"Triste et scandaleux! Cette question est tellement folle qu'elle ne mérite aucune réponse. Mes résultats sont le fruit d'un dur labeur."

Ces paroles sont celles prononcées par Fabian Cancellara quand on lui a demandé s'il n'avait jamais utilisé en course un vélo poussé par un moteur électrique. Le Suisse, dont le visage s'est assombri, est pointé du doigt avec insistance suite à ses victoires au Tour des Flandres et à Paris-Roubaix, où à chaque fois, il s'était débarrassé du même adversaire, Tom Boonen. Le coureur de Saxo Bank a laissé le Belge sur place dans le Mur de Grammont lors de la classique flandrienne et est parti seul à 45 km de l'arrivée dans l'Enfer du Nord, réussissant un exploit d'une autre époque.

Le monde du sport est divisé. Des vidéos circulent: si elles ne permettent pas de trancher, elles sont objectivement suspectes parce qu'elles montrent des mouvements non conventionnels de la main sur le changement de vitesses et le démarrage simultané du Suisse qui, sans se lever sur ses pédales, lâche ses adversaires en quelques mètres. Le plus embarrassant, c'est la vision de son démarrage sur le Mur de Grammont où il prend dix mètres sur trente à un Boonen qui souffre, plie et mange de la poussière. En attendant de savoir si Spartacus a triché ou non, nous éprouvons une laide impression, celle de naviguer en plein océan de soupçons.

Cela fait quelques années déjà qu'une fois le Giro terminé, des scandales en tous genres éclatent. Il Giornale et L'Avvenire ont suscité le débat du vélo truqué (les premières indiscrétions remontent à avril) avant que la télévision italienne, la RAI, ne lui donne une ampleur internationale. Si cela semble être de la folie pure, on a le droit de s'imaginer qu'un champion a pu remporter une classique grâce à un tour de passe-passe. Parce que les vélos à moteur existent et que certains coureurs n'auraient pas de scrupules à les utiliser.

Ces engins sont dopés par un moteur électrique dont les dimensions sont celles d'une petite pompe à vélo (22cm de long pour 3 de diamètre). L'appareil, 122 grammes, est fixé dans le tube sous la selle et aurait une autonomie variant de 60 à 90 minutes. Pour bénéficier de son énergie, il suffit d'appuyer sur un petit bouton placé du côté droit du guidon près du changement de vitesses pour que le vélo commence à pédaler... seul!

C'est un sujet complexe, puisqu'il s'agit de doping mécanique, bien différent du doping pharmaceutique avec lequel nous avons dû faire nos comptes ces dernières années. Et si c'est vrai que, depuis 2004, il y a eu des courses mettant aux prises des sportifs en mobylette et d'autres en vélo, c'est une escroquerie colossale encore pire que celle des substances et autres médicaments interdits. On risque d'avoir un nombre élevé de classements à revoir. Et, pour paraphraser Cancellara, ce serait effectivement triste et scandaleux! Le cyclisme ne serait plus considéré que comme une grotesque foire du mensonge et de l'hypocrisie et le CIO finirait bien par mettre à exécution la menace de l'exclure du programme olympique. Le président de l'UCI, Pat MacQuaid, minimise, explique qu'il n'y a pas de cas Cancellara et assure qu'au Tour les commissaires seront très attentifs. C'est bien mais nous, spectateurs, nous voulons y voir plus clair.

Nicolas Ribaudo

"Triste et scandaleux! Cette question est tellement folle qu'elle ne mérite aucune réponse. Mes résultats sont le fruit d'un dur labeur." Ces paroles sont celles prononcées par Fabian Cancellara quand on lui a demandé s'il n'avait jamais utilisé en course un vélo poussé par un moteur électrique. Le Suisse, dont le visage s'est assombri, est pointé du doigt avec insistance suite à ses victoires au Tour des Flandres et à Paris-Roubaix, où à chaque fois, il s'était débarrassé du même adversaire, Tom Boonen. Le coureur de Saxo Bank a laissé le Belge sur place dans le Mur de Grammont lors de la classique flandrienne et est parti seul à 45 km de l'arrivée dans l'Enfer du Nord, réussissant un exploit d'une autre époque. Le monde du sport est divisé. Des vidéos circulent: si elles ne permettent pas de trancher, elles sont objectivement suspectes parce qu'elles montrent des mouvements non conventionnels de la main sur le changement de vitesses et le démarrage simultané du Suisse qui, sans se lever sur ses pédales, lâche ses adversaires en quelques mètres. Le plus embarrassant, c'est la vision de son démarrage sur le Mur de Grammont où il prend dix mètres sur trente à un Boonen qui souffre, plie et mange de la poussière. En attendant de savoir si Spartacus a triché ou non, nous éprouvons une laide impression, celle de naviguer en plein océan de soupçons. Cela fait quelques années déjà qu'une fois le Giro terminé, des scandales en tous genres éclatent. Il Giornale et L'Avvenire ont suscité le débat du vélo truqué (les premières indiscrétions remontent à avril) avant que la télévision italienne, la RAI, ne lui donne une ampleur internationale. Si cela semble être de la folie pure, on a le droit de s'imaginer qu'un champion a pu remporter une classique grâce à un tour de passe-passe. Parce que les vélos à moteur existent et que certains coureurs n'auraient pas de scrupules à les utiliser. Ces engins sont dopés par un moteur électrique dont les dimensions sont celles d'une petite pompe à vélo (22cm de long pour 3 de diamètre). L'appareil, 122 grammes, est fixé dans le tube sous la selle et aurait une autonomie variant de 60 à 90 minutes. Pour bénéficier de son énergie, il suffit d'appuyer sur un petit bouton placé du côté droit du guidon près du changement de vitesses pour que le vélo commence à pédaler... seul!C'est un sujet complexe, puisqu'il s'agit de doping mécanique, bien différent du doping pharmaceutique avec lequel nous avons dû faire nos comptes ces dernières années. Et si c'est vrai que, depuis 2004, il y a eu des courses mettant aux prises des sportifs en mobylette et d'autres en vélo, c'est une escroquerie colossale encore pire que celle des substances et autres médicaments interdits. On risque d'avoir un nombre élevé de classements à revoir. Et, pour paraphraser Cancellara, ce serait effectivement triste et scandaleux! Le cyclisme ne serait plus considéré que comme une grotesque foire du mensonge et de l'hypocrisie et le CIO finirait bien par mettre à exécution la menace de l'exclure du programme olympique. Le président de l'UCI, Pat MacQuaid, minimise, explique qu'il n'y a pas de cas Cancellara et assure qu'au Tour les commissaires seront très attentifs. C'est bien mais nous, spectateurs, nous voulons y voir plus clair. Nicolas Ribaudo