Par John BAETE

Il y a deux raisons pour lesquelles le Standard a battu Anderlecht, Gand et Genk, excusez du peu, en une semaine. D'abord, le fait de pouvoir enfin compter sur un noyau pratiquement sain (bien qu'on ne verra plus Cyriac cette saison et que Steven Defour est enfermé dans un cercle vicieux de bobos). Et puis, il y a le fait qu'il parvienne à passer la surmultipliée à un moment ou un autre dans un match et à faire en sorte que ça passe. D'équipe en totale absence de confiance il y a peu, le Standard a étonné tout le monde en sept jours. En le méritant, tant il a fait preuve d'un bon mélange de football construit et de qualités physiques quand il l'a fallu. C'est la clé de ses succès: quand il décide de se lâcher, rien ne lui résiste.

Reste qu'il est demeuré vulnérable quand il acceptait de subir la pression adverse. Dimanche encore, il a reculé face à Genk quand il ne trouvait pas rapidement le moyen de passer le double rideau entrejeu-défense dressé par Frankie Vercauteren en perte de balle limbourgeoise. Clairement, les Rouches craignaient l'une ou l'autre contre-attaque des futés De Bruyne-Barda-Vossen. Exemple type: le but du Racing, tombé à un moment où le Standard ne croyait pas assez en lui. A Anderlecht, le champion en titre était tellement faible qu'il a aidé le Standard à gagner. Mais contre Gand et Genk, Sclessin a été le témoin de victoires face à des équipes quasi au meilleur de leur forme.

Le Standard, déjà la révélation de cette fin de saison en championnat et en Coupe, pourrait de lui-même changer le printemps en voie royale. A condition de placer d'entrée de jeu une pression folle sur l'adversaire. Jusqu'à présent, il s'est mis lui-même en difficulté en acceptant le combat et en reculant, au lieu de prendre l'autre à la gorge et de le bluffer. Le Standard ferait mieux de commencer par faire le forcing et de gérer le résultat acquis. Pour l'instant, c'est encore le scénario inverse, comme il y a un mois aussi contre le Club Bruges. Il encaisse puis se rebiffe parce que, souvent perturbé par une saison parfois pathétique faite plus de bas que de hauts, le Standard a encore peur de gagner.

La peur de gagner n'est pas un cliché. Elle peut-être aussi paralysante que la peur de perdre. Les psys l'ont observée dans tous les sports, individuels ou collectifs. Vu de l'extérieur, le joueur (ou l'équipe) recule au lieu d'avancer tout en ayant l'impression de faire ce qu'il faut pour gagner, alors qu'on a la sensation qu'il fait tout pour perdre. C'est évidemment une question d'objectif à atteindre: plus il est élevé et plus la peur de gagner est présente. Du coup, la pression s'installe parce qu'on ne veut décevoir personne: ni le coach, ni le club, ni le public, ni soi-même... Le choix est clair: jouer petit bras et rester dans une zone de confort en se trouvant des excuses ou ne plus se poser de questions et rentrer dans le match à 200 à l'heure.

Mais ce n'est pas aussi simple: le fait de devenir complètement désinhibé dans la prise de risques offensifs ne doit pas empêcher de continuer à raisonner. Le Standard encaissera toujours l'un ou l'autre goal: que ce soit en jouant de façon trop prudente ou en cédant à la furia inscrite dans son ADN. La différence, c'est que s'il est trop conservateur, il ne marquera jamais autant qu'en étant offensif. S'il a peur de gagner, il risque plus de perdre... Il devrait donc toujours y aller à fond, jouer pour marquer un but de plus que l'adversaire.

En oblitérant cette crainte, le Standard pourra être plus que "l'emmerdeur en chef des play-offs". Dominique D'Onofrio a signé ce copyright pour ne pas mettre la pression sur son équipe; mais tout le monde voit bien qu'il peut être plus ambitieux, finalement. Il ne doit donc plus protéger ses gars mais les mettre dans les conditions que leur statut exige aujourd'hui. Le Standard ne doit plus se sous-estimer.

