Par Bernard JEUNEJEAN

La question est ainsi de savoir si pareilles pubs concourent au fait qu'un Wasyl, par exemple, distribue des pêches cubitales aux tarins adverses plutôt que de se limiter à pêcheter les ballons avec ses souliers.

Vaste débat. J'ai eu comme Philippe, mais il y a longtemps, ma période pure et dure pendant laquelle j'en fus presque à militer (ouille, ouille, c'est pas déjà du vocabulaire guerrier, ça ? !) pour gommer du foot toute allusion belliqueuse : qu'il devienne ainsi noble activité physique pacifique, où l'adversaire existerait seulement pour que nos gestes soient plus beaux. Il me reste quelque chose de cette époque, je n'aime toujours pas les harangues de vestiaires à base de killer instinct, ni les supporters encourageant les leurs en criant la mort des autres, ni même les titres de journaux du genre Vaincre ou mourir : là, jouer à la guerre risque effectivement de t'embarquer dans la vraie guerre...

Mais la dérision, j'adore ! Y a pas meilleur antidote à la violence vraie, la dérision apaise, elle détourne de la vraie guerre... et faut avouer que le foot se prête au plagiat : deux camps, deux cibles, double exigence finale d'un vainqueur et d'un vaincu, de la stratégie, de l'habileté, du physique, de la solidarité, des duels... Les allusions guerrières en foot sont inévitables mais, avec le recul rigolo nécessaire, elles sont tentatrices et même cathartiques. J'avoue donc sans ambages que, quoique maréchaux d'Empire à Waterloo-la-Morne, Milan Jovanovic et Mémé Tchité avaient l'air tellement cons qu'ils m'ont bien fait marrer ; et je ne crois pas avoir chopé là un virus sournois, qui me transformera demain en hooligan ou en sliding-tueur ! Dieu sait si le foot est parfois lourd mais, là, c'était léger : bien davantage Monty Pythonnesque (revoir le sketch sur la guerre dans Le sens de la vie) qu'incitation à trucider héroïquement tout ce qui bouge (revoir 300, le péplum à l'hémoglobine de Zack Snyder). Et en soulignant que les derniers mots de la pub sont pour Tchité qui ordonne aux autres : Réglons ça balle au pied !

Nos détracteurs nous le ressortent régulièrement, ce titre de Pierre Bourgeade : Le football, c'est la guerre, poursuivie par d'autres moyens ! Mouais. Moyens pas tous louables, d'accord, mais en tout cas moins meurtriers, c'est toujours ça de pris si l'assertion est vraie ! Toujours est-il qu'il ne faut pas nous sevrer d'épopée, y a déjà pas trop de buts,... comment les marquerait-on si l'on prohibait demain les fines gâchettes, les bombardiers, les contres meurtriers, les artilleurs de service, les canonniers, les dynamiteurs de défense, ceux qui portent l'estocade et tuent le match, ceux qui sont en embuscade ou en front de bandière, ceux qui font parler la poudre, ceux qui font mouche, ceux qui fusillent les gardiens grâce à leurs missiles, leurs boulets, leurs obus, leurs frappes lourdes... et même leurs bêtes tirs ?

Et la presse, Philippe ? Mais ce serait une neurasthénie professionnelle généralisée si la censure lui interdisait demain l'emploi des faits d'armes, des couteaux tirés, des rencontres menées tambour battant, de l'esprit de corps, du fighting spirit, des gardes du corps, du double rideau défensif, des scalps que l'on s'offre, des blasons qu'on redore, des lignes qu'on resserre, du sang neuf qu'on réintroduit, des derniers retranchements dans lesquels on est poussé, et bien d'autres drames encore...

Rigole léger, Philippe. Et y a une justice : parce que la télédistribution y tombe souvent en panne, Voo vient de se faire engueuler par le bourgmestre de Waterloo, véridique ! Bref. Tout ceci dit sans agressivité, juste pour sourire sans tout prendre au tragique : ce doit être un simple quiproquo, je n'arrive pas à croire que ces clowns déguisés en soldats soient à dénigrer. Ils sont plutôt comiques à mes yeux. Mais si c'est le cas, faudra bien que je propose ma présente bafouille au Soir, également comme carte blanche dont le titre sera : Il faut sauver le soldat Housiaux ! C'est pas vrai, c'est encore pour rire. Longue vie au Panathlon.

