Par John BAETE

Le Standard doit se dire que ses derniers mois de doute et d'interrogations ont bien valu la peine. Des questions sur la valeur du staff et du noyau, il y en a eu... et il y en aura encore, mais autant profiter du moment. Revenir à un point d'Anderlecht et en troisième position est plus digne pour le Standard; même si Genk est à six points et qu'Anderlecht n'est que l'ombre de ce qu'il était. Le champion est-il aux prises avec sa traditionnelle déprime de chute des feuilles? Ce n'est pas le problème du Standard, qui doit regarder devant lui et se refaire une crédibilité définitive en ce mois d'octobre.

Il peut totalement se relancer grâce aux transferts détonants de ses attaquants et au retour de blessure (et en très belle forme) du prospect ivoirien Cyriac. Et puis, quand ça roule, ça roule. Dimanche, il y avait hors-jeu sur le premier but des Rouches. Autre coup de pouce, plus cynique, du destin: l'auto-carton survenu à la paire défensive Mangala-Felipe a porté bonheur. Elle a obligé Dominique D'Onofrio à placer Laurent Ciman dans un axe où il se profile comme le premier vrai taulier depuis Oguchi Onyewu et Momo Sarr.

Bref, les Rouches sont tout fiers d'avoir accouché de leur match référence avec un Sinan Bolat enfin retrouvé, une défense enfin un peu plus verrouillée, le duo Witsel-Carcela enfin plus discipliné, un Defour enfin débarrassé de ses soucis physiques et une attaque qui percute enfin... un secteur où Dominique D'Onofrio et Sergio Conceiçao ont vraiment l'embarras du choix.

Reste le jeu: le Standard pensera toujours plus verticalement que quiconque en Belgique mais a tout de même agréablement surpris dimanche. Même les géomètres du foot les plus têtus finissent par réaliser que la ligne droite n'est pas nécessairement le chemin le plus direct vers le but.

La direction anderlechtoise a mal de tête à force de servir de caisse de résonance au soutien permanent du coach Ariel Jacobs. Jusqu'où va la mener cette fuite en avant qui ressemble autant à de l'entêtement qu'à de la patience? En fait, la direction mauve se sent coupable vis-à-vis de son coach. Elle sait qu'il n'a pas le personnel-joueurs pour viser plus haut en Europe. Financièrement, le club a fermé les robinets. 170e budget d'Europe, il vise le top 100 en devant passer de 40 à 60 millions et le seul moyen d'y arriver est d'agrandir le stade. C'est à cela que les 10 millions d'euros investis par la nouvelle société anonyme serviront, les 35 autres devant être financés par un emprunt.

Pour le reste, Jelle Van Damme a rapporté 3 millions mais Pablo Chavarria en a coûté... 2,5 millions! En début d'année, Anderlecht avait encore une dette d'une demi-douzaine de millions à éponger, à laquelle est venue s'ajouter une ardoise de 400.000 dollars à encore acquitter pour Jan Polak à son ancien club. Sans parler du chantier non terminé à Neerpede, le centre d'entraînement. Chienne de crise...

Mais ce n'est pas parce qu'on est condamné à l'avarice qu'on ne peut se montrer généreux sur le terrain. Historiquement considéré comme le porte-drapeau d'un beau football, offensif et technique, Anderlecht rentre dans le rang. Il laisse un Jonathan Legear sur le banc au profit d'un Junior tchèque en Coupe d'Europe et à Sclessin, on joue avec trois demis défensifs... ce qui n'empêche pas de défendre comme des amateurs. De plus en plus, c'est la nomenklatura Vanden Stock-Van Holsbeeck-Collin qui donne la ligne tactique à Jacobs, comme l'ordre de jouer le nul à Split. Le coach ne serait immortel que parce qu'il est un moujik soumis... On voit ce que ça a donné à Split. Idem au Standard. Traumatisés par leurs résultats contre le Partizan Belgrade et le Zenit, les Mauves jouent de plus en plus contre nature. "Celui qui ne joue pas pour gagner se prépare à perdre", dit un dicton que les Mauves ne connaissent plus.

Témoin, la déclaration du capitaine Olivier Deschacht après le désastre de Sclessin: "On n'est pas en forme, rien ne marche". Il n'a rien compris. Et il n'est pas le seul dans son club.

