1. Votre renvoi de Courtrai est-il digéré?
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1. Votre renvoi de Courtrai est-il digéré? Je ne m'y suis même pas attardé, puisque j'ai été sollicité par le Cercle dès le lendemain. La rapidité de cette offre d'emploi était une bonne chose. Je ne sais toujours pas ce qu'il s'est passé exactement. Ai-je dit ou fait quelque chose de travers? Je pense surtout que la direction a paniqué. J'ai quand même été stupéfait. J'ai travaillé pour Courtrai pendant dix ans, j'ai toujours accepté les conditions de travail, sans jamais mettre en avant les manquements ni me plaindre. Je suis toujours resté positif. 2. Vous avez quitté le plus petit noyau de D1A pour une sélection très étoffée. C'est un avantage ou un inconvénient? Il ne faut pas nécessairement se fixer sur le nombre de joueurs: c'est la qualité qui compte. Courtrai avait plus d'expérience. Sur l'ensemble de la saison, il n'y avait que quatorze ou quinze gars constamment disponibles, auxquels s'ajoutaient six espoirs. J'essayais donc de diminuer l'intensité de travail pour ceux qui devaient jouer le week-end. Ici, mon noyau est très jeune. Ces garçons commettent encore des erreurs. Ils sont en plein apprentissage. Ce n'est pas évident, en pleine lutte pour le maintien. Il faut donc leur donner des directives très claires. Parfois, ils pèchent par excès de confiance et des moments de déconcentration leur ont déjà coûté cher. Ça ne peut plus se reproduire. Je dois donc souvent resserrer la vis à l'entraînement, exiger concentration et qualité. Sur dix actions, ils doivent en exécuter huit ou neuf parfaitement, pas seulement trois. Ensuite, je suis obligé de coucher six Belges sur la feuille de match, ce qui m'oblige chaque fois à écarter des étrangers. 3. Vous avez découvert Olivier Deman. Qu'apporte-il exactement au jeu? Du mouvement, avant tout. Il n'arrête jamais, il anticipe très bien l'endroit où le ballon va arriver, il plonge bien en profondeur et joue généralement simplement. Il a aussi le sens du but. Quand on a perdu le ballon, il choisit très bien sa position et il est donc en mesure de presser l'adversaire. Je viens d'énumérer ses qualités, mais encore faut-il qu'il les exploite de manière optimale. Le meilleur conseil à lui donner, c'est de jouer simplement. Il peut être décisif dans le rectangle. Il y a trois ans, en Espoirs, je l'ai vu effectuer de beaux dribbles du pied gauche. Il arrivait souvent à se tirer de situations apparemment perdues. Je le connaissais donc, et il revient très bien de sa grave blessure. 4. Pourquoi avez-vous choisi l'ancien international Thomas Buffel comme bras droit? Pour son bagage footballistique, ses liens avec le Cercle et ses aptitudes sociales. Après son passage chez Jacky Mathijssen et Roberto Martínez, je trouvais que le moment était venu pour lui de franchir un nouveau pas. Thomas appartient à la jeune génération, mais ça ne me rebute pas du tout. On a déjà fêté le Nouvel An ensemble, on a voyagé et le courant est toujours bien passé. Il a un contact différent avec les joueurs. Il peut les tempérer ou au contraire les motiver. C'est un vrai people manager et il a l'art de faire passer des messages à n'importe qui. Thomas sent comment il doit s'y prendre. 5. Indépendamment des points nécessaires pour éviter la relégation ou un match de barrage, que souhaitez-vous apporter à votre équipe? Je veux avant tout que mes joueurs soient concentrés, prennent leur métier au sérieux et affichent de la rage de vaincre. J'englobe tous les aspects dans ce que je dis: envie d'apprendre, de se battre, aller dans les duels, fournir un football de qualité. Il ne s'agit pas seulement d'améliorer les aspects techniques, mais aussi de progresser collectivement, sur le plan tactique. Ce n'est possible qu'en s'engageant et en faisant corps. Je veux installer un véritable style de vie, la volonté et l'ambition de progresser. Je pense aussi à la saison prochaine, même si c'est un travail au quotidien.