Par Bernard JEUNEJEANLa question est ainsi de savoir si pareilles pubs concourent au fait qu'un Wasyl, par exemple, distribue des pêches cubitales aux tarins adverses plutôt que de se limiter à pêcheter les ballons avec ses souliers. Vaste débat. J'ai eu comme Philippe, mais il y a longtemps, ma période pure et dure pendant laquelle j'en fus presque à militer (ouille, ouille, c'est pas déjà du vocabulaire guerrier, ça ? !) pour gommer du foot toute allusion belliqueuse : qu'il devienne ainsi noble activité physique pacifique, où l'adversaire existerait seulement pour que nos gestes soient plus beaux. Il me reste quelque chose de cette époque, je n'aime toujours pas les harangues de vestiaires à base de killer instinct, ni les supporters encourageant les leurs en criant la mort des autres, ni même les titres de journaux du genre Vaincre ou mourir : là, jouer à la guerre risque effectivement de t'embarquer dans la vraie guerre... Mais la dérision, j'adore ! Y a pas meilleur antidote à la violence vraie, la dérision apaise, elle détourne de la vraie guerre... et faut avouer que le foot se prête au plagiat : deux camps, deux cibles, double exigence finale d'un vainqueur et d'un vaincu, de la stratégie, de l'habileté, du physique, de la solidarité, des duels... Les allusions guerrières en foot sont inévitables mais, avec le recul rigolo nécessaire, elles sont tentatrices et même cathartiques. J'avoue donc sans ambages que, quoique maréchaux d'Empire à Waterloo-la-Morne, Milan Jovanovic et Mémé Tchité avaient l'air tellement cons qu'ils m'ont bien fait marrer ; et je ne crois pas avoir chopé là un virus sournois, qui me transformera demain en hooligan ou en sliding-tueur ! Dieu sait si le foot est parfois lourd mais, là, c'était léger : bien davantage Monty Pythonnesque (revoir le sketch sur la guerre dans Le sens de la vie) qu'incitation à trucider héroïquement tout ce qui bouge (revoir 300, le péplum à l'hémoglobine de Zack Snyder). Et en soulignant que les derniers mots de la pub sont pour Tchité qui ordonne aux autres : Réglons ça balle au pied ! Nos détracteurs nous le ressortent régulièrement, ce titre de Pierre Bourgeade : Le football, c'est la guerre, poursuivie par d'autres moyens ! Mouais. Moyens pas tous louables, d'accord, mais en tout cas moins meurtriers, c'est toujours ça de pris si l'assertion est vraie ! Toujours est-il qu'il ne faut pas nous sevrer d'épopée, y a déjà pas trop de buts,... comment les marquerait-on si l'on prohibait demain les fines gâchettes, les bombardiers, les contres meurtriers, les artilleurs de service, les canonniers, les dynamiteurs de défense, ceux qui portent l'estocade et tuent le match, ceux qui sont en embuscade ou en front de bandière, ceux qui font parler la poudre, ceux qui font mouche, ceux qui fusillent les gardiens grâce à leurs missiles, leurs boulets, leurs obus, leurs frappes lourdes... et même leurs bêtes tirs ? Et la presse, Philippe ? Mais ce serait une neurasthénie professionnelle généralisée si la censure lui interdisait demain l'emploi des faits d'armes, des couteaux tirés, des rencontres menées tambour battant, de l'esprit de corps, du fighting spirit, des gardes du corps, du double rideau défensif, des scalps que l'on s'offre, des blasons qu'on redore, des lignes qu'on resserre, du sang neuf qu'on réintroduit, des derniers retranchements dans lesquels on est poussé, et bien d'autres drames encore... Rigole léger, Philippe. Et y a une justice : parce que la télédistribution y tombe souvent en panne, Voo vient de se faire engueuler par le bourgmestre de Waterloo, véridique ! Bref. Tout ceci dit sans agressivité, juste pour sourire sans tout prendre au tragique : ce doit être un simple quiproquo, je n'arrive pas à croire que ces clowns déguisés en soldats soient à dénigrer. Ils sont plutôt comiques à mes yeux. Mais si c'est le cas, faudra bien que je propose ma présente bafouille au Soir, également comme carte blanche dont le titre sera : Il faut sauver le soldat Housiaux ! C'est pas vrai, c'est encore pour rire. Longue vie au Panathlon.