Près de deux mois après la levée controversée de la suspension de l'agence russe antidopage (RUSADA), décidée lors d'un comité exécutif aux Seychelles, le 20 septembre, l'affaire sera abordée dans le huis clos d'un nouveau comité exécutif mercredi, puis au conseil de fondation ouvert aux médias jeudi, dans la capitale d'Azerbaïdjan.

Principal enjeu, savoir si l'AMA aura accès, comme elle l'exige, aux données brutes des contrôles du laboratoire de Moscou entre 2011 et 2015, période visée par les enquêtes ayant révélé un système de dopage institutionnel en Russie.

Accusée d'indulgence vis-à-vis de Moscou, l'AMA a fixé au 31 décembre la date limite pour laisser des experts indépendants entrer au labo et extraire les données.

Passé "ce moment de vérité", dixit le directeur général de l'agence Olivier Niggli, de nouvelles sanctions pourraient être entreprises si la Russie ne joue pas le jeu. Le directeur général de Rusada, Iouri Ganous, a exprimé son inquiétude vendredi : "les conséquences (seraient) ravageuses pour nous".

- "marionnette" -

Grâce aux nouvelles informations, l'AMA espère faire la lumière sur ce qui se passait dans le laboratoire et peut-être ouvrir des procédures disciplinaires solides à l'encontre de sportifs russes. Jusqu'ici, peu de fédérations internationales ont imité celle d'athlétisme, l'IAAF, qui a ouvert quinze dossiers sur la base des enquêtes du juriste canadien Richard McLaren.

L'IAAF est aussi la seule grande fédération internationale qui a banni de manière stricte les Russes de toute compétition depuis les JO de Rio en 2016, au plus fort du scandale. Elle statuera à nouveau sur le dossier début décembre à Monaco.

De son côté, l'AMA a eu beau marteler qu'elle a respecté les procédures et soumis la Russie a une stricte feuille de route, la levée des sanctions a relancé le débat sur son fonctionnement. Et notamment celui de son indépendance vis-à-vis du Comité international olympique (CIO), qui finance la moitié de son budget, l'autre moitié venant des États.

Des sujets électrisés par l'activisme d'une partie de la communauté antidopage dans le monde anglo-saxon. A commencer par le patron de l'agence américaine (USADA) Travys Tygart: à ses yeux, l'AMA est devenue une "marionnette" d'un CIO plus préoccupé par le spectacle et ses juteux bénéfices que par la lutte antidopage.

"On a l'impression que l'état de l'antidopage est pire qu'il y a dix ou vingt ans, ce qui n'est pas vrai", analyse Fabien Ohl, professeur à l'Institut des sciences du sport de Lausanne. Derrière ce discours très critique, "il y a aussi des enjeux géopolitiques, autour du contrôle de l'AMA, des fédérations internationales et du CIO", explique-t-il à l'AFP.

- à la Maison Blanche -

Reçu à la Maison Blanche le 31 octobre, l'Américain Travis Tygart mène la fronde à un an du changement de présidence à l'AMA, qui devrait revenir à un représentant des États, après les deux mandats du Britannique Craig Reedie, membre du CIO. Présente aussi à la Maison Blanche, la vice-présidente de l'AMA, la ministre norvégienne Linda Helleland, est devenue l'opposante numéro 1 à la direction actuelle de l'agence et s'est portée candidate.

Mais elle ne fait pas l'unanimité, certains redoutant son ambition personnelle et une cohabitation impossible avec le mouvement olympique si elle était élue. Alors que le ministre des Sports polonais, Witold Banka, est aussi en lice, les États européens se sont donnés jusqu'à fin janvier pour trouver un candidat commun.

Le conseil de fondation de l'AMA doit aussi se pencher jeudi sur de nouvelles règles de gouvernance. D'après les propositions d'un groupe de travail, le futur président de l'agence serait totalement indépendant du mouvement olympique et des gouvernements durant son mandat. Deux nouveaux sièges d'indépendants seraient aussi créés au sein du comité exécutif, aux côtés des douze actuels, six pour les États et six pour le mouvement olympique. Pas de quoi satisfaire le groupe le plus actif des agences nationales antidopage, qui plaident pour couper totalement le cordon avec les fédérations sportives.

