Le puissant quotidien Bild avait même publié sans la moindre gêne la liste des successeurs potentiels, parmi lesquels Jupp Heynckes et Jürgen Klopp. Les journaux de qualité reprochaient aussi des erreurs au sélectionneur. Löw ne trouvait pas de parade aux contres adverses, l'Allemagne concédait trop d'espaces, il ne restait plus rien du football créatif et pétillant avec lequel Löw, en tant qu'adjoint de Jürgen Klinsmann, avait initié une nouvelle culture en 2006. Löw, auquel on reprochait notamment son entêtement, n'avait plus rien à offrir au football allemand. Il avait finalement échappé de justesse à l'exécution.

Juste avant le match contre la France, Löw a effectué un changement marquant dans son équipe : il a retiré Philipp Lahm de l'entrejeu pour le reposter à l'arrière droit, sa position de prédilection, et a retitularisé Miroslav Klose. D'un coup, l'équipe s'est retrouvée. D'abord en contrôlant sans gloire le match contre les Bleus puis en étrillant le Brésil dans ce qui restera un des matches les plus mémorables de l'histoire. D'un coup, Joachim Löw a retrouvé ses lettres de noblesse. L'homme auquel on avait reproché sa tactique douteuse à l'EURO 2012 a conduit son équipe au titre mondial contre l'Argentine. Avec beaucoup de sang, de sueur et de larmes et avec un but fantastique de Mario Götze.

C'est étonnant mais avant ce Mondial, le football allemand, restauré, avait connu quelques soubresauts. Initialement, l'abattage et la puissance avaient repris le dessus alors que ces atouts avaient fait place à la créativité et à l'inventivité lors du Mondial 2006. C'était la conséquence d'une formation des jeunes complètement remodelée, dont le credo était la qualité de la touche de balle. C'était aussi le fruit de diverses influences multiculturelles. Löw, qui n'avait pas vraiment connu le succès comme entraîneur et qui n'était certainement pas novateur, s'était érigé en chantre du football offensif. Il avait dispensé maintes conférences durant lesquelles il répétait que la beauté du jeu devait toujours primer. Or, pendant cette Coupe du Monde, Löw a plié sous la pression médiatique et a opté pour un football de résultat. L'aventurier est devenu pragmatique.

Cela illustre la fragilité d'un entraîneur qui s'était forgé une aura d'imperturbabilité auprès du monde extérieur mais qui se fait corriger en interne. Ainsi, au début, refusait-il de travailler les phases arrêtées à l'entraînement, jugeant que c'était une perte de temps et qu'il valait mieux consacrer son énergie au perfectionnement des combinaisons. Il n'a changé d'avis que l'année dernière, sous la pression de ses adjoints, et il a constaté que 5 des 18 buts inscrits par son équipe l'ont été au départ de phases arrêtées. Marc Wilmots pourrait s'en inspirer.

C'est un paradoxe : l'Allemagne a enlevé le titre mondial en ayant développé un football moins pétillant qu'en 2006 et en 2010, à l'exception de la joute contre le Brésil. Mais c'est le propre d'un tournoi durant lequel beaucoup de grandes nations n'ont pas répondu aux attentes. Le Brésil, qui a plus que jamais besoin d'une nouvelle équipe, n'a guère impressionné, même avec Neymar, et l'Argentine s'est cassé le nez contre l'Iran au premier tour. De tous les pays des Amériques, ce sont eux qui ont fait la plus pâle impression dans la phase par poules. Le football du Chili, de la Colombie, du Costa Rica et par moments du Mexique et de l'Uruguay a été meilleur. L'élection par la FIFA de Lionel Messi au rang de meilleur joueur du tournoi est simplement ridicule.

Durant cette Coupe du Monde, la rudesse du jeu et le niveau de l'arbitrage ont incité à la réflexion. Ce ne fut pas le tournoi des footballeurs mythiques. L'esprit d'équipe a pris le dessus sur l'individualisme. L'Allemagne l'a parfaitement mis en pratique. Avec des hauts et des bas mais avec un bon équilibre entre attaque et défense. Et surtout, avec l'aptitude à opérer la transition rapidement tout en faisant preuve de patience pour trouver une ouverture quand les espaces étaient coupés. Cet aspect occupait un rôle central dans l'approche de Joachim Löw quand il a été nommé sélectionneur à l'issue du Mondial 2006.

