Par John BAETE

Sommes-nous à un nouveau tournant de l'histoire de l'Union belge? Jamais, sans doute, la Maison de Verre n'avait semblé aussi opaque que cette saison. Sans doute par manque de communication claire basée sur des mauvaises décisions... ou des décisions non prises. Jusqu'à l'affaire Eupen, quand elle a décidé de poursuivre les play-offs et de prendre le risque de payer les 500.000 euros d'astreinte judiciaire. D'un côté, elle n'avait pas le choix, mais elle n'a pas hésité: la poursuite de l'intérêt du football passait au-dessus des embrouillaminis juridiques. Un signal clair, qui demande des bis et des ter...

Fallait-il y voir la main du nouveau secrétaire général Steven Martens, à peine entré en service? L'homme, qui a été directeur technique du tennis flamand et capitaine de nos équipes de Fed Cup et de Coupe Davis, avait émigré et était devenu directeur technique du tennis britannique. Là, il a repassé la Manche et changé de sport.

Face à la situation du foot belge, il l'a d'abord jouée low profile. Il se ménage pour l'heure des rencontres informelles (et sympas) avec tous ceux qui vivent le foot de l'intérieur, notamment des gens des médias. Vendredi passé, votre serviteur était convié à le rencontrer en compagnie de Jean-Louis Donnay (Le Soir) et Mbo Mpenza (devenu consultant sur RTL). Pour faire le tour des problèmes? Un projet ambitieux en deux heures, mais utile.

Martens comprend vite. Quand on lui parle du problème d'image de l'Union belge, il acquiesce et on voit directement que son sens de la discipline de l'homme venu d'un sport individuel est carrément heurté. Tant mieux, parce que toute la famille du foot attend des gestes forts, des Provinciales à la Ligue pro. Tout récemment, on est obligé d'entendre que certains clubs de la Ligue pro ne sont plus d'accord pour jouer la Coupe de Belgique! L'Union belge n'a qu'à la menacer de ne pas envoyer ses arbitres en D1... Tout comme elle devrait prendre position officiellement sur l'attitude d'Eden Hazard lors de Belgique-Turquie. Tout laisser aux mains de Georges Leekens n'est pas une solution parce que le coach fédéral pourrait être tenté de manipuler les choses et le Lillois.

L'Union belge souffre de l'ampleur de sa tâche puisqu'elle représente TOUT le foot, à tous les échelons. Si elle espère que l'aile francophone va être aussi efficace que l'aile flamande, elle ne doit pas oublier que déléguer ses pouvoirs à la Ligue pro ou à la direction des Diables Rouges ne veut pas dire "abandonner ses pouvoirs": elle doit toujours avoir la possibilité de se faire entendre quand il le faut.

Et ces fans de D1 qui sont mécontents : ils sont majoritairement anti play-offs pour des raisons sportives et de coût des tickets d'entrée mais on les leur ressert. En plus, si le nouveau contrat TV est plus avantageux encore pour les clubs pros (on passe de 150 à 165 millions d'euros pour trois ans, ça fait dix millions en plus par an), les supporters qui voudraient voir les matches de chez eux devront acheter un deuxième abonnement !

Même si l'Union belge ne voulait pas trop se mêler des affaires de la Ligue pro, elle y sera très vite obligée. Le testament d'Ivan De Witte, qui en abandonne la présidence est clair : "Il faut se demander si, à l'avenir, la Ligue pro doit se contenter de défendre les intérêts de ses clubs ou également s'occuper de l'organisation des compétitions". C'est vrai que les conflits d'intérêts (des clubs puissants) ont été assez criants. Et l'avis à l'égard de la Coupe de Belgique est un autre signal... Il est temps que l'Union belge reprenne ce qui lui appartient.

Par John BAETESommes-nous à un nouveau tournant de l'histoire de l'Union belge? Jamais, sans doute, la Maison de Verre n'avait semblé aussi opaque que cette saison. Sans doute par manque de communication claire basée sur des mauvaises décisions... ou des décisions non prises. Jusqu'à l'affaire Eupen, quand elle a décidé de poursuivre les play-offs et de prendre le risque de payer les 500.000 euros d'astreinte judiciaire. D'un côté, elle n'avait pas le choix, mais elle n'a pas hésité: la poursuite de l'intérêt du football passait au-dessus des embrouillaminis juridiques. Un signal clair, qui demande des bis et des ter... Fallait-il y voir la main du nouveau secrétaire général Steven Martens, à peine entré en service? L'homme, qui a été directeur technique du tennis flamand et capitaine de nos équipes de Fed Cup et de Coupe Davis, avait émigré et était devenu directeur technique du tennis britannique. Là, il a repassé la Manche et changé de sport. Face à la situation du foot belge, il l'a d'abord jouée low profile. Il se ménage pour l'heure des rencontres informelles (et sympas) avec tous ceux qui vivent le foot de l'intérieur, notamment des gens des médias. Vendredi passé, votre serviteur était convié à le rencontrer en compagnie de Jean-Louis Donnay (Le Soir) et Mbo Mpenza (devenu consultant sur RTL). Pour faire le tour des problèmes? Un projet ambitieux en deux heures, mais utile. Martens comprend vite. Quand on lui parle du problème d'image de l'Union belge, il acquiesce et on voit directement que son sens de la discipline de l'homme venu d'un sport individuel est carrément heurté. Tant mieux, parce que toute la famille du foot attend des gestes forts, des Provinciales à la Ligue pro. Tout récemment, on est obligé d'entendre que certains clubs de la Ligue pro ne sont plus d'accord pour jouer la Coupe de Belgique! L'Union belge n'a qu'à la menacer de ne pas envoyer ses arbitres en D1... Tout comme elle devrait prendre position officiellement sur l'attitude d'Eden Hazard lors de Belgique-Turquie. Tout laisser aux mains de Georges Leekens n'est pas une solution parce que le coach fédéral pourrait être tenté de manipuler les choses et le Lillois. L'Union belge souffre de l'ampleur de sa tâche puisqu'elle représente TOUT le foot, à tous les échelons. Si elle espère que l'aile francophone va être aussi efficace que l'aile flamande, elle ne doit pas oublier que déléguer ses pouvoirs à la Ligue pro ou à la direction des Diables Rouges ne veut pas dire "abandonner ses pouvoirs": elle doit toujours avoir la possibilité de se faire entendre quand il le faut. Et ces fans de D1 qui sont mécontents : ils sont majoritairement anti play-offs pour des raisons sportives et de coût des tickets d'entrée mais on les leur ressert. En plus, si le nouveau contrat TV est plus avantageux encore pour les clubs pros (on passe de 150 à 165 millions d'euros pour trois ans, ça fait dix millions en plus par an), les supporters qui voudraient voir les matches de chez eux devront acheter un deuxième abonnement ! Même si l'Union belge ne voulait pas trop se mêler des affaires de la Ligue pro, elle y sera très vite obligée. Le testament d'Ivan De Witte, qui en abandonne la présidence est clair : "Il faut se demander si, à l'avenir, la Ligue pro doit se contenter de défendre les intérêts de ses clubs ou également s'occuper de l'organisation des compétitions". C'est vrai que les conflits d'intérêts (des clubs puissants) ont été assez criants. Et l'avis à l'égard de la Coupe de Belgique est un autre signal... Il est temps que l'Union belge reprenne ce qui lui appartient.