Près de deux mois après la levée controversée de la suspension de l'agence russe antidopage (RUSADA), décidée lors d'un comité exécutif aux Seychelles, le 20 septembre, l'affaire sera abordée dans le huis clos d'un nouveau comité exécutif mercredi, puis au conseil de fondation ouvert aux médias jeudi, dans la capitale d'Azerbaïdjan.Principal enjeu, savoir si l'AMA aura accès, comme elle l'exige, aux données brutes des contrôles du laboratoire de Moscou entre 2011 et 2015, période visée par les enquêtes ayant révélé un système de dopage institutionnel en Russie.Accusée d'indulgence vis-à-vis de Moscou, l'AMA a fixé au 31 décembre la date limite pour laisser des experts indépendants entrer au labo et extraire les données.Passé "ce moment de vérité", dixit le directeur général de l'agence Olivier Niggli, de nouvelles sanctions pourraient être entreprises si la Russie ne joue pas le jeu. Le directeur général de Rusada, Iouri Ganous, a exprimé son inquiétude vendredi : "les conséquences (seraient) ravageuses pour nous".- "marionnette" -Grâce aux nouvelles informations, l'AMA espère faire la lumière sur ce qui se passait dans le laboratoire et peut-être ouvrir des procédures disciplinaires solides à l'encontre de sportifs russes. Jusqu'ici, peu de fédérations internationales ont imité celle d'athlétisme, l'IAAF, qui a ouvert quinze dossiers sur la base des enquêtes du juriste canadien Richard McLaren.L'IAAF est aussi la seule grande fédération internationale qui a banni de manière stricte les Russes de toute compétition depuis les JO de Rio en 2016, au plus fort du scandale. Elle statuera à nouveau sur le dossier début décembre à Monaco.De son côté, l'AMA a eu beau marteler qu'elle a respecté les procédures et soumis la Russie a une stricte feuille de route, la levée des sanctions a relancé le débat sur son fonctionnement. Et notamment celui de son indépendance vis-à-vis du Comité international olympique (CIO), qui finance la moitié de son budget, l'autre moitié venant des États.Des sujets électrisés par l'activisme d'une partie de la communauté antidopage dans le monde anglo-saxon. A commencer par le patron de l'agence américaine (USADA) Travys Tygart: à ses yeux, l'AMA est devenue une "marionnette" d'un CIO plus préoccupé par le spectacle et ses juteux bénéfices que par la lutte antidopage."On a l'impression que l'état de l'antidopage est pire qu'il y a dix ou vingt ans, ce qui n'est pas vrai", analyse Fabien Ohl, professeur à l'Institut des sciences du sport de Lausanne. Derrière ce discours très critique, "il y a aussi des enjeux géopolitiques, autour du contrôle de l'AMA, des fédérations internationales et du CIO", explique-t-il à l'AFP.- à la Maison Blanche -Reçu à la Maison Blanche le 31 octobre, l'Américain Travis Tygart mène la fronde à un an du changement de présidence à l'AMA, qui devrait revenir à un représentant des États, après les deux mandats du Britannique Craig Reedie, membre du CIO. Présente aussi à la Maison Blanche, la vice-présidente de l'AMA, la ministre norvégienne Linda Helleland, est devenue l'opposante numéro 1 à la direction actuelle de l'agence et s'est portée candidate.Mais elle ne fait pas l'unanimité, certains redoutant son ambition personnelle et une cohabitation impossible avec le mouvement olympique si elle était élue. Alors que le ministre des Sports polonais, Witold Banka, est aussi en lice, les États européens se sont donnés jusqu'à fin janvier pour trouver un candidat commun.Le conseil de fondation de l'AMA doit aussi se pencher jeudi sur de nouvelles règles de gouvernance. D'après les propositions d'un groupe de travail, le futur président de l'agence serait totalement indépendant du mouvement olympique et des gouvernements durant son mandat. Deux nouveaux sièges d'indépendants seraient aussi créés au sein du comité exécutif, aux côtés des douze actuels, six pour les États et six pour le mouvement olympique. Pas de quoi satisfaire le groupe le plus actif des agences nationales antidopage, qui plaident pour couper totalement le cordon avec les fédérations sportives.