est avant tout connu pour être le patron d'Anschutz Entertainment Group, plus grand groupe au monde d'équipes de sport, d'événements sportifs et musicaux et, surtout, de stades. Il en possède plus de cent dans le monde, dont l'O2 Arena de Londres et le Staples Center in Los Angeles. C'est là que jouent les célèbres LA Lakers, club de NBA dont Anschutz possède un tiers des actions, ainsi que les LA Kings, club de NHL dont l'Américain est actionnaire majoritaire et avec qui il a remporté la Stanley Cup en 2012 et 2014. Mais c'est surtout en Major League Soccer qu'Anschutz est connu. Il en fut l'un des fondateurs en 1996 et, à un certain moment, il possédait six clubs. Au début, ceux-ci perdaient beaucoup d'argent mais il a continué à investir et, grâce à sa vision progressiste du marketing, il est considéré comme le sauveur de la MLS. Il a même reçu une médaille en guise de reconnaissance pour ce qu'il a fait pour le football aux Etats-Unis. Depuis, il a vendu les actions qu'il possédait dans les clubs de Chicago, Denver, Houston, New York, San Jose et Washington. Il reste cependant actionnaire majoritaire du LA Galaxy, dont il tient fermement les rênes. Le dernier titre remonte cependant à 2014 et, lors des deux derniers exercices, LAG n'a même pas atteint les play-offs. En matière de valeur commerciale (320 millions de dollars) et de chiffre d'affaires (63 millions de dollars), LA Galaxy reste cependant un des deux plus grands clubs des Etats-Unis, avec Atlanta United. Ce n'est pas pour rien que, de David Beckham en 2007, à Zlatan Ibrahimovic la saison dernière, en passant par Robbie Keane, Steven Gerrard et même Jelle Van Damme, de nombreuses stars ont porté le maillot du club.Le premier est un milliardaire russe. Il a fait fortune dans les secteurs du métal, de l'électricité, des assurances et des médias. Le second est un homme d'affaires canadien d'origine taïwanaise, co-fondateur d'Alibaba Group, le géant chinois du commerce en ligne. A première vue, les deux hommes n'ont pas grand-chose en commun mais en 2018, Mikhail Prokhorov (53) a cédé 49 % des actions des Brooklyn Nets à Joseph Tsai (55). Coût de la transaction : 1,15 milliard de dollars. Et s'il le souhaite, Tsai pourra acheter les 51 % pour le même montant en 2021. Jusque-là, Prokhorov restera au pouvoir. En 2010, cet ami du rappeur Jay-Z était devenu le premier étranger propriétaire d'un club de NBA. Ce qui n'avait guère plu à la Ligue car le Russe a une réputation douteuse et a déjà été impliqué en dans différents scandales. En 2012, il était candidat aux élections présidentielles russes mais il n'a obtenu que 8 % des voix. En attendant de devenir propriétaire unique des Brooklyn Nets, Joseph Tsai a acheté un deuxième club new-yorkais, le NY Liberty, qui évolue en WNBA. Avant cela, cet habitant de Hong-Kong avait déjà détenu les San Diego Seals, un club de National Lacrosse League, sport qu'il avait pratiqué pendant ses études aux Etats-Unis. L'an dernier, par le biais d'un groupe d'investisseurs, il a tenté d'ajouter les Carolina Panthers (NFL) à son portefeuille mais s'est retiré en raison du prix de vente trop élevé. Il n'empêche qu'il continue à conquérir le marché du sport.MickyArison (69) est le président de Carnival Corp., plus grand propriétaire de bateaux de croisière au monde. Né à Tel Aviv, il a déménagé aux Etats-Unis lorsqu'il était enfant. C'est son père, Ted, qui a fondé Carnival. Dès 1995, Micky a acheté les Miami Heat, amenant le grand coach Pat Riley en Floride. Le carnet de chèques d'Arison et la connaissance du basket de Riley ont permis au Heat de remporter trois fois la NBA. Avec Dwayne Wade et Shaquille O'Neal en 2006 et avec le super trio Wade/LeBron James/Chris Bosh en 2012 et 2013. Depuis que James est reparti à Cleveland, en 2014, le Heat est redevenu une équipe moyenne. Sur le plan sportif, du moins, car le maillot rose Miami Vice, inspiré de la série de télévision des années '80, est le troisième le plus vendu de toute l'histoire de la NBA. Stan Kroenke (71), magnat américain de l'immobilier, n'est pas le propriétaire de club le plus riche mais c'est lui qui possède le plus gros portefeuille sportif avec des équipes américaine de différentes disciplines mais aussi Arsenal, club de Premier League qu'il a acheté en août de l'année dernière. Il en détenait déjà 67 % des actions et a mis 550 millions de £ sur la table pour racheter les 30 % appartenant à Alisher Ousmanov. Les négociations ont été ardues car l'Ouzbek, cité comme repreneur potentiel d'Anderlecht l'an dernier, avait longtemps tenté de prendre le contrôle du club. Les fans d'Arsenal ne sont pas non plus très heureux de voir Kroenkes diriger seul l'entreprise. Le jour du rachat, le Supporters Trust a même évoqué "une journée terrible pour le club". Et la colère n'a fait qu'augmenter lorsque le prix d'entrée au stade, déjà très élevé, a encore explosé tandis que Kroenke s'octroyait un dividende de trois millions de £. Pour les supporters, il ne cherche qu'à s'enrichir. Kroenke riposte : pour lui, Arsenal constitue un projet à long terme. Mais après une sixième place décevante l'an dernier sous la direction d'Arsène Wenger, les Gunners, désormais entraînés par Unai Emery, risquent à nouveau de voir la participation à la Ligue des Champions leur passer sous le nez. Kroenke connaît davantage de succès dans le football américain puisque, en février, les Los Angeles Rams ont disputé le Super Bowl, qu'ils ont perdu face aux New England Patriots. En 2020, les Rams et les LA Chargers s'installeront dans le tout nouveau Los Angeles Stadium.