Le puissant quotidien Bild avait même publié sans la moindre gêne la liste des successeurs potentiels, parmi lesquels Jupp Heynckes et Jürgen Klopp. Les journaux de qualité reprochaient aussi des erreurs au sélectionneur. Löw ne trouvait pas de parade aux contres adverses, l'Allemagne concédait trop d'espaces, il ne restait plus rien du football créatif et pétillant avec lequel Löw, en tant qu'adjoint de Jürgen Klinsmann, avait initié une nouvelle culture en 2006. Löw, auquel on reprochait notamment son entêtement, n'avait plus rien à offrir au football allemand. Il avait finalement échappé de justesse à l'exécution. Juste avant le match contre la France, Löw a effectué un changement marquant dans son équipe : il a retiré Philipp Lahm de l'entrejeu pour le reposter à l'arrière droit, sa position de prédilection, et a retitularisé Miroslav Klose. D'un coup, l'équipe s'est retrouvée. D'abord en contrôlant sans gloire le match contre les Bleus puis en étrillant le Brésil dans ce qui restera un des matches les plus mémorables de l'histoire. D'un coup, Joachim Löw a retrouvé ses lettres de noblesse. L'homme auquel on avait reproché sa tactique douteuse à l'EURO 2012 a conduit son équipe au titre mondial contre l'Argentine. Avec beaucoup de sang, de sueur et de larmes et avec un but fantastique de Mario Götze. C'est étonnant mais avant ce Mondial, le football allemand, restauré, avait connu quelques soubresauts. Initialement, l'abattage et la puissance avaient repris le dessus alors que ces atouts avaient fait place à la créativité et à l'inventivité lors du Mondial 2006. C'était la conséquence d'une formation des jeunes complètement remodelée, dont le credo était la qualité de la touche de balle. C'était aussi le fruit de diverses influences multiculturelles. Löw, qui n'avait pas vraiment connu le succès comme entraîneur et qui n'était certainement pas novateur, s'était érigé en chantre du football offensif. Il avait dispensé maintes conférences durant lesquelles il répétait que la beauté du jeu devait toujours primer. Or, pendant cette Coupe du Monde, Löw a plié sous la pression médiatique et a opté pour un football de résultat. L'aventurier est devenu pragmatique. Cela illustre la fragilité d'un entraîneur qui s'était forgé une aura d'imperturbabilité auprès du monde extérieur mais qui se fait corriger en interne. Ainsi, au début, refusait-il de travailler les phases arrêtées à l'entraînement, jugeant que c'était une perte de temps et qu'il valait mieux consacrer son énergie au perfectionnement des combinaisons. Il n'a changé d'avis que l'année dernière, sous la pression de ses adjoints, et il a constaté que 5 des 18 buts inscrits par son équipe l'ont été au départ de phases arrêtées. Marc Wilmots pourrait s'en inspirer. C'est un paradoxe : l'Allemagne a enlevé le titre mondial en ayant développé un football moins pétillant qu'en 2006 et en 2010, à l'exception de la joute contre le Brésil. Mais c'est le propre d'un tournoi durant lequel beaucoup de grandes nations n'ont pas répondu aux attentes. Le Brésil, qui a plus que jamais besoin d'une nouvelle équipe, n'a guère impressionné, même avec Neymar, et l'Argentine s'est cassé le nez contre l'Iran au premier tour. De tous les pays des Amériques, ce sont eux qui ont fait la plus pâle impression dans la phase par poules. Le football du Chili, de la Colombie, du Costa Rica et par moments du Mexique et de l'Uruguay a été meilleur. L'élection par la FIFA de Lionel Messi au rang de meilleur joueur du tournoi est simplement ridicule. Durant cette Coupe du Monde, la rudesse du jeu et le niveau de l'arbitrage ont incité à la réflexion. Ce ne fut pas le tournoi des footballeurs mythiques. L'esprit d'équipe a pris le dessus sur l'individualisme. L'Allemagne l'a parfaitement mis en pratique. Avec des hauts et des bas mais avec un bon équilibre entre attaque et défense. Et surtout, avec l'aptitude à opérer la transition rapidement tout en faisant preuve de patience pour trouver une ouverture quand les espaces étaient coupés. Cet aspect occupait un rôle central dans l'approche de Joachim Löw quand il a été nommé sélectionneur à l'issue du Mondial 2006.