Par Frédéric Waseige

Nous, il y a deux semaines, c'était contre la connerie humaine, de ses mots, plus que de ses actes. De cette indécence raciste. Mercredi dernier, l'indignation, on la frôlait seulement devant notre incompréhension face aux talents gâchés de notre nouvelle génération. Pas assez révoltés, les gamins ! Nous n'irons pas à l'Euro 2012. Pas grave, Georges maîtrise... sa com'. Georges dilue, hypnotise, endort. Longue vie à Long couteau ! L'espoir fait vivre, même si nos espoirs sont morts à Düsseldorf. Nous n'irons pas au Championnat d'Europe. Une compétition qui s'ouvre de plus en plus au monde. Qui va remettre le sentiment national à sa juste place. Le foot est comme Hessel, un merveilleux ambassadeur. Le foot est la plus belle loupe, le prisme le plus limpide de ce qu'est devenu notre monde. Le foot est un brin opportuniste mais dans ce cas, on s'en réjouit. Dans les équipes nationales européennes, il y a de plus en plus de joueurs venus du monde entier. L'Euro devient donc la coupe des mondes.

Si, dans les nineties, la France black-blanc-beur a été un exemple, ses voisins l'ont imitée. L'Allemagne a maintenant ses Özil, Khedira, Gomez, mais on se souvient de Gérald Asamoah. Premier joueur né en Afrique (Ghana) à porter le maillot de la Mannschaft. Mais pas le premier joueur de couleur. Erwin Kostedde, que l'on a connu au Standard dans les années 70, ou Jimmy Hartwig un peu plus tôt. Deux fils de GI américain. Les drames de l'histoire permettent parfois à des hommes en short de réveiller la tolérance. L'exemple suisse est édifiant. Ce pays chantre de la neutralité qui donne l'image d'un pays qui lave plus blanc, d'un pays roi du PH (Permit d'Habitation) neutre est balayé par la réalité.

21 % de sa population est d'origine étrangère (un des taux les plus élevés d'Europe). Le pourcentage est encore beaucoup plus élevé dans son équipe nationale. La guerre en ex-Yougoslavie fin des années 90 a bouleversé la Suisse. Ils sont des dizaines de milliers à y rejoindre de la famille. La Nati (surnom de l'équipe suisse) en profite maintenant. Début juin en Angleterre, 70 % de l'équipe nationale est né hors du pays. Cinq en ex-Yougoslavie, deux en Turquie, plus Djourou l'Ivoirien et Emeghara le Nigérian. Comme quoi, la neutralité ne mène pas à l'isolement.

La Suisse ne sera pas à l'Euro 2012 mais son exemple est révélateur de la saveur que le foot peut apporter à une nation. Et attention parce que la génération qui arrive est balaise. En janvier 2010, les -17 sont champions du monde. Ils sont 13 binationaux à épater le monde. Et là, on a peur que la fameuse saveur du foot ne prenne le goût de l'opportunisme. Qu'une fois révélés sous le maillot suisse, ces jeunes n'optent pour celui de leur pays d'origine. Petric, Rakatic, entre autres, ont déjà suivi cette voie. Mais quoi qu'il arrive, la Suisse nous a montré l'exemple. Exactement l'inverse de l'Italie. Les réactions suite aux convocations pour la Nazionale de Mario Balotelli furent trop souvent odieuses. Un black sous le maillot bleu, ils sont nombreux à s'y opposer. Dans ce pays sali par l'indécence de sa gouvernance, le foot n'a pas montré l'exemple. Restons vigilant et, s'il le faut, indignons-nous pour ne jamais oublier que le foot, c'est la vie.

Par Frédéric WaseigeNous, il y a deux semaines, c'était contre la connerie humaine, de ses mots, plus que de ses actes. De cette indécence raciste. Mercredi dernier, l'indignation, on la frôlait seulement devant notre incompréhension face aux talents gâchés de notre nouvelle génération. Pas assez révoltés, les gamins ! Nous n'irons pas à l'Euro 2012. Pas grave, Georges maîtrise... sa com'. Georges dilue, hypnotise, endort. Longue vie à Long couteau ! L'espoir fait vivre, même si nos espoirs sont morts à Düsseldorf. Nous n'irons pas au Championnat d'Europe. Une compétition qui s'ouvre de plus en plus au monde. Qui va remettre le sentiment national à sa juste place. Le foot est comme Hessel, un merveilleux ambassadeur. Le foot est la plus belle loupe, le prisme le plus limpide de ce qu'est devenu notre monde. Le foot est un brin opportuniste mais dans ce cas, on s'en réjouit. Dans les équipes nationales européennes, il y a de plus en plus de joueurs venus du monde entier. L'Euro devient donc la coupe des mondes. Si, dans les nineties, la France black-blanc-beur a été un exemple, ses voisins l'ont imitée. L'Allemagne a maintenant ses Özil, Khedira, Gomez, mais on se souvient de Gérald Asamoah. Premier joueur né en Afrique (Ghana) à porter le maillot de la Mannschaft. Mais pas le premier joueur de couleur. Erwin Kostedde, que l'on a connu au Standard dans les années 70, ou Jimmy Hartwig un peu plus tôt. Deux fils de GI américain. Les drames de l'histoire permettent parfois à des hommes en short de réveiller la tolérance. L'exemple suisse est édifiant. Ce pays chantre de la neutralité qui donne l'image d'un pays qui lave plus blanc, d'un pays roi du PH (Permit d'Habitation) neutre est balayé par la réalité. 21 % de sa population est d'origine étrangère (un des taux les plus élevés d'Europe). Le pourcentage est encore beaucoup plus élevé dans son équipe nationale. La guerre en ex-Yougoslavie fin des années 90 a bouleversé la Suisse. Ils sont des dizaines de milliers à y rejoindre de la famille. La Nati (surnom de l'équipe suisse) en profite maintenant. Début juin en Angleterre, 70 % de l'équipe nationale est né hors du pays. Cinq en ex-Yougoslavie, deux en Turquie, plus Djourou l'Ivoirien et Emeghara le Nigérian. Comme quoi, la neutralité ne mène pas à l'isolement. La Suisse ne sera pas à l'Euro 2012 mais son exemple est révélateur de la saveur que le foot peut apporter à une nation. Et attention parce que la génération qui arrive est balaise. En janvier 2010, les -17 sont champions du monde. Ils sont 13 binationaux à épater le monde. Et là, on a peur que la fameuse saveur du foot ne prenne le goût de l'opportunisme. Qu'une fois révélés sous le maillot suisse, ces jeunes n'optent pour celui de leur pays d'origine. Petric, Rakatic, entre autres, ont déjà suivi cette voie. Mais quoi qu'il arrive, la Suisse nous a montré l'exemple. Exactement l'inverse de l'Italie. Les réactions suite aux convocations pour la Nazionale de Mario Balotelli furent trop souvent odieuses. Un black sous le maillot bleu, ils sont nombreux à s'y opposer. Dans ce pays sali par l'indécence de sa gouvernance, le foot n'a pas montré l'exemple. Restons vigilant et, s'il le faut, indignons-nous pour ne jamais oublier que le foot, c'est la vie.