Anderlecht-Standard est un moment autant attendu que la présentation d'un grand film au Festival de Cannes. Chaque année, tout le monde se précipite pour voir les stars du Clasico sur la grande scène verte du stade Constant Vanden Stock ou de Sclessin. Les flashes et les regards s'apprêtent à accompagner tous les joueurs du prochain choc des géants, avec une attention particulière pour Milan Jovanovic : "moi, je ne compte pas. Il y a bien plus important : tous les amateurs de football doivent passer une belle soirée."

Le Clasico, ce sera spécial pour vous ? Oui, pour moi et pour tout le monde. Je vais essayer d'oublier toute forme d'émotion. Si le coach fait appel à moi, je me donnerai à 500 %. Je ferai tout pour gagner et marquer. Si je trompe Bolat, je garderai cette joie pour moi, en signe d'hommage au Standard qui gardera toujours une place à part dans mon coeur. Je ne suis pas un joueur qui part et qui oublie. Je suis un homme heureux car "mon coeur peut porter beaucoup d'amour" (sic). Je connais des joueurs qui crachent sur le club où ils ont vécu de grands moments. Moi, je ne peux pas. Impossible. J'ai des tas de raisons pour descendre Liverpool. Quand l'ai-je fait ? Jamais et je ne le ferai jamais même si je n'ai pas eu droit à un traitement décent là-bas. Dès que j'y suis arrivé, on a demandé quand je partais car Rafael Benitez qui me fit venir était parti. Je n'ai jamais reçu honnêtement ma chance. Personne n'aurait tenu le coup, même pas Ronaldo. J'aurais dû marquer deux buts par match et encore... Enfin, c'est une autre histoire.

Connaissez-vous le nouveau Standard ?

Non, presque pas. J'ai travaillé six mois avec de Sart qui était le T2 de Dominique D'Onofrio : c'est un gentleman. Il y a encore Bolat, Pocognoli, Goreux et c'est tout. Je me souviens de José Riga en tant que coach de Mons. C'est un homme correct et très sympathique. Je sais que cette équipe fait peau neuve. Ce n'est pas facile car des joueurs importants et confirmés sont à nouveau partis cet été. J'ai cependant l'impression que le Standard a déjà progressé dans l'après Witsel et Defour. Je ne sais pas si cette équipe sera aussi forte que celle des deux titres et des exploits européens. Seul le temps apportera une réponse mais je suis sûr que ce club travaille bien. Cela dit, j'ai quand même relevé que le Standard et Genk ont perdu pas mal de points en championnat. Anderlecht est plus concret, plus réaliste : c'est un gros avantage.

Craignez-vous l'attitude des supporters liégeois ?

Non. Je me rends encore régulièrement dans le centre de Liège avec ma femme. Nous allons manger un bout avec des amis. Les passants me reconnaissent et me saluent. Pas de problème. C'est normal : qu'est-ce que Milan Jovanovic a fait de mal lors de ses quatre saisons passées au Standard ? Rien, au contraire. Moi, en tout cas, je ne garde que de souvenirs formidables d'une belle époque. C'était une équipe jeune, énergique, pleine de rage de vaincre avec une ambiance parfois électrique et des gars qui avaient envie d'être des leaders, des patrons. A Anderlecht, c'est plus calme, plus cultivé et il n'y a pas de guerre des chefs. C'est très différent. Cet Anderlecht est sur le bon chemin pour être meilleur que le Standard des deux titres.

Anderlecht est le favori du Clasico...

Nous sommes en pole position au classement de la D1 et nous jouons à domicile. Anderlecht sait négocier ses grands rendez-vous. En Europa League, nous avons déjà aligné trois succès et un nul contre Bursa, AEK et Lokomotiv Moscou, c'est magnifique. Pour raccourcir cette histoire, Anderlecht sera champion. Nous décrocherons le titre, je n'ai aucun doute là-dessus. Je le répète tous les jours à mes équipiers.

Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive de Milan Jovanovic dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Pierre Bilic, Sport/Foot Magazine

Anderlecht-Standard est un moment autant attendu que la présentation d'un grand film au Festival de Cannes. Chaque année, tout le monde se précipite pour voir les stars du Clasico sur la grande scène verte du stade Constant Vanden Stock ou de Sclessin. Les flashes et les regards s'apprêtent à accompagner tous les joueurs du prochain choc des géants, avec une attention particulière pour Milan Jovanovic : "moi, je ne compte pas. Il y a bien plus important : tous les amateurs de football doivent passer une belle soirée." Le Clasico, ce sera spécial pour vous ? Oui, pour moi et pour tout le monde. Je vais essayer d'oublier toute forme d'émotion. Si le coach fait appel à moi, je me donnerai à 500 %. Je ferai tout pour gagner et marquer. Si je trompe Bolat, je garderai cette joie pour moi, en signe d'hommage au Standard qui gardera toujours une place à part dans mon coeur. Je ne suis pas un joueur qui part et qui oublie. Je suis un homme heureux car "mon coeur peut porter beaucoup d'amour" (sic). Je connais des joueurs qui crachent sur le club où ils ont vécu de grands moments. Moi, je ne peux pas. Impossible. J'ai des tas de raisons pour descendre Liverpool. Quand l'ai-je fait ? Jamais et je ne le ferai jamais même si je n'ai pas eu droit à un traitement décent là-bas. Dès que j'y suis arrivé, on a demandé quand je partais car Rafael Benitez qui me fit venir était parti. Je n'ai jamais reçu honnêtement ma chance. Personne n'aurait tenu le coup, même pas Ronaldo. J'aurais dû marquer deux buts par match et encore... Enfin, c'est une autre histoire. Connaissez-vous le nouveau Standard ? Non, presque pas. J'ai travaillé six mois avec de Sart qui était le T2 de Dominique D'Onofrio : c'est un gentleman. Il y a encore Bolat, Pocognoli, Goreux et c'est tout. Je me souviens de José Riga en tant que coach de Mons. C'est un homme correct et très sympathique. Je sais que cette équipe fait peau neuve. Ce n'est pas facile car des joueurs importants et confirmés sont à nouveau partis cet été. J'ai cependant l'impression que le Standard a déjà progressé dans l'après Witsel et Defour. Je ne sais pas si cette équipe sera aussi forte que celle des deux titres et des exploits européens. Seul le temps apportera une réponse mais je suis sûr que ce club travaille bien. Cela dit, j'ai quand même relevé que le Standard et Genk ont perdu pas mal de points en championnat. Anderlecht est plus concret, plus réaliste : c'est un gros avantage. Craignez-vous l'attitude des supporters liégeois ? Non. Je me rends encore régulièrement dans le centre de Liège avec ma femme. Nous allons manger un bout avec des amis. Les passants me reconnaissent et me saluent. Pas de problème. C'est normal : qu'est-ce que Milan Jovanovic a fait de mal lors de ses quatre saisons passées au Standard ? Rien, au contraire. Moi, en tout cas, je ne garde que de souvenirs formidables d'une belle époque. C'était une équipe jeune, énergique, pleine de rage de vaincre avec une ambiance parfois électrique et des gars qui avaient envie d'être des leaders, des patrons. A Anderlecht, c'est plus calme, plus cultivé et il n'y a pas de guerre des chefs. C'est très différent. Cet Anderlecht est sur le bon chemin pour être meilleur que le Standard des deux titres. Anderlecht est le favori du Clasico... Nous sommes en pole position au classement de la D1 et nous jouons à domicile. Anderlecht sait négocier ses grands rendez-vous. En Europa League, nous avons déjà aligné trois succès et un nul contre Bursa, AEK et Lokomotiv Moscou, c'est magnifique. Pour raccourcir cette histoire, Anderlecht sera champion. Nous décrocherons le titre, je n'ai aucun doute là-dessus. Je le répète tous les jours à mes équipiers. Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive de Milan Jovanovic dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine. Pierre Bilic, Sport/Foot Magazine