Les temps changent, le style aussi, doit-on se dire après la qualification des Pays-Bas pour la finale de la Coupe du Monde. Si on a été bercés depuis le début des années 70 par le jeu offensif, par des ailiers flamboyants, par ce qu'on a appelé "le football total", en regardant les matches des Oranje, 2010 apporte une fameuse révolution.

Aujourd'hui, le meilleur joueur batave se nomme Mark van Bommel, une sorte d'anti-Cruijff, Van Basten, Berkamp qui ont émerveillé respectivement les années 70, fin 80 et 90. Si le milieu défensif de la sélection oranje et du Bayern Munich n'est certainement pas dénué de qualités techniques, il a préféré bâtir sa réputation sur un jeu vicieux, des tackles appuyés, des coups de coudes. Avec Van Bommel, c'est "la fin justifie les moyens". Et son coach, qui est aussi son beau-père, Bert van Marwijk, doit s'en réjouir lui qui avant le tournoi avait prévenu: "Il faudra être malin, apprendre à réaliser le hold-up".

Après environ un mois de compétition, on peut affirmer que ses joueurs ont parfaitement appris la leçon. Jamais les Pays-bas n'ont été 90 minutes dominateurs, jamais on a vu une équipe hollandaise nous faire rêver malgré le quatuor à offensif à disposition, le quatre fantastique Robben, van Persie, Sneijder, vander Vaart (régulièrement sur le banc). Face au Brésil, c'est une erreur de Julio Cesar qui a remis la Hollande en selle alors que l'affaire était très mal engagée.

Mais vu que celui qui gagne a toujours raison, le duo van Marwijk-van Bommel peut continuer à afficher sa part de cynisme. A l'image de notre époque? L'Allemagne et l'Espagne sont heureusement là pour contrebalancer la donne...

Thomas Bricmont

Les temps changent, le style aussi, doit-on se dire après la qualification des Pays-Bas pour la finale de la Coupe du Monde. Si on a été bercés depuis le début des années 70 par le jeu offensif, par des ailiers flamboyants, par ce qu'on a appelé "le football total", en regardant les matches des Oranje, 2010 apporte une fameuse révolution. Aujourd'hui, le meilleur joueur batave se nomme Mark van Bommel, une sorte d'anti-Cruijff, Van Basten, Berkamp qui ont émerveillé respectivement les années 70, fin 80 et 90. Si le milieu défensif de la sélection oranje et du Bayern Munich n'est certainement pas dénué de qualités techniques, il a préféré bâtir sa réputation sur un jeu vicieux, des tackles appuyés, des coups de coudes. Avec Van Bommel, c'est "la fin justifie les moyens". Et son coach, qui est aussi son beau-père, Bert van Marwijk, doit s'en réjouir lui qui avant le tournoi avait prévenu: "Il faudra être malin, apprendre à réaliser le hold-up". Après environ un mois de compétition, on peut affirmer que ses joueurs ont parfaitement appris la leçon. Jamais les Pays-bas n'ont été 90 minutes dominateurs, jamais on a vu une équipe hollandaise nous faire rêver malgré le quatuor à offensif à disposition, le quatre fantastique Robben, van Persie, Sneijder, vander Vaart (régulièrement sur le banc). Face au Brésil, c'est une erreur de Julio Cesar qui a remis la Hollande en selle alors que l'affaire était très mal engagée. Mais vu que celui qui gagne a toujours raison, le duo van Marwijk-van Bommel peut continuer à afficher sa part de cynisme. A l'image de notre époque? L'Allemagne et l'Espagne sont heureusement là pour contrebalancer la donne... Thomas Bricmont