Par John BAETEIl y a deux raisons pour lesquelles le Standard a battu Anderlecht, Gand et Genk, excusez du peu, en une semaine. D'abord, le fait de pouvoir enfin compter sur un noyau pratiquement sain (bien qu'on ne verra plus Cyriac cette saison et que Steven Defour est enfermé dans un cercle vicieux de bobos). Et puis, il y a le fait qu'il parvienne à passer la surmultipliée à un moment ou un autre dans un match et à faire en sorte que ça passe. D'équipe en totale absence de confiance il y a peu, le Standard a étonné tout le monde en sept jours. En le méritant, tant il a fait preuve d'un bon mélange de football construit et de qualités physiques quand il l'a fallu. C'est la clé de ses succès: quand il décide de se lâcher, rien ne lui résiste. Reste qu'il est demeuré vulnérable quand il acceptait de subir la pression adverse. Dimanche encore, il a reculé face à Genk quand il ne trouvait pas rapidement le moyen de passer le double rideau entrejeu-défense dressé par Frankie Vercauteren en perte de balle limbourgeoise. Clairement, les Rouches craignaient l'une ou l'autre contre-attaque des futés De Bruyne-Barda-Vossen. Exemple type: le but du Racing, tombé à un moment où le Standard ne croyait pas assez en lui. A Anderlecht, le champion en titre était tellement faible qu'il a aidé le Standard à gagner. Mais contre Gand et Genk, Sclessin a été le témoin de victoires face à des équipes quasi au meilleur de leur forme. Le Standard, déjà la révélation de cette fin de saison en championnat et en Coupe, pourrait de lui-même changer le printemps en voie royale. A condition de placer d'entrée de jeu une pression folle sur l'adversaire. Jusqu'à présent, il s'est mis lui-même en difficulté en acceptant le combat et en reculant, au lieu de prendre l'autre à la gorge et de le bluffer. Le Standard ferait mieux de commencer par faire le forcing et de gérer le résultat acquis. Pour l'instant, c'est encore le scénario inverse, comme il y a un mois aussi contre le Club Bruges. Il encaisse puis se rebiffe parce que, souvent perturbé par une saison parfois pathétique faite plus de bas que de hauts, le Standard a encore peur de gagner. La peur de gagner n'est pas un cliché. Elle peut-être aussi paralysante que la peur de perdre. Les psys l'ont observée dans tous les sports, individuels ou collectifs. Vu de l'extérieur, le joueur (ou l'équipe) recule au lieu d'avancer tout en ayant l'impression de faire ce qu'il faut pour gagner, alors qu'on a la sensation qu'il fait tout pour perdre. C'est évidemment une question d'objectif à atteindre: plus il est élevé et plus la peur de gagner est présente. Du coup, la pression s'installe parce qu'on ne veut décevoir personne: ni le coach, ni le club, ni le public, ni soi-même... Le choix est clair: jouer petit bras et rester dans une zone de confort en se trouvant des excuses ou ne plus se poser de questions et rentrer dans le match à 200 à l'heure. Mais ce n'est pas aussi simple: le fait de devenir complètement désinhibé dans la prise de risques offensifs ne doit pas empêcher de continuer à raisonner. Le Standard encaissera toujours l'un ou l'autre goal: que ce soit en jouant de façon trop prudente ou en cédant à la furia inscrite dans son ADN. La différence, c'est que s'il est trop conservateur, il ne marquera jamais autant qu'en étant offensif. S'il a peur de gagner, il risque plus de perdre... Il devrait donc toujours y aller à fond, jouer pour marquer un but de plus que l'adversaire. En oblitérant cette crainte, le Standard pourra être plus que "l'emmerdeur en chef des play-offs". Dominique D'Onofrio a signé ce copyright pour ne pas mettre la pression sur son équipe; mais tout le monde voit bien qu'il peut être plus ambitieux, finalement. Il ne doit donc plus protéger ses gars mais les mettre dans les conditions que leur statut exige aujourd'hui. Le Standard ne doit plus se sous-estimer.