Par Peter t'Kint
L'Allemagne de l'Ouest et l'Argentine avaient atteint la finale du Mondial 1990 en Italie. Une finale disputée dans le stade olympique de Rome, là où Lucas Biglia gagne sa vie ces jours-ci. Victorieux 1-0, il s'agissait du troisième titre pour les Allemands. Le dernier jusqu'ici.

Pour les Argentins, 1990 était leur quatrième finale (après 1930, 1978 et 1986). Jusqu'ici aussi la dernière. Dimanche, les deux pays se retrouvent à nouveau face à face. Les Argentins et les Allemands réunifiés. Les uns à la recherche d'un quatrième titre mondial, les autres d'un troisième, après ceux de '78 et '86.

Les deux nations ont chacune atteint la finale à leur façon. Les Allemands de manière fracassante, avec le meilleur football de tout le tournoi. Les Argentins, différemment, avec une défense de fer et une série de tirs au but, comme en 1990 lorsqu'ils ont triomphé du pays hôte. Depuis que le tournoi est dans sa phase à élimination directe, les trois adversaires (européens) de l'Argentine se cassent les dents sur sa défense. La Suisse, la Belgique, les Pays-Bas... Personne ne passe.

Bilgia et compagnie se sont trouvés. Maintenant que Messi, si décisif en poules, est dans le dur (ou qu'il est bien contré), les Albicelestes jouent à leur façon. Des hommes de fer et d'acier. Ce que le général Mascherano commande à ses troupes n'est pas beau à voir (car c'est bien lui le général, pas Messi), mais efficace. Plus personne ne passe. Que dimanche ils remportent le Mondial le plus spectaculaire et le plus riche en buts jamais joué relèverait de l'ironie du sort...

Contrairement aux Brésiliens, très fragiles émotionnellement, les Argentins ne dégageaient pas la moindre émotion au moment de traverser la zone de presse. En revanche, ils avaient l'air tenace et fier d'être arrivés là, malgré les vents contraires. Les huées du public contre l'Argentine n'ont fait que la renforcer.

Il faut dire que les Argentins l'ont un peu cherché eux-mêmes. En route vers la finale 1990, ils ont éliminé le Brésil 1-0 grâce à un assist de Maradona et un but de Caniggia. Ils rappellent cette défaite aux Brésiliens depuis le début du tournoi par une chanson qu'ils chantent en permanence et qui se termine par "Maradona es mas grande que Pelé". Il ne faut donc pas s'étonner si à chaque match les supporters hôtes choisissent l'adversaire. En quarts de finale, c'était la Belgique. En demis, les Pays-Bas.

Mais cela les renforce, a déclaré Zabaleta mercredi après la rencontre.

Lucas Biglia aussi rayonnait de joie. Il se plaisait à Bruxelles, à Anderlecht , mais il a quitté l'équipe car son rêve était de jouer avec son équipe nationale. "On peut rêver, mais souvent les rêves ne réalisent pas dans la réalité", a-t-il déclaré en français mâtiné d'un accent argentin après le match.

Or, c'est exactement ce qu'il s'est passé. Le rêve est devenu réalité. Il a convaincu un nouvel entraîneur, Alejandro Sabella, il a commencé la compétition sur le banc, il a eu sa chance et l'a saisie. Il n'aurait jamais osé rêver être en finale d'un Mondial, a-t-il dit. Vu ses prestations contre la Belgique et les Pays-Bas, ce serait bien possible.

C'est le beau côté du football. Les choix sportifs osés, car il était bien à Bruxelles et aurait pu facilement rester dans sa zone de confort, paient parfois. Et les critiques envers son jeu lorsqu'il évoluait à Bruxelles ? Là encore, il a été magnanime. Le billet pour la finale en poche, il ne s'est pas vengé. "Tout cela est derrière moi. Je vais tenter de profiter de ce qui vient maintenant, même si le stress sera très grand".

