Par John BAETE

Le Standard a gagné la Coupe mais aurait pu réussir le doublé pour le même prix... Rapport au coup de poker de Frankie Vercauteren; quand il remplaça Anthony Vanden Borre par Kennedy, tous les supporters locaux furent interloqués. Rapport aux arrêts de Thibaut Courtois. Mais surtout rapport à l'exclusion non sifflée par l'arbitre Franck De Bleeckere à l'encontre de Chris Mavinga. Face à ce qui constitue une des plus grosses injustices de la saison (le Standard aurait joué à 11 contre 10 avec Mehdi Carcela et serait peut-être l'auteur d'un doublé historique à l'heure qu'il est), on s'étonne encore de la retenue des Rouches dans cette affaire. Ils ont continué à gérer leur match et n'ont pas hurlé leur rage après.

Dans un premier temps, on pouvait trouver ça étonnamment maîtrisé de la part d'un club qui a toujours une opinion et qui l'exprime, ce qui fait son charme. Mais dans un deuxième temps, on note que le Standard s'appuie sur l'épisode Carcela pour faire la leçon à Anderlecht au sujet de son attitude d'autruche dans le drame Witsel-Wasyl.

Est-ce utile? C'est plutôt le rôle des observateurs neutres de le faire. Et ne se trompe-t-on pas de cible, finalement? On constatera que le fossé qui sépare les deux clubs s'est sans doute à nouveau creusé...

La Coupe de Belgique n'est qu'un lot de consolation pour le Standard. Il méritait le doublé par la manière dont il a écrasé les play-offs 1, mais comment oublier qu'il ne les a atteints que par la petit porte? Ces vendanges tardives, c'est la seule imperfection dans sa saison sportive. Pour le reste, il a eu le mérite de mettre le doigt où ça fait mal, d'abord -et lourdement-, en ce qui concerne la formule de play-offs toujours aussi inexplicables à des étrangers (et des Belges?) qui voudraient comprendre... Une formule surréaliste qui ne pouvait venir que de Belgique.

Ivan De Witte, le futur ex-président de la Ligue pro, a été l'ennemi préféré de la direction rouche dans ce cénacle. Dimanche, il a parlé du Standard comme d'un club qu'il "aime bien, et qui est dans son coeur même si c'est un animal un peu spécial (sic) dans le zoo de la Ligue pro où il met de la couleur..." De Witte a promis que le contrat de TV sera très intéressant pour tout le monde. On verra à l'analyse. Il a aussi confirmé qu'il se retirait de la Ligue pro pour se consacrer exclusivement à son club, La Gantoise.

En soulignant, lucide, que l'avenir de la Ligue passerait par une redéfinition de sa mission: "On devra choisir son action: soit défendre les intérêts du foot professionnel, soit organiser la compétition". Par là même, il reconnaissait les erreurs inévitablement commises : réimposer des play-offs et proposer une D1 quasiment fermée, d'où ne peuvent descendre que des clubs jouant très, très mal pendant trois ans. Supprimer l'amalgame reviendrait, pour la Ligue pro, à s'occuper des clubs pros et à l'Union belge de s'occuper des compétitions. Mais l'UB n'était même pas représentée dimanche au Gala du Footballeur Pro. Pas invitée par la Ligue pro...Comment avoir un dialogue constructif, dès lors?

Le Standard, non plus, n'était pas là, justement interloqué qu'il était par le fait que les votes avaient été rentrés trop tôt, sans vraiment tenir compte des performances des play-offs, en bien comme en mal.

La saison se termine et on se rend compte que le différend Anderlecht-Standard n'est qu'un schisme parmi d'autres. Que les supporters des Diables Rouges se réjouissent à l'idée de prendre le meilleur sur la Turquie avec le retour à Bruxelles de toutes nos stars étrangères est une pensée fraîche et magnifique. Mais qu'ils sachent, aussi, que la prochaine saison belgo-belge se présente sous les pires auspices dans les sphères dirigeantes.

Quant au Standard, la saison prochaine, il ne pourra plus jouer les faux-modestes: son but doit être d'être champion et donc de se qualifier pour les phases de poules, en Ligue des Champions. Mais bon, le club va changer de propriétaire et on ne sait pas quels joueurs resteront. Comme chaque été, le Standard est à un tournant de son histoire...

