Par John BAETEMais Herbrand, c'est un autre niveau : il a été le premier entraîneur omnisport de l'émirat du Qatar puis responsable de l'organisation du haut niveau et commence petit à petit à se sentir pensionné. Il passe de plus en plus de temps à Malmédy, chez lui. Dire qu'il a fait fortune est un vain mot. Tous les sportifs qui touchent aux pétrodollars deviennent blindés. En plus, le grand Freddy a toujours été clairvoyant et a des relations. En mai dernier, Lucien D'Onofrio lui avait demandé de trouver des investisseurs pour le Standard mais les connaissances qataris de Herbrand ont préféré miser sur le PSG.

C'était l'époque où Michel Preud'homme venait de signer pour Al Shabab, en Arabie Saoudite. "Une bonne opportunité de carrière, sûrement", commentait Herbrand. "Mais si Michel m'avait demandé mon avis avant de partir, je lui aurais dit :- Reste sous le cocotier ! Les coaches de tous les sports qui partent dans ces régions vont vivre des choses qu'ils n'ont jamais vécues. Et plus ils sont perfectionnistes et animés par l'envie de faire des résultats, plus ils seront frustrés. Qu'ils restent sous le cocotier... Ils seront très bien payés mais tout le monde est riche là-bas. S'ils ne deviennent pas hyper philosophes, comment vont-ils réagir aux joueurs qui se fichent des entraînements et de ces dirigeants qui voudront faire l'équipe et la tactique ? Qu'ils restent sous le cocotier... Et ils doivent aussi savoir que dès que les résultats ne sont pas là, c'est très vite fini !"

Herbrand n'exagère pas. Il est l'Occidental qui a ramené le plus de médailles tous sports confondus au Qatar depuis les seventies, mais il avait l'avantage d'agir en pionnier. Etait-il dur d'imposer ses vues à ces sportifs riches de naissance ? "Quand j'avais décidé qu'ils devaient faire un long footing, je les mettais dans un bus, je les droppais dans un coin du désert et le bus retournait en ville."

Comment Frankie Vercauteren va-t-il réagir face aux joueurs qui brosseront ses entraînement et ne feront même pas semblant d'écouter ses explications de systèmes, des gars encore moins concernés que dix Anthony Vanden Borre ? Il dit qu'une des raisons de son départ de Genk est d'avoir été truandé par la direction : comment va-t-il supporter les ingérences de ses patrons ? Il explique aussi dans l'interview qu'il nous a donnée à Abu Dhabi qu'il avait toujours rêvé de voyager et qu'il a vécu une année très triste sur le plan privé malgré le titre de champion. Il ne mentionne pas l'argent mais c'est inutile. Son objectif est de gagner la Coupe d'Asie des clubs. C'est bien d'être ambitieux, mais a-t-il besoin de cet alibi ? Pour quelque temps, il va vivre au soleil, imaginer les euros s'accumuler sur son compte comme une infinité de grains de sable, sans entendre "les Wallons c'est du caca" chantés par les supporters de "son" Racing Genk, sans devoir donner son avis sur les tentatives précoces de turnover essayées par José Riga au Standard, sur le manque de résultats de Georges Leekens, sur le réchauffement de ses relations avec Ariel Jacobs, etc. En échange de ça, il va devoir souffrir de coacher des non-matches et accepter de revoir toutes ses exigences sportives à la baisse. Combien de temps vas-tu réussir à rester sous le cocotier, Frankie ?

Par John BAETEMais Herbrand, c'est un autre niveau : il a été le premier entraîneur omnisport de l'émirat du Qatar puis responsable de l'organisation du haut niveau et commence petit à petit à se sentir pensionné. Il passe de plus en plus de temps à Malmédy, chez lui. Dire qu'il a fait fortune est un vain mot. Tous les sportifs qui touchent aux pétrodollars deviennent blindés. En plus, le grand Freddy a toujours été clairvoyant et a des relations. En mai dernier, Lucien D'Onofrio lui avait demandé de trouver des investisseurs pour le Standard mais les connaissances qataris de Herbrand ont préféré miser sur le PSG. C'était l'époque où Michel Preud'homme venait de signer pour Al Shabab, en Arabie Saoudite. "Une bonne opportunité de carrière, sûrement", commentait Herbrand. "Mais si Michel m'avait demandé mon avis avant de partir, je lui aurais dit :- Reste sous le cocotier ! Les coaches de tous les sports qui partent dans ces régions vont vivre des choses qu'ils n'ont jamais vécues. Et plus ils sont perfectionnistes et animés par l'envie de faire des résultats, plus ils seront frustrés. Qu'ils restent sous le cocotier... Ils seront très bien payés mais tout le monde est riche là-bas. S'ils ne deviennent pas hyper philosophes, comment vont-ils réagir aux joueurs qui se fichent des entraînements et de ces dirigeants qui voudront faire l'équipe et la tactique ? Qu'ils restent sous le cocotier... Et ils doivent aussi savoir que dès que les résultats ne sont pas là, c'est très vite fini !" Herbrand n'exagère pas. Il est l'Occidental qui a ramené le plus de médailles tous sports confondus au Qatar depuis les seventies, mais il avait l'avantage d'agir en pionnier. Etait-il dur d'imposer ses vues à ces sportifs riches de naissance ? "Quand j'avais décidé qu'ils devaient faire un long footing, je les mettais dans un bus, je les droppais dans un coin du désert et le bus retournait en ville." Comment Frankie Vercauteren va-t-il réagir face aux joueurs qui brosseront ses entraînement et ne feront même pas semblant d'écouter ses explications de systèmes, des gars encore moins concernés que dix Anthony Vanden Borre ? Il dit qu'une des raisons de son départ de Genk est d'avoir été truandé par la direction : comment va-t-il supporter les ingérences de ses patrons ? Il explique aussi dans l'interview qu'il nous a donnée à Abu Dhabi qu'il avait toujours rêvé de voyager et qu'il a vécu une année très triste sur le plan privé malgré le titre de champion. Il ne mentionne pas l'argent mais c'est inutile. Son objectif est de gagner la Coupe d'Asie des clubs. C'est bien d'être ambitieux, mais a-t-il besoin de cet alibi ? Pour quelque temps, il va vivre au soleil, imaginer les euros s'accumuler sur son compte comme une infinité de grains de sable, sans entendre "les Wallons c'est du caca" chantés par les supporters de "son" Racing Genk, sans devoir donner son avis sur les tentatives précoces de turnover essayées par José Riga au Standard, sur le manque de résultats de Georges Leekens, sur le réchauffement de ses relations avec Ariel Jacobs, etc. En échange de ça, il va devoir souffrir de coacher des non-matches et accepter de revoir toutes ses exigences sportives à la baisse. Combien de temps vas-tu réussir à rester sous le cocotier, Frankie ?