Des questions que je me pose assez souvent et peut-être encore plus ce dimanche 7 février, jour de Marseille-PSG. Supporter marseillais depuis petit, j'ai connu à peu près tout dans ce qu'on appelle "le Classique", en France. Une série de huit défaites consécutives, appelée sobrement "le grand huit", vécue entre 2002 et 2004. Une époque où j'étais un supporter marseillais dans un collège à Paris, je vous laisse imaginer. J'ai connu de belles victoires, aussi. Puis des années terribles depuis que le PSG est passé sous pavillon qatari, le match aller de cette saison au Parc des Princes (0-1) étant la première victoire marseillaise face au PSG depuis le 27 novembre 2011. Mais dans la défaite honteuse comme dans la victoire radieuse, chaque matin de "Classique", j'avais une petite boule au ventre comme si j'étais sur la pelouse le soir-même. Ce dimanche, je l'avoue, était un jour comme un autre. Peut-être parce que je connaissais déjà l'issue du match. Peut-être parce que ce match dans un stade Vélodrome vide ne...

Des questions que je me pose assez souvent et peut-être encore plus ce dimanche 7 février, jour de Marseille-PSG. Supporter marseillais depuis petit, j'ai connu à peu près tout dans ce qu'on appelle "le Classique", en France. Une série de huit défaites consécutives, appelée sobrement "le grand huit", vécue entre 2002 et 2004. Une époque où j'étais un supporter marseillais dans un collège à Paris, je vous laisse imaginer. J'ai connu de belles victoires, aussi. Puis des années terribles depuis que le PSG est passé sous pavillon qatari, le match aller de cette saison au Parc des Princes (0-1) étant la première victoire marseillaise face au PSG depuis le 27 novembre 2011. Mais dans la défaite honteuse comme dans la victoire radieuse, chaque matin de "Classique", j'avais une petite boule au ventre comme si j'étais sur la pelouse le soir-même. Ce dimanche, je l'avoue, était un jour comme un autre. Peut-être parce que je connaissais déjà l'issue du match. Peut-être parce que ce match dans un stade Vélodrome vide ne rime à rien. Toujours est-il qu'un homme m'a fait sortir de la monotonie footballistique de week-end. Ce n'est pas Phil Foden, dont la patte gauche ne me laisse pas insensible, mais Didier Lamkel Zé. Buteur lors du derby d'Anvers, le Camerounais s'est fendu d'une célébration dont il a le secret pour venir pimenter un peu l'actualité footballistique et surtout, contribuer à l'obtention de trois points importantissimes pour l'Antwerp. C'est peut-être un des autres débats à la mode en 2021: que penser de Didier Lamkel Zé? Pour comprendre, il est toujours utile de se mettre à la place des autres. Des supporters de l'Antwerp, dans ce cas précis. Dans aucun club au monde, les provocations à répétition du Camerounais ne seraient passées comme une lettre à la poste. Aller voir un match du rival en tribunes. Se pointer avec le maillot d'un ennemi à l'entraînement et promettre qu'on reviendra avec un autre le lendemain. Ni l'un ni l'autre n'est du domaine de l'humour, ou même du rafraîchissant. Tout porte d'ailleurs à croire que sans le huis clos contraint et forcé, l'histoire de Lamkel Zé à l'Antwerp serait close. Mais l'histoire est celle qui est écrite, pas celle qui est faite de "si". Dans les faits, DLZ vient d'inscrire son quatrième but lors de ses cinq dernières sorties pour le matricule 1. Mieux, ses buts ont tous été décisifs à un moment où son club en avait sérieusement besoin. Parlons de foot, donc, avant de parler d'homme. Didier Lamkel Zé a toutes les cartes en main pour être un très bon joueur de foot. Ceux qui l'ont côtoyé se sont plaints d'un paquet de choses, mais jamais de ce qu'il avait dans les pieds. Et il suffit de regarder les aptitudes sur le terrain de ce gabarit longiligne, techniquement à son aise, pour comprendre que le footballeur a des qualités. Des atouts qu'il convient de remettre dans leur contexte. À bientôt 25 ans, un âge où l'on n'est plus "jeune" dans le foot, la meilleure saison de Lamkel Zé est sa seconde à Niort, en deuxième division française, où il n'a marqué que sept fois et distribué deux passes décisives en 31 matches. À l'époque déjà, DLZ avait connu la mise à pied pour motif disciplinaire. C'était quelques mois avant son arrivée à l'Antwerp. Trois ans plus tard, est-il en train de comprendre que le football est comme la vieille émission télé française, "La tête et les jambes"? C'est en tout cas toujours affublé d'un drapeau blanc et pas d'un maillot d'Anderlecht que le Camerounais apparaît lors de ses dernières sorties. S'il est évident qu'un post Instagram ou un mot d'excuse au micro de Christine Schréder après le derby ne remettront pas les compteurs à zéro, pour la première fois, il semble comprendre que l'on peut avoir un grain sans se planter systématiquement. "Ils attendent un changement dans mon comportement et je crois que je suis sur la bonne voie", évoquait-il sobrement. Un changement qui regarde les supporters, dans un premier temps, qui ont tous les droits de ne pas le pardonner. Un changement qui le regarde lui, aussi, quand on sait qu'on ne compte plus le nombre de footballeurs de qualité qui se sont perdus en pensant que s'assagir est se trahir. Et si pour lui, j'espère qu'à Anvers ou ailleurs, il trouvera un juste milieu entre grain de folie et manque de respect, pour le football, je dois admettre vouloir un peu moins de conformisme. Quand elle ne débouche pas sur cette exclusion devenue tristement légendaire face à Alkmaar en Europa League, une célébration comme celle de dimanche, dans un derby, me rassure quant au fait que le football ne devient pas terriblement monotone. De tous temps, des footballeurs nous ont fait rire ou grincer des dents, et souvent, ce sont les mêmes joueurs. On a tendance à l'oublier, mais ils sont surtout des êtres humains. Certains sont drôles, d'autres rasoirs. Certains timides, d'autres exubérants. Vous adorez celui-ci et vous détesterez celui-là. Mais une chose est sûre: s'ils étaient tous pareils, on se ferait vraiment chier.