Par John BAETELe Standard a gagné la Coupe mais aurait pu réussir le doublé pour le même prix... Rapport au coup de poker de Frankie Vercauteren; quand il remplaça Anthony Vanden Borre par Kennedy, tous les supporters locaux furent interloqués. Rapport aux arrêts de Thibaut Courtois. Mais surtout rapport à l'exclusion non sifflée par l'arbitre Franck De Bleeckere à l'encontre de Chris Mavinga. Face à ce qui constitue une des plus grosses injustices de la saison (le Standard aurait joué à 11 contre 10 avec Mehdi Carcela et serait peut-être l'auteur d'un doublé historique à l'heure qu'il est), on s'étonne encore de la retenue des Rouches dans cette affaire. Ils ont continué à gérer leur match et n'ont pas hurlé leur rage après. Dans un premier temps, on pouvait trouver ça étonnamment maîtrisé de la part d'un club qui a toujours une opinion et qui l'exprime, ce qui fait son charme. Mais dans un deuxième temps, on note que le Standard s'appuie sur l'épisode Carcela pour faire la leçon à Anderlecht au sujet de son attitude d'autruche dans le drame Witsel-Wasyl. Est-ce utile? C'est plutôt le rôle des observateurs neutres de le faire. Et ne se trompe-t-on pas de cible, finalement? On constatera que le fossé qui sépare les deux clubs s'est sans doute à nouveau creusé... La Coupe de Belgique n'est qu'un lot de consolation pour le Standard. Il méritait le doublé par la manière dont il a écrasé les play-offs 1, mais comment oublier qu'il ne les a atteints que par la petit porte? Ces vendanges tardives, c'est la seule imperfection dans sa saison sportive. Pour le reste, il a eu le mérite de mettre le doigt où ça fait mal, d'abord -et lourdement-, en ce qui concerne la formule de play-offs toujours aussi inexplicables à des étrangers (et des Belges?) qui voudraient comprendre... Une formule surréaliste qui ne pouvait venir que de Belgique. Ivan De Witte, le futur ex-président de la Ligue pro, a été l'ennemi préféré de la direction rouche dans ce cénacle. Dimanche, il a parlé du Standard comme d'un club qu'il "aime bien, et qui est dans son coeur même si c'est un animal un peu spécial (sic) dans le zoo de la Ligue pro où il met de la couleur..." De Witte a promis que le contrat de TV sera très intéressant pour tout le monde. On verra à l'analyse. Il a aussi confirmé qu'il se retirait de la Ligue pro pour se consacrer exclusivement à son club, La Gantoise. En soulignant, lucide, que l'avenir de la Ligue passerait par une redéfinition de sa mission: "On devra choisir son action: soit défendre les intérêts du foot professionnel, soit organiser la compétition". Par là même, il reconnaissait les erreurs inévitablement commises : réimposer des play-offs et proposer une D1 quasiment fermée, d'où ne peuvent descendre que des clubs jouant très, très mal pendant trois ans. Supprimer l'amalgame reviendrait, pour la Ligue pro, à s'occuper des clubs pros et à l'Union belge de s'occuper des compétitions. Mais l'UB n'était même pas représentée dimanche au Gala du Footballeur Pro. Pas invitée par la Ligue pro...Comment avoir un dialogue constructif, dès lors? Le Standard, non plus, n'était pas là, justement interloqué qu'il était par le fait que les votes avaient été rentrés trop tôt, sans vraiment tenir compte des performances des play-offs, en bien comme en mal. La saison se termine et on se rend compte que le différend Anderlecht-Standard n'est qu'un schisme parmi d'autres. Que les supporters des Diables Rouges se réjouissent à l'idée de prendre le meilleur sur la Turquie avec le retour à Bruxelles de toutes nos stars étrangères est une pensée fraîche et magnifique. Mais qu'ils sachent, aussi, que la prochaine saison belgo-belge se présente sous les pires auspices dans les sphères dirigeantes. Quant au Standard, la saison prochaine, il ne pourra plus jouer les faux-modestes: son but doit être d'être champion et donc de se qualifier pour les phases de poules, en Ligue des Champions. Mais bon, le club va changer de propriétaire et on ne sait pas quels joueurs resteront. Comme chaque été, le Standard est à un tournant de son histoire...