Eden Hazard (20 ans) nous accueille pour ses confessions dans un hôtel de prestige au coeur du vieux Lille. "La pépite belge du LOSC", comme on dit ici, est au rendez-vous en compagnie de John Bico, son agent de très longue date. L'homme qui est intervenu pour recoller les morceaux avec Georges Leekens après le clash consécutif à Belgique - Turquie.

Pourquoi tu n'arrives pas à rentabiliser ton talent en équipe nationale ? J'ai fait 22 matches chez les Diables ? OK. Mais presque toujours des bouts de rencontres. Au total, je n'ai disputé que l'équivalent d'une bonne douzaine de matches complets. Et j'ai été décisif une dizaine de fois, en donnant huit assists et en provoquant deux penalties.

Mais toujours pas un seul but...

On va toujours m'en demander parce que je marque à Lille, mais je répète que je ne suis pas un attaquant de pointe. Mon rôle est plus de faire marquer les autres. Et j'estime que mes stats chez les Diables sont plus qu'honorables. Si je peux jouer 100 matches, donner 300 assists et ne pas scorer une seule fois moi-même, ce sera parfait pour moi. Il est impossible de tout faire : créer les actions, donner les passes décisives et marquer. On voudrait peut-être que je mette des buts de la tête, en plus ? (Il rit).

Luc Nilis avait connu le même syndrome, on rappelait avant chaque match des Belges qu'il n'avait toujours pas marqué. Je ferai peut-être comme lui : un goal, puis ce sera parti. Et on arrêtera alors d'écrire que Hazard ne marque pas.

On te demande plus de travail défensif en équipe belge qu'à Lille, c'est peut-être la principale explication...

Chaque coach a sa philosophie. Rudi Garcia aime le beau jeu. Peut-être que Georges Leekens aussi, mais il a des bases plus défensives. Je ne dis pas qu'un entraîneur est bon et que l'autre est mauvais. Ce sont tous les deux des patrons et les joueurs doivent appliquer leurs consignes.

Tu trouves que tu es aussi bon avec les Diables qu'avec le LOSC ?

J'ai fait des bons matches avec l'équipe nationale. Parfois, je suis passé à travers. C'est plus facile d'être bon avec mon club, qui est mon pain quotidien. Mais j'ai aussi raté des rendez-vous avec Lille. Sur 38 matches de championnat, il y en a quelques-uns où je suis moins bien, mais comme j'en fais aussi 30 très bons, ça éclipse le reste.

Cette campagne éliminatoire restera celle des grosses absences de concentration dans des moments importants...

Oui, contre l'Autriche, en Azerbaïdjan et encore dans d'autres matches. Ce sont des petits détails qu'il faudra régler pour grandir. Au niveau international, ça se paie cher. Regarde ce qui nous est arrivé en Ligue des Champions avec le LOSC : trois erreurs, trois buts encaissés. En équipe nationale, on a vu un peu la même chose.

La fin de match en Azerbaïdjan résume finalement toute la campagne.

Exactement. Nous faisons la différence, puis nous perdons des points sur un détail.

Tu t'en es voulu après le match contre l'Autriche à Bruxelles ? C'est 4-3, il reste quelques secondes, tu perds un ballon loin devant et ça fait 4-4.

Franchement ? Pas du tout. Quand je monte au jeu, il reste 10 minutes et c'est 2-3. Je suis au départ de la phase qui amène le 3-3, je donne l'avant-dernière passe. Puis je force un corner, je le tire et ça donne le 4-3. Après ça, voilà, je perds un ballon, et il y a l'égalisation. Enfin bon, si on veut mettre la faute sur moi, pas de problème.

Georges Leekens dit qu'il met la barre plus haut pour toi, pour Marouane Fellaini, Vincent Kompany et Thomas Vermaelen que pour les autres. C'est bien, ça prouve qu'il a confiance en moi. S'il m'en demande plus, c'est qu'il estime que je suis capable de le faire.

Qu'est-ce que vous vous êtes dits quand vous vous êtes rencontrés à Lille au moment de ta suspension ?

Chacun a dit les choses qu'il avait à dire.

Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive d'Eden Hazard dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Pierre Danvoye et Peter T'Kint, Sport/Foot Magazine

Eden Hazard (20 ans) nous accueille pour ses confessions dans un hôtel de prestige au coeur du vieux Lille. "La pépite belge du LOSC", comme on dit ici, est au rendez-vous en compagnie de John Bico, son agent de très longue date. L'homme qui est intervenu pour recoller les morceaux avec Georges Leekens après le clash consécutif à Belgique - Turquie. Pourquoi tu n'arrives pas à rentabiliser ton talent en équipe nationale ? J'ai fait 22 matches chez les Diables ? OK. Mais presque toujours des bouts de rencontres. Au total, je n'ai disputé que l'équivalent d'une bonne douzaine de matches complets. Et j'ai été décisif une dizaine de fois, en donnant huit assists et en provoquant deux penalties. Mais toujours pas un seul but... On va toujours m'en demander parce que je marque à Lille, mais je répète que je ne suis pas un attaquant de pointe. Mon rôle est plus de faire marquer les autres. Et j'estime que mes stats chez les Diables sont plus qu'honorables. Si je peux jouer 100 matches, donner 300 assists et ne pas scorer une seule fois moi-même, ce sera parfait pour moi. Il est impossible de tout faire : créer les actions, donner les passes décisives et marquer. On voudrait peut-être que je mette des buts de la tête, en plus ? (Il rit). Luc Nilis avait connu le même syndrome, on rappelait avant chaque match des Belges qu'il n'avait toujours pas marqué. Je ferai peut-être comme lui : un goal, puis ce sera parti. Et on arrêtera alors d'écrire que Hazard ne marque pas. On te demande plus de travail défensif en équipe belge qu'à Lille, c'est peut-être la principale explication... Chaque coach a sa philosophie. Rudi Garcia aime le beau jeu. Peut-être que Georges Leekens aussi, mais il a des bases plus défensives. Je ne dis pas qu'un entraîneur est bon et que l'autre est mauvais. Ce sont tous les deux des patrons et les joueurs doivent appliquer leurs consignes. Tu trouves que tu es aussi bon avec les Diables qu'avec le LOSC ? J'ai fait des bons matches avec l'équipe nationale. Parfois, je suis passé à travers. C'est plus facile d'être bon avec mon club, qui est mon pain quotidien. Mais j'ai aussi raté des rendez-vous avec Lille. Sur 38 matches de championnat, il y en a quelques-uns où je suis moins bien, mais comme j'en fais aussi 30 très bons, ça éclipse le reste. Cette campagne éliminatoire restera celle des grosses absences de concentration dans des moments importants... Oui, contre l'Autriche, en Azerbaïdjan et encore dans d'autres matches. Ce sont des petits détails qu'il faudra régler pour grandir. Au niveau international, ça se paie cher. Regarde ce qui nous est arrivé en Ligue des Champions avec le LOSC : trois erreurs, trois buts encaissés. En équipe nationale, on a vu un peu la même chose. La fin de match en Azerbaïdjan résume finalement toute la campagne. Exactement. Nous faisons la différence, puis nous perdons des points sur un détail. Tu t'en es voulu après le match contre l'Autriche à Bruxelles ? C'est 4-3, il reste quelques secondes, tu perds un ballon loin devant et ça fait 4-4. Franchement ? Pas du tout. Quand je monte au jeu, il reste 10 minutes et c'est 2-3. Je suis au départ de la phase qui amène le 3-3, je donne l'avant-dernière passe. Puis je force un corner, je le tire et ça donne le 4-3. Après ça, voilà, je perds un ballon, et il y a l'égalisation. Enfin bon, si on veut mettre la faute sur moi, pas de problème. Georges Leekens dit qu'il met la barre plus haut pour toi, pour Marouane Fellaini, Vincent Kompany et Thomas Vermaelen que pour les autres. C'est bien, ça prouve qu'il a confiance en moi. S'il m'en demande plus, c'est qu'il estime que je suis capable de le faire. Qu'est-ce que vous vous êtes dits quand vous vous êtes rencontrés à Lille au moment de ta suspension ? Chacun a dit les choses qu'il avait à dire. Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive d'Eden Hazard dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine. Pierre Danvoye et Peter T'Kint, Sport/Foot Magazine