Lucas Glover a surpris le milieu du golf en 2009 en s'adjugeant l'US Open. Or, depuis qu'il était passé pro en 2002, il atteignait rarement le cut. D'ailleurs, après son triomphe, subitement assorti du rang vingt mondial, il est retombé dans l'anonymat. Il a même dégringolé à la place 606. Depuis, l'Américain opère son retour vers le sommet. Il est actuellement numéro 62.

Son secret? Le cannabidiol (CBD), une composante psychologiquement non-active du cannabis, qui ne déclenche pas d'euphorie tout en stimulant la récupération et en supprimant angoisse et insomnie. C'est justement ce qui le rend si populaire parmi les golfeurs qui participent au PGA Tour. Certains vont même plus loin et se font payer pour faire la promotion des produits CBD. Glover est de ceux-là. Depuis qu'il use de ce produit, il joue de mieux en mieux. "Ce n'est pas un hasard. je me sens tout simplement mieux, en meilleure santé."

Le cannabis reste interdit et on peut déceler des traces de la substance qui provoque l'euphorie - le tétrahydrocannabinol (THC) - jusqu'à un mois après son utilisation, ce qui peut entraîner un contrôle positif, mais en janvier 2018, on a enlevé le CBD de la liste des substances interdites et depuis, son utilisation a augmenté de manière exponentielle.

Même Bubba Watson, numéro 25 et lauréat des Masters en 2012 et en 2014, est depuis quelques mois l'homme-sandwich d'une des nombreuses firmes qui inondent le marché de CBD. "Ça aide, certainement dans notre sport, où le calme est un atout considérable."

L'ancien cycliste professionnel américain Andrew Talansky, cinquième de la Vuelta 2016 et reconverti en triathlon depuis, y décèle également des avantages physiques. "Les sportifs d'endurance souffrent d'inflammations chroniques qui les incitent à consommer des anti-inflammatoires et/ou des anti-douleur." C'est du big business : en 2016, le CBD représentait un marché de 154 millions d'euros aux States. L'année prochaine, il va franchir le cap du milliard.