Par John BAETELe Standard doit se dire que ses derniers mois de doute et d'interrogations ont bien valu la peine. Des questions sur la valeur du staff et du noyau, il y en a eu... et il y en aura encore, mais autant profiter du moment. Revenir à un point d'Anderlecht et en troisième position est plus digne pour le Standard; même si Genk est à six points et qu'Anderlecht n'est que l'ombre de ce qu'il était. Le champion est-il aux prises avec sa traditionnelle déprime de chute des feuilles? Ce n'est pas le problème du Standard, qui doit regarder devant lui et se refaire une crédibilité définitive en ce mois d'octobre. Il peut totalement se relancer grâce aux transferts détonants de ses attaquants et au retour de blessure (et en très belle forme) du prospect ivoirien Cyriac. Et puis, quand ça roule, ça roule. Dimanche, il y avait hors-jeu sur le premier but des Rouches. Autre coup de pouce, plus cynique, du destin: l'auto-carton survenu à la paire défensive Mangala-Felipe a porté bonheur. Elle a obligé Dominique D'Onofrio à placer Laurent Ciman dans un axe où il se profile comme le premier vrai taulier depuis Oguchi Onyewu et Momo Sarr. Bref, les Rouches sont tout fiers d'avoir accouché de leur match référence avec un Sinan Bolat enfin retrouvé, une défense enfin un peu plus verrouillée, le duo Witsel-Carcela enfin plus discipliné, un Defour enfin débarrassé de ses soucis physiques et une attaque qui percute enfin... un secteur où Dominique D'Onofrio et Sergio Conceiçao ont vraiment l'embarras du choix. Reste le jeu: le Standard pensera toujours plus verticalement que quiconque en Belgique mais a tout de même agréablement surpris dimanche. Même les géomètres du foot les plus têtus finissent par réaliser que la ligne droite n'est pas nécessairement le chemin le plus direct vers le but. La direction anderlechtoise a mal de tête à force de servir de caisse de résonance au soutien permanent du coach Ariel Jacobs. Jusqu'où va la mener cette fuite en avant qui ressemble autant à de l'entêtement qu'à de la patience? En fait, la direction mauve se sent coupable vis-à-vis de son coach. Elle sait qu'il n'a pas le personnel-joueurs pour viser plus haut en Europe. Financièrement, le club a fermé les robinets. 170e budget d'Europe, il vise le top 100 en devant passer de 40 à 60 millions et le seul moyen d'y arriver est d'agrandir le stade. C'est à cela que les 10 millions d'euros investis par la nouvelle société anonyme serviront, les 35 autres devant être financés par un emprunt. Pour le reste, Jelle Van Damme a rapporté 3 millions mais Pablo Chavarria en a coûté... 2,5 millions! En début d'année, Anderlecht avait encore une dette d'une demi-douzaine de millions à éponger, à laquelle est venue s'ajouter une ardoise de 400.000 dollars à encore acquitter pour Jan Polak à son ancien club. Sans parler du chantier non terminé à Neerpede, le centre d'entraînement. Chienne de crise... Mais ce n'est pas parce qu'on est condamné à l'avarice qu'on ne peut se montrer généreux sur le terrain. Historiquement considéré comme le porte-drapeau d'un beau football, offensif et technique, Anderlecht rentre dans le rang. Il laisse un Jonathan Legear sur le banc au profit d'un Junior tchèque en Coupe d'Europe et à Sclessin, on joue avec trois demis défensifs... ce qui n'empêche pas de défendre comme des amateurs. De plus en plus, c'est la nomenklatura Vanden Stock-Van Holsbeeck-Collin qui donne la ligne tactique à Jacobs, comme l'ordre de jouer le nul à Split. Le coach ne serait immortel que parce qu'il est un moujik soumis... On voit ce que ça a donné à Split. Idem au Standard. Traumatisés par leurs résultats contre le Partizan Belgrade et le Zenit, les Mauves jouent de plus en plus contre nature. "Celui qui ne joue pas pour gagner se prépare à perdre", dit un dicton que les Mauves ne connaissent plus. Témoin, la déclaration du capitaine Olivier Deschacht après le désastre de Sclessin: "On n'est pas en forme, rien ne marche". Il n'a rien compris. Et il n'est pas le seul dans son club.