D'accord, le championnat se joue dans les play-offs. Et Anderlecht est plutôt bien placé pour le savoir, lui qui a bâclé sa copie dans cette mini-compétition, la saison passée. Mais au train où vont les choses, pas sûr que le RSCA retombe dans les mêmes travers. Car s'il y a une équipe qui survole les débats, c'est le Sporting. Et s'il y avait encore concurrence pour lui dans le chef de Genk ou du Standard, en 2010-2011, cette fois, on est loin du compte.

Mais qu'est-ce qui explique la suprématie du Sporting ? L'équipe est-elle réellement la meilleure depuis l'entame de ce siècle comme certains l'observent ? La parole à Pär Zetterberg :

"J'ai sans doute loupé le meilleur Anderlecht quand j'étais à l'Olympiacos de 2000 à 2003. C'est à ce moment-là que le Sporting a vécu des soirées européennes exceptionnelles. Je serais évidemment sot de me plaindre, avec les deux titres que j'ai conquis sous les ordres de Johan Boskamp en 1994 et 1995. Nous avions alors quelques fameuses gâchettes avec Luc Nilis, Johnny Bosman et Marc Degryse. Et moi en guise de soutien.

La division offensive actuelle me fait songer à ces années-là : Dieumerci Mbokani, Milan Jovanovic, Matias Suarez et Guillaume Gillet, c'est la même veine. Le danger peut effectivement venir de n'importe quel membre de ce quatuor et est donc réparti sur tout le front de l'attaque. Sous cet angle-là, le Sporting a progressé.

La saison passée, il était vraiment trop dépendant de Boussoufa, le Mister 50 % de l'équipe. Aujourd'hui, vu ses atouts, celle-ci doit toujours être en mesure d'inscrire un but de plus que n'importe quelle autre formation belge. Et elle y arrive la plupart du temps.

Ce qui me chiffonne un peu, c'est le décalage entre les résultats dans les gros matches et les autres. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un problème de motivation. De mon temps déjà, la différence se faisait dans les rencontres faciles. Compte tenu de l'importance d'être sacré cette année, je n'ai pas l'impression que la concentration fasse défaut. Je me demande si le problème ne se situe pas davantage sur le terrain que dans les têtes. Avec, d'un côté, une opposition qui se replie devant son but et, de l'autre, une équipe qui peine à faire le jeu. Le Sporting actuel est manifestement moins à l'aise dans cette configuration. Trond Sollied a raison : c'est une formation de contre. L'Anderlecht d'aujourd'hui est plus à l'aise lorsqu'il peut faire basculer le jeu très rapidement en lieu et place d'attaquer sans arrêt.

Cette maîtrise de la contre-attaque explique sans doute ses bonnes prestations en déplacement sur la scène européenne. Pour être plus performant encore, et mériter l'étiquette d'équipe tout-terrain, il serait indiqué d'apporter encore quelques retouches au onze actuel. Un relayeur dans l'axe est nécessaire, tout comme une plus grande percussion sur les flancs. Je crois avoir bien fait en soufflant le nom de Behrang Safari. Au départ, par peur de mal faire, mon compatriote songeait surtout à défendre. A présent, il s'enhardit et son apport ira sans cesse croissant, j'en suis sûr."

Retrouvez les opinions d'Aimé Anthuenis, Paul Van Himst, Marc Degryse et Mbo Mpenza dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Bruno Govers, Sport/Foot Magazine

D'accord, le championnat se joue dans les play-offs. Et Anderlecht est plutôt bien placé pour le savoir, lui qui a bâclé sa copie dans cette mini-compétition, la saison passée. Mais au train où vont les choses, pas sûr que le RSCA retombe dans les mêmes travers. Car s'il y a une équipe qui survole les débats, c'est le Sporting. Et s'il y avait encore concurrence pour lui dans le chef de Genk ou du Standard, en 2010-2011, cette fois, on est loin du compte. Mais qu'est-ce qui explique la suprématie du Sporting ? L'équipe est-elle réellement la meilleure depuis l'entame de ce siècle comme certains l'observent ? La parole à Pär Zetterberg : "J'ai sans doute loupé le meilleur Anderlecht quand j'étais à l'Olympiacos de 2000 à 2003. C'est à ce moment-là que le Sporting a vécu des soirées européennes exceptionnelles. Je serais évidemment sot de me plaindre, avec les deux titres que j'ai conquis sous les ordres de Johan Boskamp en 1994 et 1995. Nous avions alors quelques fameuses gâchettes avec Luc Nilis, Johnny Bosman et Marc Degryse. Et moi en guise de soutien. La division offensive actuelle me fait songer à ces années-là : Dieumerci Mbokani, Milan Jovanovic, Matias Suarez et Guillaume Gillet, c'est la même veine. Le danger peut effectivement venir de n'importe quel membre de ce quatuor et est donc réparti sur tout le front de l'attaque. Sous cet angle-là, le Sporting a progressé. La saison passée, il était vraiment trop dépendant de Boussoufa, le Mister 50 % de l'équipe. Aujourd'hui, vu ses atouts, celle-ci doit toujours être en mesure d'inscrire un but de plus que n'importe quelle autre formation belge. Et elle y arrive la plupart du temps. Ce qui me chiffonne un peu, c'est le décalage entre les résultats dans les gros matches et les autres. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un problème de motivation. De mon temps déjà, la différence se faisait dans les rencontres faciles. Compte tenu de l'importance d'être sacré cette année, je n'ai pas l'impression que la concentration fasse défaut. Je me demande si le problème ne se situe pas davantage sur le terrain que dans les têtes. Avec, d'un côté, une opposition qui se replie devant son but et, de l'autre, une équipe qui peine à faire le jeu. Le Sporting actuel est manifestement moins à l'aise dans cette configuration. Trond Sollied a raison : c'est une formation de contre. L'Anderlecht d'aujourd'hui est plus à l'aise lorsqu'il peut faire basculer le jeu très rapidement en lieu et place d'attaquer sans arrêt. Cette maîtrise de la contre-attaque explique sans doute ses bonnes prestations en déplacement sur la scène européenne. Pour être plus performant encore, et mériter l'étiquette d'équipe tout-terrain, il serait indiqué d'apporter encore quelques retouches au onze actuel. Un relayeur dans l'axe est nécessaire, tout comme une plus grande percussion sur les flancs. Je crois avoir bien fait en soufflant le nom de Behrang Safari. Au départ, par peur de mal faire, mon compatriote songeait surtout à défendre. A présent, il s'enhardit et son apport ira sans cesse croissant, j'en suis sûr." Retrouvez les opinions d'Aimé Anthuenis, Paul Van Himst, Marc Degryse et Mbo Mpenza dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine. Bruno Govers, Sport/Foot Magazine