Grâce à son succès en huitièmes face au Portugal, l'Espagne continue sa marche en avant. Et tous les amoureux de beau football s'en réjouissent.

Le piège tendu par Carlos Queiroz, une sorte de pâle copie du 4-3-3 béton de Mourinho, n'a pas fonctionné. La patience, le collectif et la classe des hommes de Vincente del Bosque ont fini par tromper la vigilance de l'excellent Eduardo (invincible durant 333 min). La dernière demi-heure fut inutile. Jamais, le Portugal n'a su se sortir de son dispositif très défensif, l'injection de sang neuf ou les essais d'un Cristiano Ronaldo en méforme n'y ont rien changé. Quant à l'Espagne, elle a fait ce qu'elle fait le mieux: conserver le cuir avec une aisance technique insolente.

Pour ceux qui avaient des doutes sur le niveau des Champions d'Europe, ceux-ci devraient être balayés après la rencontre d'hier soir. Certes, l'Espagne n'a pas brillé en poule mais en est quand même sortie en tête. N'est-ce pas le signe d'une grande équipe de faire le boulot quand ça sourit moins?

L'Europe a beau avoir souffert en Afrique du Sud (France, Angleterre, Italie, etc), la Roja fait, elle, honneur à son statut, tout comme l'Allemagne dans son costume d'équipe jeune et talentueuse ou les Pays-Bas avec leur armada offensive. Et sans être présomptueux, il n'est pas idiot de penser que les Champions d'Europe sortiront vainqueur de leur duel face au Paraguay, l'équipe peut-être la plus faible des huit derniers pays en lice.

Certes, on est encore loin d'une première étoile espagnole. Mais il est évident, et les stats sont là pour le prouver (35 matches sans défaite, 10 victoires en 10 matches de qualifications, etc) que le succès en Suisse-Autriche ne serait pas un feu de paille tant le talent espagnol semble inépuisable.

Il faut remonter à la fin du siècle dernier et au début du 21e pour connaître une nation européenne aussi dominatrice. Les Bleus avaient alors réalisé l'exploit unique du doublé Coupe du Monde-Championnat d'Europe, s'appuyant en 1998 sur une défense de fer et en 2000 sur un Zidane au sommet de son art. L'Espagne peut réaliser cette même performance dans le sens inverse, une prouesse que seule l'Allemagne avait réussie en 1972-1974.

Thomas Bricmont

Grâce à son succès en huitièmes face au Portugal, l'Espagne continue sa marche en avant. Et tous les amoureux de beau football s'en réjouissent. Le piège tendu par Carlos Queiroz, une sorte de pâle copie du 4-3-3 béton de Mourinho, n'a pas fonctionné. La patience, le collectif et la classe des hommes de Vincente del Bosque ont fini par tromper la vigilance de l'excellent Eduardo (invincible durant 333 min). La dernière demi-heure fut inutile. Jamais, le Portugal n'a su se sortir de son dispositif très défensif, l'injection de sang neuf ou les essais d'un Cristiano Ronaldo en méforme n'y ont rien changé. Quant à l'Espagne, elle a fait ce qu'elle fait le mieux: conserver le cuir avec une aisance technique insolente. Pour ceux qui avaient des doutes sur le niveau des Champions d'Europe, ceux-ci devraient être balayés après la rencontre d'hier soir. Certes, l'Espagne n'a pas brillé en poule mais en est quand même sortie en tête. N'est-ce pas le signe d'une grande équipe de faire le boulot quand ça sourit moins? L'Europe a beau avoir souffert en Afrique du Sud (France, Angleterre, Italie, etc), la Roja fait, elle, honneur à son statut, tout comme l'Allemagne dans son costume d'équipe jeune et talentueuse ou les Pays-Bas avec leur armada offensive. Et sans être présomptueux, il n'est pas idiot de penser que les Champions d'Europe sortiront vainqueur de leur duel face au Paraguay, l'équipe peut-être la plus faible des huit derniers pays en lice. Certes, on est encore loin d'une première étoile espagnole. Mais il est évident, et les stats sont là pour le prouver (35 matches sans défaite, 10 victoires en 10 matches de qualifications, etc) que le succès en Suisse-Autriche ne serait pas un feu de paille tant le talent espagnol semble inépuisable. Il faut remonter à la fin du siècle dernier et au début du 21e pour connaître une nation européenne aussi dominatrice. Les Bleus avaient alors réalisé l'exploit unique du doublé Coupe du Monde-Championnat d'Europe, s'appuyant en 1998 sur une défense de fer et en 2000 sur un Zidane au sommet de son art. L'Espagne peut réaliser cette même performance dans le sens inverse, une prouesse que seule l'Allemagne avait réussie en 1972-1974. Thomas Bricmont