La classe.

Par Peter t'Kint L'Allemagne de l'Ouest et l'Argentine avaient atteint la finale du Mondial 1990 en Italie. Une finale disputée dans le stade olympique de Rome, là où Lucas Biglia gagne sa vie ces jours-ci. Victorieux 1-0, il s'agissait du troisième titre pour les Allemands. Le dernier jusqu'ici. Pour les Argentins, 1990 était leur quatrième finale (après 1930, 1978 et 1986). Jusqu'ici aussi la dernière. Dimanche, les deux pays se retrouvent à nouveau face à face. Les Argentins et les Allemands réunifiés. Les uns à la recherche d'un quatrième titre mondial, les autres d'un troisième, après ceux de '78 et '86. Les deux nations ont chacune atteint la finale à leur façon. Les Allemands de manière fracassante, avec le meilleur football de tout le tournoi. Les Argentins, différemment, avec une défense de fer et une série de tirs au but, comme en 1990 lorsqu'ils ont triomphé du pays hôte. Depuis que le tournoi est dans sa phase à élimination directe, les trois adversaires (européens) de l'Argentine se cassent les dents sur sa défense. La Suisse, la Belgique, les Pays-Bas... Personne ne passe. Bilgia et compagnie se sont trouvés. Maintenant que Messi, si décisif en poules, est dans le dur (ou qu'il est bien contré), les Albicelestes jouent à leur façon. Des hommes de fer et d'acier. Ce que le général Mascherano commande à ses troupes n'est pas beau à voir (car c'est bien lui le général, pas Messi), mais efficace. Plus personne ne passe. Que dimanche ils remportent le Mondial le plus spectaculaire et le plus riche en buts jamais joué relèverait de l'ironie du sort... Contrairement aux Brésiliens, très fragiles émotionnellement, les Argentins ne dégageaient pas la moindre émotion au moment de traverser la zone de presse. En revanche, ils avaient l'air tenace et fier d'être arrivés là, malgré les vents contraires. Les huées du public contre l'Argentine n'ont fait que la renforcer. Il faut dire que les Argentins l'ont un peu cherché eux-mêmes. En route vers la finale 1990, ils ont éliminé le Brésil 1-0 grâce à un assist de Maradona et un but de Caniggia. Ils rappellent cette défaite aux Brésiliens depuis le début du tournoi par une chanson qu'ils chantent en permanence et qui se termine par "Maradona es mas grande que Pelé". Il ne faut donc pas s'étonner si à chaque match les supporters hôtes choisissent l'adversaire. En quarts de finale, c'était la Belgique. En demis, les Pays-Bas. Mais cela les renforce, a déclaré Zabaleta mercredi après la rencontre. Lucas Biglia aussi rayonnait de joie. Il se plaisait à Bruxelles, à Anderlecht , mais il a quitté l'équipe car son rêve était de jouer avec son équipe nationale. "On peut rêver, mais souvent les rêves ne réalisent pas dans la réalité", a-t-il déclaré en français mâtiné d'un accent argentin après le match. Or, c'est exactement ce qu'il s'est passé. Le rêve est devenu réalité. Il a convaincu un nouvel entraîneur, Alejandro Sabella, il a commencé la compétition sur le banc, il a eu sa chance et l'a saisie. Il n'aurait jamais osé rêver être en finale d'un Mondial, a-t-il dit. Vu ses prestations contre la Belgique et les Pays-Bas, ce serait bien possible. C'est le beau côté du football. Les choix sportifs osés, car il était bien à Bruxelles et aurait pu facilement rester dans sa zone de confort, paient parfois. Et les critiques envers son jeu lorsqu'il évoluait à Bruxelles ? Là encore, il a été magnanime. Le billet pour la finale en poche, il ne s'est pas vengé. "Tout cela est derrière moi. Je vais tenter de profiter de ce qui vient maintenant, même si le stress sera très grand". La classe.